‹ Le théâtre incompletChapitre 46 sur 74 · SCENE Y ADELE, LE VICOMTE, JAUDIN · texte numérisé non relu

SCENE Y ADELE, LE VICOMTE, JAUDIN

Le Vicomte, tenue de sergent très chic. — Merci, mademoiselle! Viens, Jaudin!

JAUDIN, tenue très négligée ainsi que décolorée, képi informe. — Voilà î Voilà !

ADÈLE, à fart. - Oh! Il marque mal, l'infirme!

Le vicomte. — Vous avez prévenu Mlle Mau-

drou?

Adèle. — Oui, monsieur !

Jaudin, la regardant avec intérêt. — Qu'elle se prœse pas! De quel pays êtes-vous, mademoiselle? Adèle. — Du Valois!...

JAUDIN, au vicomte. - Elle est de Levallois !•.• Juste l'endroit qui m'a vu naître! (A AdèU:) Nous sommes pays! Je sms né près du garage des autos Léon! On n'a pas encore mis de plaque de marbre pour commémorer ça... C'est un simple oubli... (AimabU:) Alors, ma payse, on s'embrasse?

ADÈLE, sèche. - Excusez! Mon service m'appelle... {Elle sort)

JAUDIN. - Elle est fière... Mais elle n'est pas vilaine !

Le vicomte. — Je t'en prie, Jaudin, surveilletoi! Nous sommes dans le monde!

Jaudin. — Oh ! Le vicomte ! Tu ne vas pas m'installer une théorie? Nous sommes partis, tous les deux, en permission... Tu m'as dit : « Je vais chez ma marraine., je te prends avec moi. )> J'ai consenti, parce qu'on est tous deux des amis... Seulement, fallait pas m' amener chez des gens civilisés... Sans çaj y aura de l'erreur!

Le vicomte. — Jaudin! Tu m'as promis de te surveiller!

Jaudin. — Eh! Toi, tu as ta marraine! Moi! j'ai pas de marraine... J'en cherche une... Je trouve une payse... Ça me donne des idées !

Le vicomte. — Tu te tiendras tranquille, sinon je te flanque dehors ! Avec quatre jours de consigne !

Jaudin, médusé. — Bien, sergent! (// rectifie la position.) A vos ordres !

Le vicomte. — Repos! Tout ce que je te demande, c'est de te tenir convenablement ! Ne parle pas! Ne bouge pas! C'est compris?

Jaudin. — Oui... Je pourrai fumer?

Le vicomte. — Non !

Jaudin. — Je pourrai boire?

Le vicomte. — Sapristi ! Non !

Jaudin. — Ah ! c'est gai ! Enfin ! Je pourrai manger?

Le vicomte. — Oui... modérément!

JAUDIN. — Vrai ! Ce qu'on s'amuse, dans le grand monde! C'est bon! Je serai très distingué! Je te ferai honneur ! (// va four s'asseoir.)

Le vicomte, apercevant Georgette et Laure qui entrent. — Fixe! (Jaudin se met au a garde à vous »).

Georgette, entrant émue. — Monsieur des Merlettes!

Le vicomte. — C'est moi, mademoiselle!

Laure, à part. — Dieu! qu'il est bien!

Georgette. — Je suis votre marraine !

Le vicomte. — Je l'avais deviné! C'est biai ainsi que je vous imaginais, d'après vos lettres... Mais la réalité dépasse mes rêves les plus chers !

Jaudin, à part. — Il parle bien !

Georgette, sèche. — Merci, monsieur! Je suis touchée... très touchée ! Asseyez-vous... Vous ne désirez pas vous rafraîchir?

Jaudin, vivement. — Volontiers !

Le vicomte. — Non! Merci! Nous n'avons pas soif!

Jaudin, à part. — C'est gai !

Laure. — Ah! C'est votre compagnon! L'infirme!

Jaudin. — Pas infirme... Infirmier !

Le vicomte, présentant. — Ernest Jaudin, infirmier! Il a fait des choses héroïques!

LE FIANCÉ i6s

Georgette, froide. — Monsieur... l'ami de mon filleul est le bienvenu ! Que désirez-vous?

JAUDIN. — Je voudrais bien... me laver les mains...

Georgette. — Je vais vous conduire... (A Laure!) Ma tante... tiens compagnie à M. des Merlettes. Je reviens! {Elle sort, suivie de Jaudin.)

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