Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendances
Non, non, n'est p;is Ih ce qnc veut l'ICmpereur, ; * Vous le calomoiez en nous en faisant peur.
Pauvre flis de Noma, toi, Proteetew des bornes. Ainsi qn^il fa nommé quand il te fit un dieu , Patron muet et lourd des esprits froids et mornes, Écoute la clameur dont c'est ici le lieu.
Une Tourbe insensée, avide en son délire,
î Du Pouvoir tin ne olislruaiii Us entoiirs,
(Jiiand tu veux conserver, t'invoque pour détruire. Et place son espoir dans ton iiuinblu concours.
Ce Despotisme occulte, ou du moins qui croit Tètre, I Du terroir des l ettrés dispose en soureiaini
Mais sans bruit, à rinsu du véritable maître,
Car il sait, en feveurd*un projet clandestin, ; Jouer le dévouement pour servir la vengeance, '
Et (es bùurreaux simi prêts quand le livre conmmce.
Pour nous, c*est le martyre, et, pour lui, le festin.
Effrayé de sa honte et tremblant pour lui-niènie. De ceux dont îl se sert à leurs propres dépens, II exige qu'on taise avec un soin extrême.
Aux victimes surlout, l'infernal guet -à-pens.
Ce vil Carbonarisme, obéi par la craintej Promet à ses agens, timides conjurés, Sécurité, crédit, insuccès de la plainte Et tout TEldorado des forçats libérés.
Lui, quand nous travaillons aux lueurs de Décembre,
La plume sur la lëvre et les yeux vers le ciel,
Il est, en d*autres Uéux, courbé dans ranlichambre.
Méditant les horreurs que vomira son fiel,
Car rdTronté. valet, parvenu jusqu*au centre,
Se fait, d*un noble accueil, contre nous un soutien j
On l'étaye, on le pousse, on l'aide à n èli o rien
A genoux, passe encorj mais, naessieurs, a plat-ventre î!
Sans même oser rougir du choix de ce moyen.
Pour se bien déguiser, Tlmposture servile Feint de voir le libelle où git le livre utile, Lorsque dans tel feuillet un nom s*est rencontré ,
Qui fait montrer au doigt quelque monsieur titré.
Lâcheté trop commode et métier trop facile l
11 sied mieux à son goût d'enhardir les succès Du Drmvc -kilomètre et des billevesées Qu'une lillrr ituro, ivre de ses méfaits, Cultive à grands renforts de louanges blâsées.
Se peut-il qu'en nos jours de sëve et de progrès, L'Archaïsme nous traîne ainsi sur ses brisées,
Et qu'on offre à nos yeux, scandales afiiohés. Le commerce impudent de ces sales boutiques Où, sons Tappât menlenr des lonnes dramatiques, Se façonne la glu des ? ieillards débaudiés?
Quel livre a-t-il jamais encouru tant de hlàme Et goûté si gaiement le plaisir d'être iniàme?
Et lorsqu'on ce vertige, un honnête écrivain
Demande avec ardeur, suMal de la Milice, A tracer des sentiers dans un rude chemin,
L' Intrigue ne veut pas qiio sa voix retentisse î
Auriez-vouh donc rêvé raliaibbt'uinnl huniain
Pnssiblc aux îrons de cœur, qui, mieux quo des richesses.
Ont, du ciel, en naissant, reçu, dans ses largesses,
Le bambou vertébral fait et doublé d'airain f
Ce u ost pas de ceux-là qu on attend les bassesses.
En compensation de cet état fatal,
Il est vrai qu aujourd'hui, par une grâce insigne,
L'Annonce et la Hedame attiédissent le mal:
On est auteur passable à trente sous la ligne,
Et pour cmq francs chacune, on détrône Pascal.
Mais l'inconvénient de ce succès postiche ,
C'est qu'abusant ainsi du précieux métal.
Pour être un bien grand homme, il faut être bien riche.
Toutefois, par Teffet d*un plus grave malheur, Le Bercail s'appauvrit quand on croit nécessaire
De tondre d'un peu près la Brebis littéraire, l.es flocons de sa laine, en perdant leur chaleur. Voltigent dans le vide et tombent sans homxeur.
Comme l'autre, la terre; où Tart se fortifie, Attend qu*on TenseiQeiice et non.qa'on rincendie: Sous le prestige heureux de son sceptre aecepté,
Sa Majesté Molière ainsi l'a décrété
Dans son code immortel nommé La Comédie.
Sur ce point, nous savons que les Néo-filous, Pour plaire à leur parti, voudraient nous tromper tous En criant au voleur! Mais la ruse est grossière, SouB la peau du Kon, ou eutend l'âne braire.
Ces plaisants Chevaliers de V Habit boutonné Auraient, chez les Hurons, des places plus sortables Et scion la valeur de leur esprit berné, . • >
Si h s llurons fondaient l'Ordre des Incapables. Ils sont tout feu, tout flamme, on n'a jamais assez De solides remparts pour endiguer leur zMe^ Puis, la fortune faite» et faite à coups pressés, On voit que chacun s'aime et s'est resté fidèle.
Pends- toi, Tartuffe, ils ont surpassé le modèle.
Eh bien donc! poursuivez, Seides du Budget, Gardez masques et loups, courageux Anonymes, Hais, qfuoique vous Ihssiez, toujours on vous connaît Pour les vrais serviteurs des Francs et des centimes. Apprenez votre éj oque et mettez à profit Des conseils sur rerreur où Porgueil vous conduit.
Du droit de la raison qui gouverne les hommes, C'est le cœur, non le rang, qui fait les gentilhommes ( Sages amis du bien que vous ne faites pas).
QaiUez donc envers nous vos airs de Majordomes, Absurdité tardive après le roi Hidas ; De morgue, de rebuts» soyez plus» économes, Parce qu'on sait écrire, on n*est pas des goujats ! Rendez plutôt justice à tout ce que nous sommes, Et s'il nous faut compter avec vous Chapeau 1ms
Triste sort que le vôtre ! Au gré d*une flme impure. Par tant d^ingratitude offenser rÉtemel, Déserteurs de Baal, profaner Israël,
D'égoïsme et de pleurs composer sa pâture ,
Troubler Téclat d un Hi gne appel<^ par nos \\vu\ Fa fouetter ses chevaux aux cris des nuilheureu\ Comme s'il ne manquait à leurs maux qu«' l'injure., OÙ trouver un destin de plus sinistre augure?
Si Tor est à ce prix, quel bonheur d'être gueux !
C*est si doux d'être aimé , si dur de ne pas l'êlns Tant do i>laisir s'attache au plus petit bienfait Et c'est déjà si bon (juan<l il coinni<M7co à naître. Que Ton ne comprend pas les rotard.s (ju on y iuet. Ëoiln, dans Tavenir vous le saurez pout-ôirc.
Jusque là, croyez-nous, ils vivront c«;s Ecrits
Quo vous ju{^oz perdus, dotunts, ensevelis
Sous l'injuste dédain d'un porlide silence.
Ils vivront s'ils sont purs de mensonge et d'olïense.
Si tout ce qu'on respecte est par eux respecté
Et s*ils ont, mieux que vous, compris la liberté.
La liberté, c*e$t Vordre, où la science admise
Divise et réunit les flèches du faisceau, Cherche, trouve, répand, disserte, civilise Et met tous ses enfiïnts dans le même berceau.
Encor, si le Vouloir des Puissances secrètes
Nous était imposé par le siècle étonné,
Devant le seul génie à bon droit prosterné,
Le Pays répondrait : « C'est bien ce que vous faites. »
Mais non, rien ne console, et c'est la Nullité,
Envieuse de tous par infécondité.
Qui, de son joug de plomb, pèse sur nos ouvrages,
Suggère le mutisme à ceux dont le devoir
Est de porter partout le fiambeau du savoir,
Opprime la Critique, étouffe les suiTrages,
Introduit dans le Temple où rëgne son pouvoir,
Au lieu de l'Art vivant, le culte des images
Et monte sur l'autel pour voler l'encensoir.
Mais les temps ont parlé de leur voix la plus vraie El Dieu séparera le bon grain do Pivraie.
Retiens tout cela, Thermo, et nous aurons raison
Do CCS faux Dévoués, nés de la trabison.
LB THË&TBB-FRANÇAIS.