LE REPERTOIRE DU NUOVO, ETC
Ce genre de répertoire comprenant égale un certain nombre de pièces dites fantast — comme nous dirions féeriques — je garde de manquer d'assister à la représenl d'un ouvrage de ce genre, Nu Diavolo !
chialOy un diable endommagé, comédie fan que musicale en quatre actes du célèbre A. P représentée jadis plus de 300 fois sur la scè San Carlino.
Une féerie avec des décors qui ne se comf guère que de toiles de fond... c'est hardi!
pensai-je, puisqtie le public napolitain s€ tente de cette mise en scène depuis plui siècles, ne soyons pas beaucoup plus exi que lui. Nous en aurons bien toujours poi deux lires !
Eh bien ! dans toutes ces pièces — ces ca bâclés à la hâte, pourrais-je dire — je rem qu'il y a toujours une idée scénique..* ei tout cela finit ensuite n'importe commen croirait que l'auteur, homme de théâtrCj a un acte sur une donnée quelconque, puis s'ej « Nous terminerons cela aux répétitions ; '.
nella brodera sur le tout quelques iazzi d cru; les autres personnages lui répondre qui leur passera par la tète, et nous demand
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rindulgence du public dans un petit couplet bien troussé. »
; Quand je vous disais que ce théâtre se ressentait terriblement de la Commedia deWarte dont il descend en ligne directe.
. Revenons au Diable endommagé.
Le rideau se lève sur un atelier de peintre; à droite, au fond, un grand tableau recouvert d'un voile. Le vieil artiste, chez qui nous sommes, a comme élève son neveu Pulcinella dont c'est aujourd'hui le mariage.
A ce propos, nous ouvriront une parenthèse :
lorsque Pulcinella est serviteur il ne change généralement rien à son costume classique : blouse blanche sans fraise, et pantalon blanc. Mais s'il doit représenter un autre caractère, il passe par dessus sa blouse un vêtement quelconque et échange son chapeau pointu contre une autre coiffure. C'est ainsi que dans la pièce qui nous occupe, pour bien nous faire comprendre qu'il étudie la peinture, il a endossé par dessus son costume un veston de rapin, et s'est coiffé d'un petit bonnet de police en papier.
Dans le calme de cet atelier un intendant grotesque vient annoncer à grand fracas la prochaine visite de la duchesse qui règne en souveraine
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dans ce pays imaginaire — quelque chose comme la duchesse de Gerolstein. — On lui présentera les fiancés; Tun de ces fiancés, ne l'oublions pas, c'est Pulcinella en personne, type naïf et balourd qui n'est pas sans analogie avec le Pierrot àe Deburau, avec cette, différence totitefois que Pulcinella en a toute la bêtise et la malice sans en avoir la sveltesse. Puis, çà et là, quelques scènes qui sentent la tradition d'une lieue. Ce sont des lazzi que l'on doit se repasser de génération en génération. En voulez-vous par exemple un échantillon ; je cite, bien entendu, de mémoire :
V intendant, — Ah ! mon cher Pulcinella, je t'^-vouerai que depuis quelque temps je ne suis guère à jnon aise.
Pulcinella. — Qu'est-ce que vous avez?
L'intendant. — Une indisposition à laquelle je ne comprends rien. D'abord, un poids sur l'estomac, un manque complet d'appétit, deâ maux de cœur, enfin des nausées inexplicables.
Pulcinella. — Attendez donc ! Vous vous sentez un poids sur l'estomac?
L'intendant (surpris). — Oui.
Pulcinella. — Vous avez un manque complet d'àppélit?
^r^^fçwî!; -
V intendant (de plus en plus surpris). — Parfaitement.
Pulcinella. — Et, le matin surtout, vous avez des maux de cœur, des nausées ?
L'intendant (ébahi). — Mon cher Pulcinella, c'est cela ! Il n'y a pas un mot à changer à tout ce que tu dis.
Pulcinella (d'un air entendu). — Eh bien! ce n est pas difficile de deviner ce que vous avez.
L'intendant. — Et qu'est-ce donc?
Pulcinella (avec mystère). — Vous êtes...
dans une position intéressante.
Plus loin, c'est le même intendant qui, voulant faire une déclaration d'amour à une demoiselle et ne sachant comment s'y prendre, se fait souffler par Pulcinella ce qu'il doit dire. La scène est amusante, car l'intendant refuse souvent de dire ce qu'on lui souffle, et veut rectifier le texte à à sa guise. L'autour, A. Petito, n'avait pas attendu Rostand, qui n'était pas encore né, sans doute, pour écrire la scène de la déclaration d'amour à trois (rien de Cyrano!).
La duchesse annoncée arrive enfin ; elle est jeune, elle est belle, mais insolente à la façon de la fée rageuse. Orgueilleuse, elle tutoie les
M"« A. Magnetti, première actrice du théâtre Nuovo.