‹ Le théâtre incompletChapitre 26 sur 74 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

LES MEMES, MOUSSOTTE, puis DORA

jMoussottE, entrant. — Ah ! ça ! ça dépasse tout !

Jane, à Eva et s^ arrêtant. — Papa!

JABU, à -part. — Cette fois, c'est gagné!

MoussOTTE, furieux. — Je ne pourrai donc pas entrer chez moi, sans y trouver des polichinelles qui dansent!

M""* MOUSSOTTE, se levant. — Mon ami, je t'en prie!

MoussOTTE. — Et qu'est-ce que c'est que cet individu? Je le connais! C'est le monsieur que j'ai envoyé promener!

jABU, à fart. — De l'audace! {Haut, à il/"' Moussotte^. Pardon, madame, mais je suis pressé! Je vous prierais de me débarrasser de cet individu!

MoussOTTE, bondissant. — Individu?

jABU. — Sinon, je me verrai forcé de quitter la place-

MOUSSOTTE. — Ah çà!

jABU. — Je ne comprends pas qu'on laisse un artiste en butte aux outrages d'un monsieur quelconque !

MOUSSOTTE, étranglant de colère. — Je... je vais éclater... sûrement!

EvA, Jane. — Maître! Maître! Je vous en prie!

JABU. — Non! mesdemoiselles! Du moment que je ne puis me faire respecter, je me retire!

M"* MOUSSOTTE, furieuse^ à son mari. — Tu vois ce que tu fais ! Tu le vois !

MoussOTTE, médusé. — Quoi? C'est à moi qu'on s'en prend?

M"* MOUSSOTTE. — Il s'en va!

MoussOTTE. — Eh bien, qu'il s'en aille!

Jabu. — Je m'en vais, avec ma fierté!

MOUSSOTTE. — Au diable!

EVA et Jane, s' accrochant à Jabu. ■ — Non ! non ! maître! Restez!

M™ MOUSSOTTE, solennelle^ et s'adressant à son mari. — Emile! En vingt-deux ans d'union, je ne t'ai rien demandé! Je te le demande! Retiens-le!

MOUSSOTTE, ébranlé. — Alice!

M"* MOUSSOTTE. — Il sait le vrai tango chilien!

MOUSSOTTE. — Lui? Allons donc!

M°' MOUSSOTTE. — Le vrai! Retiens-le, je t'en prie, ou je me retire chez ma mère !

EvA et Jane. — - Papa ! Je t'en supplie ! • MOUSSOTTE. — Il n'y a plus rien à dire! La démence est sur ma maison ! Inclinons-nous ! (A /abu^ Monsieur!

Jabu, sec. — M 'apportez- vous vos regrets?

MOUSSOTTE. — Ah! ça!

Jabu. — Alors! serviteur! (// feint de sortir)

MOUSSOTTE. — Non! monsieur! Ne partez pas!

ii6 ZA DANSE A LA MODE

Je vous présente mes excuses... les plus humbles! Et je vous supplie (Je bien vouloir rester chez moi. Jabu. — Comme ingénieur?

MOUSSOTTE. — CcMnme ingénieur, à vos moments j>erdus ! Mais surtout comme professeur de tango ! Vous l'apprendrez à ma femme, à ma fille, à mes domestiques... et à moi-même...

Jabu, étonné. — A vous?

MoussOTTE. — Oui... à moi ! Je suis vaincu ! Je capitule ! Six cents francs par mois vous conviennent-ils?

Jabu. — A la rigueur! {Aux autres^ Je consens à rester!

EVA et Jane. Mme Moussotte, ravie^ sautant au cou de son mari. — Emile ! Que tu es gentil !

Dora, entrant, 'pendant que les autres s'embrassent. (A Jabu.) Eh bien?

Jabu. — Ça y est. Je suis ingénieur dans l'usine' Ingénieur de tango.

Dora, étonnée. — Qu'est-ce que vous me chantez? Jabu. — Vous comprendrez plus tard... Il fallait un danseur^, ce fut un calculateur qui l'obtint.. Revanche centenaire de Figaro! {fîaut>. Assez d'effusions! Recommençons! Monsieur Moussotte! Ee pied droit tendu... trois pas en avant ! deux en arrière !

RIDEAU

PERSONNAGES

MARGENCY, 35 ans.

Baronne PAQUERETTE, 32 ans.

BLAVIERE, 43 ans.

MARESCIER, 32 ans.

DON ZEPHYR. 56 ans.

LE GÉNÉRAL TENDER, 19 ans.

POURAILLE, 36 ans.

GOMEZ, personnage muet.

Un bureau de rédaction. Au fond, bais d^ entrée qui peut être fermée par une tenture; à droite et à gauche, diverses portes avec : Echos, Faits divers. Direction, Administration, Au milieu^ une grande table oblongue à tapis vert, couverte de journaux. A droite, premier plan, une porte vitrée; à gauche, vne fenêtre. Au mur, une affiche représentant un reître, avec ces mots : « Le Forban », journal quotidien..., etc., etc. Au lever du rideau^ don Zéphyr, personnage crasseux, fcàt une réussite.

ii8 ON LIT DANS LE « FORBAN *

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