Perrault, Hommes illustres, Molière
c'est le théâtre en général qui finit par trouver à l'Académie une véritable répulsion. Qu'on se rappelle l'empressement burlesque cle ces académiciens dont parle l'abbé Legendre, à se rendre chez l'archevêque de Paris pour lui demander de sévir contre les apologistes du théâtre. On comprend la sincérité de cette intolérance de la part du clergé; mais des gens de lettres proscrire le genre qui a été la plus solide gloire du xvir siècle ! c'est un peu plus étrange. Les admirateurs de l'ancien régime nous citent, parmi ses titres, la splendeur littéraire du règne de Louis XIV ; si quelques-uns de leurs plus illustres prédécesseurs, magistrats, cierge, académiciens, avaient pu ce qu'ils voulaient, qu'auraient-ils fait de cette gloire ? Le théâtre condamné en bloc, les Provinciales brûlées par la main du bourreau , Tèlèmaque interdit , la publication des grands Mémoires, les seuls titres historiques de cette époque, rendue impossible... Ce seraient là des lacunes assez considérables. Mais on leur sait gré du mal qu'ils n'ont pu faire, et les œuvres de génie que n'a pas étouffées leur impuissance involontaire sont devenues pour leur siècle sa meilleure recommandation.