SCENE XII
LES MEMES, PAQUERETTE, LE GENE- RAL, POURAILLE, DON ZEPHYR. (Ils arrivent en bande?)
PAQUERETTE, essoufflé, à Margency. — Mon vieux, triomphe sur toute la ligne !
Margency, humble. — Messieurs, je dois...
Le général. — Le fait est que nous avons bien mené ça!
Margency, humble. — Messieurs, je vous préviens...
Pâquerette. — Ezzano faisait le fendant et voulait tout casser...
Margency, terrifié. — Mon Dieu.
Pâquerette. — Mais, quand il a su que tu étais l'auteur de l'article incriminé, il a retiré ses témoins.
Margency, saisi. — Vrai?
ON LIT DANS LE « FORBAN » i45
Le général. — Un autre aurait pu se contenter de ça; mais, comme il s'agissait de toi, nous nous sommes montrés inflexibles, et nous avons exigé une rencontre.
MaRGENCY. — Malheureux!
Pâquerette. — Une rencontre, ou des excuses, avec inscription au procès-verbal.
M.'lRGENCY. — Ils veulent ma mort.
Le GÉNÉRAL. — Ezzano a été d'un médiocre! Il nous a dit : (( Je ne tiens pas à me mesurer avec Margency, le premier escrimeur de Paris. )> Il a cane... Il a choisi les excuses. On ne pouvait exiger plus.
Pâquerette. — Tant pis, c'est un joli duel de perdu. Voici le double du procès-verbal.
Margency, transfiguré. — Messieurs, je vous remercie et je vous félicite pour la façon dont vous avez conduit cette affaire. L'honneur, le mien, du moins, est amplement satisfait. (A Pouraille lui :endant le papier :) Nous publierons ça demain. (Pouraille sort.)
Don Zéphyr, lui prenant la main. — O mon sauveur !
Pâquerette, lui serrant la main. -- Mon vieux, il n'y a pas à dire... tu es un rude lapin !
Bl.wIÈRE, lui serrant la main. — Recevez, mon cher ami, les meilleurs compliments d'un homme qui se connaît en courage... {Bas :) Dites donc... ce Le Théâtre Incomplet. 10
que vous m'avez raconté tout à l'heure... c'était de la blague, hein?
Margency, radieux. — Parbleu ! histoire de rire !