Les Chinois , par Regnard et Dufresny, scène dernière
mots qu'ajoute plus loin Mezzetin \ nous voyons que le prix des places aux Italiens était le môme qu'à la Comédie-Française-, que les bénéfices des Italiens étaient sensiblement plus considérables, co-mme ils le furent encore au siècle suivant; et qu'ainsi, quand ils furent chassés en 1697, la Comédie-Française dut gagner beaucoup à n'avoir plus à redouter une si dangereuse concurrence.
Pour nous en tenir au point qui nous occupe en -ce moment, il est bien sûr que les dépenses de costumes devaient être lourdes pour les comédiens français. Toutefois, il est bon de remarquer que les dépenses ne se répétaient pas aussi souvent que l'exigerait aujourd'hui la fidélité du costume. Comme le décor mexicain de Montezume, l'habit à la romaine sert à toutes fins : c'est une expression usitée pour désigner le costume antique, tel que l'établissait la convention théâtrale du temps. En •efiet, dans les registres (sous la Régence encore, à une date où, grâce à Mlle Lecouvreur, on commençait à se préoccuper un peu plus de la vérité du costume), je trouve une mention « de trois habits à la romaine », pour jouer OEdipe (ils ne content que 45 francs, mais ils étaient sans doute destinés à des personnages accessoires) ; « un habit à la romaine », pour Mèdèe, etc. On voit que le costume
1 . Un des griefs deMezzetin contre la Comédie-Française, c'est que : « Ces messieurs-là ne lui rendent jamais juste la passe de sa pièce de quinze sous. » Comme, par un procédé familier à cette fin de règne, on avait haussé les monnaies, et attribué au quart d'écu ou à la pièce de quinze sous une valeur de seize sous, si on ne rendait pas la passe, c'est-à-dire le surplus, c'était un sou de bénéfice ■que la Comédie-Française prélevait ainsi sur chaque quart d'écu
DÉPENSES PARTICULIÈRES
romain se porte partout, en Grèce aussi bien qu'en Géorgie.
Le chapeau à plumes, ou tout au moins le casque orné de plumes gigantesques, était de rigueur dans les sujets antiques., Genest, dans la pièce de Rotrou, représentant un martyr chrétien devant Dioclétien, met « le chapeau à la main », en adressant sa prière au ciel; et c'était Beaubourg, si je ne me trompe, qui, dans le rôle de Cinna, agitait convulsivement son casque à plumes rouges, en prononçant ce vers :
Et sa lête à la main demandant son salaire.
On n'avait pas même l'idée de s'assurer si jamais Romain, dans les habitudes de la vie civile, a porté un casque, comme un pompier de service.
Au reste, ainsi que le remarque M. Celler1, l'exactitude dans le costume historique est bien récente, et on pourrait ajouter, bien incomplète; elle serait même, en quelques cas, absolument impossible. Prenez pour exemple Athalie. Chez les Hébreux, le bas de la robe du grand-prêtre était garnie de clochettes, au nombre de 365, selon saint Clément
destiné à payer une place du parterre. Aussi Mezzetin conclut-il qu'indépendamment des autres raisons qui lui font préférer la troupe italienne, c'est d'abord sa probité scrupuleuse au sujet des pièces de quinze sous, et aussi c'est « qu'elle lui donna gratis la comédie à l'occasion de la prise de Namur ». Dans une autre pièce, la Coquette, de Regnard également, on voit qu'alors le parterre était à quinze sous, et le théâtre à un écu, comme aux Français.
1. Il rappelle que, vingt ans avant la publication de son livre, on jouait encore le Misanthrope avec l'habit pailleté, la poudre, etc. J'ai vu Menjaud jouer le rôle de Don Juan avec la redingote à collet, les bottes à revers, genre Faublas, la tenue de rigueur pour le type du séducteur.
d'Alexandrie, représentant celui des jours de l'année K II est bien sûr que jamais, à cet égard, Joad, dans Athalie,ne se conformera en toute rigueur à une exactitude trop scrupuleuse en ce genre. Se figure-t-on cet accompagnement bizarre à la prophétie du grand prêtre : deux, écoutez ma voix...? Ni les cieux ni la terre ne l'entendraient, et les vers de Racine souffriraient un peu trop de ce carillon.