‹ Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendancesChapitre 17 sur 18 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

DÉBITÉ AU COMMENCEMENT DU XVII® SIÈCLE. — (Extrait)

Brusgamdiuub, au Publie.

« Â peine entrés dans ce lieu de divertissement, vous

criez à gorge déployée dès la porte, Commencez' Commencez! FA que savez-vous, Messieurs, si le seignour Bruscambille aura bien étudié son rôle avant que de paraître devant rexcellence de vos seigneuries, et si votre précipitation ne lui féfSL pas dire quelque impertinence qui pourra déplaire à la seigneurie de vos excellences.

Nous avons bien eu la patience de vous attendre de pied ferme, et de recevoir votre argent â la porte, de meilleur cœur, pour le moins, que vous Tavez offert ; de vous préparer une joiie décoration de théâtre, une belle pièce toute

LE THÉATRE-FKANfAlS, ili

neuve, qui, sortant de la forgOt est encore toute^chaude, et se doit gober la serviette sor Tépaule.

Mais c'est encore pis quand on a commencé : l'un tousse, Faatre crache, l'autre..., Tautre tourne le derrière au théâtre ; il n*est pas jusqu'aux laquais qui n'y veuillent mettre

le liez, taiiiùt en faisant inu r\ enir des gourmades réciproques, tantôt, lançant avec des sarbacanes, des pois au nez de ceux qui ne peuvent mais de leurs folies.

Pour ces sortes de gens, je les réserve à leurs maîtres, qui peuvent, à leur retour, avec une fomentation d'étrivièreSf appliquées sur leurs pai lies postérieures, éteindre l'ardeur de leurs insolences.

11 est question de donner un coup de bec, en passant, à certains fanfarons de Gonesse, qui se promùneiU pendant qu'on représente. N'est-ce pas une chose aussi ridicule que de chanter au lit et de siffler à table?...

V Hôtel de Bom^gogne est pour jouir et voir des spectacles diverti!=^sanis, assis ou debout, sans bouger non plus qu'une nouvelle épousée...

Vous répondrez peut^tre que le jeu ne vous plaît pas.

C'est là où je vous attendais pour vous prouver que vous êies d'aillant plus fous d'y venir et de nous apporter votre bel et bon argent. Ma foi, si tous les ânes mangeaient des chardons, je n'en voudrais pas fournir la compagnie h cent éctts par an. »

Conservons ces vieilles médailles; elles sopt, pour qui

sait les juger, la plus éloquente glorification de l'art moderne.

27^ LE XHËàTM'FKANgÂiS.

eOIIEHDO.

Nous ne sommes pas de ceux qui accusent le miem passible d*être irrévocablement l'ennemi du bien. — Nous pensons, au contraire, qu'il en est l'ami le plus intime, puisque nui autre ne saurait lui être aussi serviable^ — C'est donc pour fàirCi cette fois, moins mal, que nous sommes revenus sur nos pas daus la publication de cet ouvrage. — Pour cela, aucun sacrifice ne nous a coûté, pas même celui d'un amourpropre assez naturel. — A présent encore, que nous croyons avoir toucbé notre but d*ausfii près qu'il se puisse, nous'' maintenons la prière que nous avons foite. — Toutes les lu* mières qui nous viendront de ce cùié, seront sincèrement accueillies, bien qu'elles ne puissent être que très-diiïicilement capitales ou nombreuses.

Nous désirons toujours qu'on accepte notre parti-pris de laisser de côté les éléments de Tordre inférieur, pour n*em* ployer au soutien de l'édifice ébranlé que ses matériaux !es^ plus solides et pour déblayer les avenuei> de ses alentours les plus agréables.

Maintenant, ce recueil analytique, devenu un véritable Uwre^ en remplacement de quinze cents autres, sera, certes, la plus fidèle récapitulation des événements constitutifs (à divers degrés) du seul Théâtre-Français admissible pour quiconque, servi, comme nous, par une heureuse longévité, a connu, observé, vu, entendu, et se souvient.

Page 1