‹ Le théâtreChapitre 43 sur 88 · L EMPEREUR JULIEN · texte numérisé non relu

L EMPEREUR JULIEN

Je VOUS parle ainsi, mes amis, Car vous savez que l'empereur A meuacé de nous détruire.

Il est d'avis qu'on essaie d'apaiser la colère de Julien par des présents : « Que chacun apporte ici toutes ses richesses, peut-être consenlira-t-il à nous éparf;ner. Si nous devons périr, Dieu nous donnera la gloire sans fin. Et néaamoins, si nous recourons dévotement à cette nue dont je viens de vous parler, à la Mère de Dieu, je tiens que nous la trouverons prêle à nous conduire, et qu'elle calmera Tardeur du tyran, qui ne nous fera nul mal ;

Mais avant toul, par sa puissance.

Mettra amour et alliance Entre Jésus son fils et nous,' Si bien qu'il nous sauvera tous, Je vous promets.

Les bourgeois viennent apporter successivement tout ce qu'ils possèdent de précieux ; puis tout le monde se rend à Téglise de Saint-Mercure et y prie Notre-Dame et le saint. Les clercs et Basile prient à haute voix. Tout à coup, de nouveaux personnages entrent en scène, saint Basile est seul à les voir : saint Michel et saint Gabriel arrivent d'abord dans l'église, et y préparent un siège pour Notre- Dame ; puis tout le cortège divin descend en chantant. Saint Basile exprime son étonnement :

Je vois merveilleuse clarté Descendre là du haut des cieux.

Doux seigneur, d'où viennent ces gens Que je vois, et pour quel raison Viennent-ils ?Ce sont grand foison D'hommes, tous en beauté choisis.

Tous sont plus blancs que fleur de lis.

Tant sont luisants, tant resplendissent Que les deux yeux m'en éblouissent.

MeTaut contre terre pâmer, Car ma vue souffrir ne peut Ni supporter cette lumière !

Cependant Notre-Dame fait appeler saint Mercure par saint Michel, et lui donne l'ordre d'aller tuer Julien.

L'action se transporte un moment sur un autre point de la scène ; Mercure perce l'empereur de sa lance, sans qu'aucun des sergents qui le gardent voie donner le coup ; puis deux diables arrivent en s'interpellant :

PREMIER DIABLE

Haro! Satan, où es ? Tu dors, A ce qu'il semble.

Page 1