‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 58 sur 132 · RÉCEPTION DES PIÈCES, DISTRIBUTION DES RÔLES, PARTAGE DES BÉNÉFICES · texte numérisé non relu

RÉCEPTION DES PIÈCES, DISTRIBUTION DES RÔLES, PARTAGE DES BÉNÉFICES

Il n'y a rien, à cette date, qui ressemble à un comité de lecture ; ce sont les comédiens assemblés qui acceptent ou rejettent les pièces. Chappuzeau fait remarquer qu'ils sont plus aptes que tout autre juge à déterminer le mérite d'une pièce ; ils sont intéressés de plus à recevoir celles qui leur vaudront honneur et profit. Toutefois il existait un inconvénient dont son optimisme ne paraît pas s'être préoc^ cupé : c'est que la troupe contenant toujours alors des comédiens qui étaient en même temps auteurs, les auteurs peuvent avoir à craindre de leur part des rivalités de profession, et aussi, dans certains cas, être obligés de subir leur collaboration : c'est ce qui est souvent arrivé, au temps de Dancourt, qui paraît à l'égard des auteurs avoir un peu abusé de sa situation.

Quant à la distribution des rôles, les acteurs, dit Ghappuzeau, ne causent guère d'embarras; mus pour les actrices, c'est autre chose : « Comme il n'y en a pas une qui ne soit bien aise de passer toujours pour jeune1, elles ne s'empressent pas beaucoup à

1. Boindin, dans ses Lettres sur les Spectacles, dit qu'il aurait bien voulu offrir au public quelques renseignements précis sur l'âge des acteurs et des actrices. Mais pour ces dernières, comment

représenter des Sisygambis. Il est de l'art du poëte de ne produire des mères que dans un bel âge, et de ne leur pas donner des fils qui puissent les convaincre d'avoir plus de quarante ans. Pour dire les choses comme elles sont, et à la comédie, et partout ailleurs, il y a de la peine à régler les femmes; et les hommes en donnent moins1 ».

Il faut ajouter que les rôles de vieille femme pendant tout le xvne siècle étaient joués par des hommes2. Hubert créa quelques-uns de ces rôles dans la troupe de Molière. Mais après lui tous ces rôles furent remplis par des femmes.

Pour la distribution des bénéfices, elle se faisait, au commencement du règne, en famille, et de la façon la plus simple, à la suite de chaque représentation. . ,

« La comédie achevée et le monde retire, les comédiens font tous les soirs le compte de la recette du jour, où chacun peut assister, mais où, d'office, doivent se trouver le trésorier, le secrétaire et le contrôleur, l'argent leur étant apporté par le receveur du bureau. L'argent compté, on levé d'abord les frais journaliers, et quelquefois en de certains cas, ou pour acquitter une dette peu a peu,

le savoir? S'adresser à chacune d'elles? Elles se rajeuniront. A leurs camarades? Elles les vieilliront au contraire dans la même proportion. Tout réfléchi, il vaut mieux s'abstenir. 1 P 125

2* « La Rancune, dit Scarron dans le Boman comique, du temps qu'on en était réduit aux pièces de Hardy, jouait en fausse^ sous le masque les rôles de nourrice. » {Livre I ch. vO H j £«t eu, vers 1034, à l'Hôtel de Bourgogne un acteur du nom d Alwn, qui jouait les rôles de servante (V. Frères Parfaict, t. V, p.

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