LEMPEREUR
Laissez-le manger k sa guise.
Il fait comme vrai fou qu'il est.
Tiens, tu auras ce pain, Louvet.
Louvet, tiens, tiens.
Robert arrache encore le pain au chien, mais il en casse un gros morceau, qu'il lui laisse. Puis on le voit qui suit le chien partout ; Técuyer est chargé par l'empereur de ne pas le perdre de vue, et il vient bientôt annoncer que le fou s'est couché à côté du chien, sous Tescalier, L'empereur lui fait porter draps, coussins et couverture, mais Robert repousse tout, ce A-t-il au moins de la paille sous lui ? » demande l'empereur.
L^ÉGUYER
Oui, très cher sire, et un bon tas.
Quand vis que de lit ne voulait, Je lui donnai beaucoup de paille ; Là dedans se sont entassés Lui et le chien.
Sur ces entrefaites, un messager vient annoncer à l'empereur que les païens ont envahi sa terre, et il convoque son arrière-ban. Dieu fait dire à Robert, par l'ange Gabriel, qu'il se rende dans un pré voisin où coule une source : il trouvera là des armes blanches, qu'il revêtira, et il ira combattre les païens ; c'est là qu'il viendra aussi se désarmer secrètement après le combat, et s'armer de nouveau en cas de besoin.
La bataille s'engage, le chevalier blanc fait des prodiges de valeur, et les païens sont repoussés. Pendant que l'empereur et ses chevaliers se félicitent de la victoire, ils voient venir Robert, qui a
repris son costume de fou. Il a le visage ensanglanté : « Sans doute^ disent les chevaliers, pendant que nous combattions contre les païens, il s'est battu avec les enfants. » L'empereur voudrait savoir quel est le chevalier qui Ta si bien aidé à chasser les païens.
l'empereur Mais, or ça, qui me saura dire Qui a ce chevalier été, Qui, par sa prouesse et bonté, En la bataille nous a mis Au-dessus de nos ennemis ?
Qui le dira ?
A ce moment^ la fille de l'empereur, qui est muette^ s'approche et montre le fou. L'empereur ne comprend pas ce signe, et en demande l'explication à la maîtresse de sa fille.