‹ Le théâtre incompletChapitre 45 sur 74 · SCENE IV LAURE, GEORGETTE, puis ADELE · texte numérisé non relu

SCENE IV LAURE, GEORGETTE, puis ADELE

GeorgETTE. — L'enfant est tout à fait piquée.

Laure. — Ah! ma petite! Décidément, tu n'entends rien aux grands sentiments !

Georgette. — Tu trouves?

Laure. — Ton amie est une héroïne... Moi, à sa place, j'aurais été plus loin... Je me serais habillée en hussard et j'aurais rejoint mon fiancé.

Georgette. — Ma tante Laure. tu serais très bien en hussard... Seulement, il n'y a plus de hussards, pour le moment : alors, tu te ferais remarquer !

LE FIANCÉ i6i

LauRE. — N'importe! J'aurais trouvé quelque chose! C'est si beau, ces fiançailles secrètes.

Georgette. — Secrètes? Tout le monde les connaît!

Laure. — Ce n'en est que plus charmant : cette petite Luce a une histoire; elle est quelqu'un dont on parle!

Georgette. — Ma tante, si tu avais vécu sous la Terreur, tu aurais assassiné Marat !

Luge. — Non! Je n'aurais jamais poignardé un homme qui prenait des bains! A cette époque-lài c'était si rare !

Adèle, entrant. — Mademoiselle! Il y a là deux soldats pour Mademoiselle!

Georgette. — Deux soldats... !

Adèle, tendant une carte. — Voici leurs noms.. Le sergent a mis le nom de son camarade au crayon,

Georgette, Usant. — « Vicomte des Merlct'.es, sergent... »

Laure. — Notre filleul! Ton filleul!

Adèle. — Oh! C'est un bel homme!

Georgette, lisant. — «... et Cyrille Jaudin, infirme... »

Adèle. — Celui-là n'est pas très beau.

Laure. — Faites- les entrer! (A Georgette) Un peu de poudre ! Viens ! Viens vite !... {Elle entraîne Georgette)

Le Thiâlre Incomplet. 11

Adèle, seule. — Des soldats, icil quel bonheur! {Allant au fond.) Entrez, messieurs, et veuillez attendre ! {Entre le Yicomte et Jaudiii)

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