‹ Le théâtre français sous Louis XIVChapitre 57 sur 132 · L'ORATEUR, L'AFFICHE · texte numérisé non relu

L'ORATEUR, L'AFFICHE

dîner, non plus à midi, comme dans la jeunesse de Boileau, mais beaucoup plus lard. Louis XIV dînait à midi, et les courtisans, se faisant un devoir d'assister à ce repas, furent obligés de retarder l'heure de leur propre dîner : usage qui fut imité par la bourgeoisie. L'heure des spectacles s'en trouva forcément aussi retardée.

Il était toujours censé que l'ordonnance qui fixait l'heure de la représentation à deux heures restait en vigueur; mais, dans le fait, on commençait beaucoup plus tard. On voit toutefois qu'en 1668, cinq heures était une heure assez tardive pour le lever du rideau. Dans le Poète basque, de Poisson, joué à cette date à l'Hôtel de Bourgogne, Mlle Brécourt dit :

Hé ! comment donc, messieurs ? Que voulez-vous donc dire?

Tous les passe-volants veulent s'en retourner1,

Et c'est se moquer d'eux : cinq heures vont sonner.

1. « On appelait passe-volants, dit M. V. Fournel, de faux soldats qui venaient remplir les cadres dans les revues pour tromper les commissaires examinateurs, et toucher la paye au profit du capitaine. Ici, Mlle Brécourt veut évidemment parler des spectateurs de louage mêlés au vrai public pour remplir les vides, et sans doute aussi pour payer leur écot en applaudissements. » Les Contemporains de Molière, tome Ier, p. 450. On peut douter de cette explication. N'étaient-ils pas plutôt destinés à simuler l'affluence et à faire prendre patience aux spectateurs payants? On attendait que la salle fût pleine pour commencer, et peut-être alors le rôle des passe-volants était-il fini. J'ai vu dans mon enfance un usage analogue : quand il existait encore des berlingots pour les environs de Paris, on ne partait que quand la voiture était complète, et pour allécher les badauds, les conducteurs plaçaient sur le siège des amis qui s'esquivaient ensuite, quand leur présence n'était plus nécessaire.

Mais on voit que c'était grâce à un retard causé par des accidents imprévus, qu'on devait commencer à quatre heures, que l'affiche même annonçait ï spectacle pour deux heures précises, et quand un provincial se plaint de ce que l'affiche trompe ainsi L pubk M* Poisson lui répond que depuu longtels le placard (c'est-à-dire l'affiche) chante la même Zs que l'on commencerait en effet à deux heures, Tu'Zde venait, et qu'on est dans l'usage d'attendre que la salle se remplisse.

Cependant, cette heure, - cinq heures, - semble avoirto par^ être l'heure ordinaire. Il faut remarauer de plus, que pendant la première moitié du K'e V usage étant de ne jouer, en généra qu'une pièce en cinq actes, tont au plus avec l'adjonction d'une petite pièce, les représentations duraient S qu'aujourd'hui. Boursault dit qu< *que pa qu'il était sept heures sonnées quand il soi Ut d » la première représentation de Britanmcas K On doit rP"ser par là que cette heure, pour les représentations ordinaires, n'était guère dépassée.

En 1713 l'Opéra devait commencer à cinq heures un quart hen?e précise -, le règlement de cette date pone que tout Amende doit "g heures, pour commencer un quart dheuie apies.

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