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Le Théâtre-Italien de 1801 à 1913

Dans la série des livres, d'un genre peut-être assez neuf, que nous avons eu l'idée de consacrer aux grands théâtres parisiens, la composition du présent volume présentait des difficultés exceptionnelles.

Si nous nous bornions à parler des auteurs, des ouvrages et des interprètes, notre besogne, en dépit d'un assez considérable apport personnel de recherches et de souvenirs, était relativement facile ; n'avait-elle pas été déjà fade. et. au moins partiellement, bien faite ' X insistons pas sur l'ouvrage de Castil-Blase, que cependant ses inexactitudes et sa rédaction diffuse n'empêchent point d'être amusant et souvent utile ; mais celui qu'Octave Fougue a consaoré à la ■•a1!*- Ventadour est un travail consciencieux, d'une réelle valeur. Combien d'autres écrivains musicaux se sont, à des degrés divers, sous des formes variées, essayés dans cette carrière ! Il y avait donc plutôt lien de nous placée au point de vue de l'histoire des directions successives. Or, cette histoire est singulièrement embrouillée et obscure, et nous ne nous serions pas hasardé à lu raconter, si nous n'avions eu la bonne fortune de mettre lu main sur un grand nombre de pièces authentiques absolument ignorées qui jettent dans ces ténèbres un jour nouveau, et sur toute une correspondance inédite qui nous a permis de laisser, pour ainsi dire, la parole aux intéressés eux-mêmes. Celte correspondance se rapporte précisément à la période lu plus brillante de l'histoire du Théâtre-Italien au XIXe siècle, celle à laquelle présida Robert, assisté de Secerini, avec l'influence occulte.

toute-puissante et habituellement bienfaisante, de Rossini. Si le stgle île ces lettres est faible, on y trouve <Ies indications caractéristiques sur les engagements d'artistes, les relations et les combinaisons avec la scène italienne de Londres, les répétitions générales déjii l'objet de tant de convoitises, les fournitures de costumes et d'accessoires, les receltes, le chapitre des amendes, etc., etc. Çà et là, tel renseignement dépassant les bornes du simple intérêt anecdotique est d'une importance réelle pour l'histoire de l'art. Ainsi voit-on Rossini ne point se gêner pour reloucher certaines

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oeuvres, et des plus saillantes, de ses jeunes rivaux, par exemple « les Puritains ». C'est seulement après avoir analysé ces lettres que nous avons résumé nos appréciations et nos remarques sur les deux cent quarante-quatre œuvres et les quatrevingt-six compositeurs joués de 4801 à 1013. Ces constatations et ces appréciations nous ont paru gagner à être groupées : cette disposition présente eu outre l'avantage de ne pas couper, retarder ou alourdir l'aperçu historique sur les directions antérieures à 4840. Disons en passant, une fois pour toutes, que. d'une façon générale, il s'agit ici d' une libre causerie et non d'un travail soumis aux règles d'une méthode rigoureuse.

En ce qui concerne rétablissement de notre tableau chronologique, nous nous sommes heurté à des obstacles spéciaux. Il ne subsiste, pour aucune époque, aucun registre du Théâtre-Italien. Autre lacune non moins fâcheuse ' sous la réserve

d'exceptions peu nombreuses, les directeurs de ce théâtre n'ont pas signe de traites avec la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, dont les archives sont un si abondant et si précieux répertoire de renseignements. Il nous a donc fallu recourir aux journaux. Or, que de fois n'a-t-on pas changé le soir le spectacle annoncé le matin! La trace de ces changements ne se trouve que dans les comptes rendus postérieurs aux représentations. Ce n'est pas d'une pratique commode.

Au moins, du début à 1813, peut-on, grâce à celle précaution, être à peu prés tranquille. En 1815, c'est-à-dire à partir de la direction de .1/"" Catalan! , il arrive fréquemment que les journaux se taisent et omettent volontairement de donner

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le programme de la soirée, pour ennuyer la directrice, peu sympathique et peutêtre rétive à certaines exigences. Que dire, à des époques moins lointaines, de certaines années, celle du choléra, par exemple'/ Alors, on pensait à toute autre chose qu'un théâtre, et il n'y a pas lieu d'être surpris si l'annonce des spectacles était soumise à toutes sortes d'irrégularités.

Nous avons fait de notre mieux, voilà tout ce que nous pouvons dire, avec, notamment, le précieux concours, pour la désignation des dates originaires des représentations, de M. Giuseppe Pavan, et, pour l'illustration, de MM. Heugel et Ricordi. Ajoutons que, dans noire tableau, rumine dans ceux que nous (irons établis précédemment, telle ou telle erreur de détail n'a qu'une importance relatire. Si d'ailleurs, sur un point donné, le lecteur s'étonne de ne pas trouver de concordance avec tel autre relevé, la divergence a parfois une explication toute naturelle : les chiffres, en

effet, diffèrent, selon qu'on fait, ou non, entrer en ligne de compte les représentations fragmentaires. Dans quelle mesure doit-on les signaler? Deux actes, un acte même, oui. Mais un épisode, une scène ? C est parfois 1res embarrassant. Enfin, l'exécution matérielle du travail entraine d'autres risques. On doit s'estimer heureux lorsqu'en dernière heure on ne dénient pas la victime innocente d'un accident de tirage. C'est un semblable accident qui, dans notre tableau de l'Opéra-Comique, fut sauter la reprise de « Cendrillon » en 1814, et imputer à l'année 1890 deux reprises, d'Iles de « Raoul de Créqui « et de « l'Epreuve villageoise» dont la vraie date était 1889. Reste la question de l'étendue qui nous a paru convenir à ce travail. Nous aurions pu l'arrêter à 1817, l'année où le Théâtre-Italien cessa d'avoir une c.ristence régulière et un domicile fixe. Nous avons cru devoir préférer une extension qui nous permettait d'englober deux éléments : I" les séries régulières de soirées données d'abord avec la Patti, puis sous les directions de M. Maurel, par deux fois de M. Sonzogno, enfin de MM. Astruc et Gunsbourg : 2" le< représentations isolées, que l'historien musical peut avoir intérêt à noter, sans même écarter celles qui n'étaient que partiellement italiennes, caries chœurs ou certains interprètes chantaient en français. Notre liste ne se termine donc qu'à celte année même, et, outre l'intérêt d'actualité, il se trouve que dans les dernières pages comme dans les dernières colonnes de notre tableau figurent des œuvres essentiellement significatives : « la Somnambule », « Lucie » et surtout « le Barbier» d'une part, de l'autre trois ouvrages correspondant à chacune des périodes de l'évolution ascendante de leur auteur: « Rigoletlo », « Don Carlos » et « Falslaff». Rossini, Verdi! Ainsi se trouvent rapprochés 1rs deux grands compositeurs italiens dont les imposantes figures dominent les deux moitiés du XIXe siècle.

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