DEPUIS L'INSTALLATION DÉFINITIVE A LA SALLE VENTADOUR
Demeuré seul directeur du Théâtre-Italien, par suite de la retraite de Robert. Louis Yiardot se retira au mois d'octobre 1n?>9. Il eut pour successeur Dormoy qui, deux ans plus tard, abandonnant l'Odéon, s'installa définitivement à la salle Venladour, laissée libre par la déconfiture d'Anténor Jollv. Dormoy eut d'ailleurs à subir, de la part des propriétaires de l'immeuble, nombre de conditions abusives: ils se réservaient, par exemple, six loges, moins sans doute pour les occuper que pour en trafiquer. Après avoir dépensé prés de trois cent mille francs pour la restauration de la salle, Dormoy devait bientôt céder l'affaire à Joseph Jannin, non sans rester, d'ailleurs, de la combinaison, avec Vatel, banquier, son bailleur de fonds.
La soirée d'ouverture, à la salle Ventadour, avait eu lieu. avecSemiramide, le 2 octobre 1841. Théophile Gautier l'a joliment racontée. Nous reproduisons une partie de son compte rendu,. qui, sous une forme très heureuse, nous fait exactement voir ce qu'étaient la salle et les habitués d'alors. > Avant de parler des oiseaux, dit-il en commençant, disons quelques mots de la cage que l'on a faite aussi riche, aussi dorée que possible; car les lîouffes sont autant un salon qu'un théâtre, et leur public, presque entièrement composé d'hommes du monde, exige impérieusement toutes les recherches du confortable et de l'élégance. Le ton de la salle est or et blanc;
\tl LE THEATRE-ITALIEN DE 1801 A 1913
le fond des loges est grenat. La première galerie, qui a la forme d'une corbeille renversée, est en cuivre estampé dont les jours permettent d'apercevoir le bas de robe des femmes assises derrière. Ainsi gare aux vilains pieds ou aux souliers mal faits, ce qui est à peu près la même chose. Le plafond représente un lacis de câbles dorés qui laissent voir un ciel de nuit étoile. Le rideau, dont la composition est un peu confuse, porte cette inscription rela-