FONTENELLE
A roccasion de la mort de Regnard, on propose aux Comédiens de remettre les Mémchmes^ dédiés à Despréaux :
Ouvre une main facile, accepte avec plaisir Un poème imparfait, enfaut de moD loisir;
Et de joindre à cette reprise \b Prologue entre Apollon, Mercure et Plaute, où ce dernier dit :
Croiiiez-voos que, sur mon déclin, Laissant le dieu des vers que j*étais las de suivre,
Ne pouvant me donner du pain, Je me suis vu réduit pour vivre A tourner la meule au moulin.
Quelques artistes, n'appuyant pas assez chaleureusement
cette proposition, l'ailuirc en reste là.
' Première retraite de Paul Poisson . j
Quinault, l^ainé^ débute dans le Comique, par les rôles de
Pères.
Il est reçu moins de deux mois après.
Sa sœur, Marie-Àmie, débute dans les Premiers rôles tragiques.
QuinauU, le cadet, débute sous le nom de QuinauU-Du-
iVesne. dans les Premiers' rôles de tragédie. On le reçoit la même aiuiée.
Décès àùFran^se Quinault, à l'âge de 25 ans
Mademoiselle QuiaauU cadette est Sociétaire.
Le Ihéàtre reste fermé pendant un mois, à cause du décès de Louis XIV.
Rentrée de l^aul Poisson.
Au loyer des acteurs, ce Honlrant croit plaisanter avec esprit en s'asseyant sur mademoiselle Quinault et en lui disant : Le Roi mineur vient dVriirer de Vincennes dans « son carrosse sur les genoux de Madame de Ventadour.
Moi, j'adopte aussi notre Duchesse. — L'actrice se montre plus blessée de la lamiliarite, que ilauée du rapprochement.
Les prix d'entrée au Théâtre sont encore augmentés d'un neuvième au profit de l'Hôtel-Dien.
Début de Mademoiselle Lecouvreur dans les Premiers
râles tragiques.
Le jeune poète Arouel est mis à la Bastille.
Signé : d'Argensox.
51 ' LE THEâTRË^FRANÇAIS.
Reli aites de Dufresne père, — de QuinauU, sou fils ahié — et de Guéria d'ËsUicUé.
Dancourt et Mademoiselle Desbrosses se retirent.
Mademoiselle QuinauU, la jeune, débute dans les Premiers rôles, sous le iiuui de QuiiiauU-Dufresue, et s'essaie quelques jours après dans les Soubrettes.
Elle est reçue dans le cours de Tannée, pour remplir ce dernier emploi.
La dignité du llicàtre est oiïensée par un spectacle annoncé, « tel qu'on n'en a jamais vu de semblable, » et qui se réduit à la présence de Poisson dans le rôle d*Âcbille à^Iphigéme en iti/tVfe, à côté* de Lathorillière jouant sérieusement Agamemnon.
Le Public fait prompte et entière justice de cette coupable boufionnerie.
Beaubourg se retire.
Arouet est relégué, par ordre supérieur, au village de
Cbalenay, près de Sceaux, où est située la maison de campagne de son père.
11 obtient la permission de rester 24 heures à Paris. •
iSi^é MAUftKPAS. -
Puis, d'y passer huit jours, ™ un mois, — et eufln d'y venir « quand bon lui semblera. »
SiffU : HÉRAULT, Lieuitnm^'généràl d$ police,
Début de L;^grand Uls, dans les Premiers rôles tragiques.
Diyiiizeo by
LE THtiATRE-FRANÇàlS.
Baron réparait, après vingt-neuf ans d'absence. Legrand est reçu à Part entière.
im.
Décès de Longepierre, l'auteur tragique, né & Dijon en 1659, — Il était baron.
EtdePalaprat, Tauteur comique, né à Toulouse en 1650.
Dans les Machabées, de la Motte, baron, joue le rôle de renfant Misaôi, avec ^o^uet en tête et costume approprié. — Il a 70 ans; ^ on Taide pour qu'il se relève sans encombre, des pieds de Salmonée.
Mademoiselle Desmares se retire après avoir beaucoup réussi dans la tragédie, et dans les deux enoplois Amoureuses et de Soubreltes, *
Le RégenI donne le Privilège du nouveau Mercure de france à DulVesny, qui le cède h Fuzelier et Laroque, l'un auteur dramatique» et l'autre gendarme.
Arrêt contre ceux qui débiteront ou porteront des toiles
et élo/fes des Indes. — fouet, bannissement, coniiscations, amendes et peines de la vie. — Cette rigoureuse mesure est dictée par rappréhension générale que cause la Peste récemment éclatée en Provence. (Voir à Vannée mivante).
Des Comédiens français se rendent secrètement au Châ>
54 Lli TUliÂTlŒ-FRAN(.:AIS.
telet pour eutendre (secrèlement aussi) des chansons l'dites dans Margot des voleurs et, qu*on attribue à Cartouche dont toute la France s'occupe. — Leur intention, assez
étrange, est d'introduire ces chaiiis dans la pièce de leur camarade Legraud, — Ces curieui artistes de nouvelle esèpce font boire les révélateurs, et leur donnent de l'argent pour payer leur facile complaisance. — La pièce a été jouée quinze joursavant la condamnation de Vffomm imprenable.
On représente au Régent qu*i! y a peut-être quelque inconvénient à laisser jouer Carluadtc. Il répond que « sous «. Louis XIV, ou a bien joué la Voisin morte brûlée vive* »
Mort de Mademoiselle Desbrosses.
LathoriUière fils, débute dans la tragédie.
Mademoiselle Quinault Va(née se retire.
Ârrouet prend le nom de Voltaire.
Frappé, sur le pont de Sèvres par un ollicier qu'il retrouve à diner chez M. Le Blanc, chargé de la Guerre, le poète s'écrie : a Je savais bien que l ou payait les espions; mais je « ne savais pas que leur récompense était de manger h la « table d'un Ministre. »
Sous le titre de Pierrot-Romulus, les Marionnettes de la foire Saint -Laurent^ parodient la tragédie de de la Motte* — Les Comédiens français ont le courage de s*en plaindre à M. de.la Vrillière. — Le compère de Polichinelle répond
que ce dernier a sou t ranc-parlcr, depuis plus de cinq-cents ans, et qu'il y persiste. — La Marionnette gagne son procès. Seconde et détinitive retraite de Tbilippe Poisson.
LE TllEATKE-FUÀNÇAIS. 55
Poisson (Franc^is-Arnould), dit deBoinmlle^ débute dans les Seconds comiques,
VOUTSAUTÉ BX A£P£ATOZ&X.
Jusqu'à présent, les grandes pièces nouvelles ont composé seules tous les spectacles.
Elles n*ont été accompagnées d'une petite qu'après huit ou dix deleurs représentations.
Il en résultait l'inconvénient de foire croire b la baisse des recettes que cette adjonction voulait empêcher.
Dans cette pensée, de La Motte fait représenter tout de suite son Itomulus avec une pièce du répertoire en un acte.
Le Théâtre se trouve si bien de cette disposition qu'il l'adopte pour l'avenir.
Mademoiselle Dangeville paraît surle théâtre avec une robe de toile indienne défendue. — Le Lieutf ruuit de police, chez qui la conduit le duc d'Aumont.la condamne, par considération pour le protecteur, seulement à mille écus d'amen- 4e. (wir A Vamée précédeiUc), La Peste a reparu à Toulon.
Décès de Brueys, Tàuteur comique, né à Aix* dans la Pro* vence^eniaèO, De Campistron, l'auteur tragique, né lu Toulouse en 1656.
Et de la fille de Molière, Madame Montalant, qui meurt sans ejifauls, h l'âge de 57 ans 1/2.
Ainsi s'éteiut la postérité de cet homme immortel.
.4ussi osée que 1 impertinence de Polichinelle, Madame i)udeii'ant risque, à suii tour, une parodie de la tragédie
56 LE TH^ÀTRB-FRAJiCAlS.
de de La Molle, sur Taiv des Mirlilons^ aouvclle iorme de chansoûs populaires. — £q homme d esprit, Tauteur dit ne s*6a affliger que par rapport à Baron.
Par cas fortuit sans doutât ce tragédien tombe malade.
— 11 reparaU quinze jours après en déclarant n'avoir que 1 exercice de profession pour moyeu d'existence.
C'est le duc de Gèvre qui est le premier Geutiitiomme de la Chambre.
Le Thé&tre-Francaifl prend ostensiblement part aux espérances que ftiit nattre la Majorité de Louis XV, âgé de
14 ans, laquelle résulte de 1 Edit de Charles V, du mois d'août 1374.
£n visite chez Mademoiselle Dangeville, le duc d*Au^ mont, Premier Gentilhomme de la Ghambrot est frappé d*apoplexie, et meurt, de retour à son hôtel.
Sur le bruit répandu par une chronique que le jeune roi s'amuse à faire des malices à toutes sortes de gens, coupant les cravates, les chemises, les habits, arrachant les perruques et les cannes, et donnant quelques fois de boni coups aux Seigneurs qui rapprochent, on envoie au théâtre une pièce intitulée VEtourdi^ que les comédiens repoussent en souriaut.
Début d'Armand, liileul du Maréchal de Richelieu, et jouant remploi des Cmiqim.
Poisson de RoinvUle est reçu.
Retraite de Raymond Poisson, le père de Paul
Décès de Dufresny, l'auteur, né à Paris en 1648.
Uigiiizeo by
LE TflËATRE FRANÇàlS. . 57
Paul PoissoQ se relire défini Uvemeni après avoir fait recevoir son fils* Armand est admis dans la Société,
Auteurs et Comédiens sont d'accord pour reprocher à Mademoiselle Leeouvreur, Don-seulemenl de lâcher pied trop tôt quand une pièce ne réussit pas, mais encore de se joindre aux dissidents par une pantomime approbative et
des rires scandaleux.
Début de Mademoiselle de Seine, dans les Premiers rôles
tragiques.
Le jeune Roi lui fait présent d'un habit de théâtre, du prix de huit mille livres et contenant, en broderies, 900
onces d'argent.
£lle est admise dix jours après.
Décès de Lafont, l'auteur, né h Paris en 1686. Et de Beaubourg, Tacteur.
Le grand succès qu'obtient, à son apparition» Xa (depuis, la Emriade) n'empêche pas la Mariame de Vol* taire, de tomber. — Il la refhir.
Mécontent de Madcnioiselle Lecouvreur dans cette pièce, il se brouille étourdiemeni avec elle. Mais il s'en rapproche bien vite, tant dans Tintérét de son ouvrage que par respect pour le Maréchal de Saxe.
Début de François Arnould Poisson, lils de Paul, et aussi . dans les Secondes coimques.
La salle est toujours vide, à cause des pluies qui tombent
58 LE TBËATRE-FRANÇàlS.
depuis deux mois. — La Châsse de sainte Géiieviève est découverte.
Quelques vingt gendarmes viennent, au nom de leurs corps^ témoigner aux Comédiens leur mécontentement
d'un vers de Boissy, dans le Babillard, et que QuinauU, chargé du rôle, corrige, avec prudente autorisation de l'auteur.
Le l'héàtre féte cbaudement le mariage de Louis XY.
Voltaire est à la Bastille, par suite de sa querelle avec Rohan Chabot, dont il a été ides plus gravement insulté, et
qui lui refuse une satisfaction persunneile.
Décès de Dancourt.
Mademoiselle Duclos épouse l'acteur Duchemin, son camarade et enfant mineur.
Mademoiselle Balicourt débute dans les Reines et les Grandes Princesses.
Elle est reçue à PaH entière, par ordre de la Cour. -Spectacle Gratis, pour Taccouchemeat de la Reine.
Décès de Legrand, le père, auteur et acteur.
!1 était né à Paris en 1673, le jour mèaie de la mon de Molière.
LE lUEATRK-FlUÎSgAIS. ÔD
Dëcësde Guérin d*Estriché, àTàge de 92 ans, et après
treille aimées d'exercice ai], Théâtre-Français. Desessarts débute dans les tinauciers*
Décès presque subit de Baron étouffé par son usUimc à la première scène de Tenceslai, en disant :
Si procbe dn ceraitfUou je me vois descendra.
La tragédie de Rotrou ne va pas plus loin ce soir-là. Début de Ûrandval, soiis le nom de Duval, dans le genre
tragique, à t9 ans.
Quarante-deux juui'^ après, il est reçu Sociétaire à Demipart.
Sarrazin débute dans les Premiers râles tragiques. On le reçoit, dix-neuf jdurs après, pour les Mois et les Pères.
Voltaire nous fait connaître îe talent de cet acteur (<ar «la familiarité plate que le bouliomme prenait quelquelois « pour du naturel, cette façon misérable de réciter des «t vers comme on lit la Gazette,
Les époux Ducbemin plaident en séparation, et Mademoiselle Duclos se retire dans sa toge au théâtre, espèce de lieu d'asile, en y transportant tout ce qu'elle a de plus
précieux.
UebuL ilaus les Preimeis lùies tragiques, de Mademuiseilc de la Traverse, pciite-tille de Baron.
Décès de Mademoiselle Lecouvreur, née k Fismes ea Champagne, on 1^5. ^
Moveau, le Procureur du Roi, conclut à la 8tricle exécution des Ordonnances, pour que les restes de Tactrice soient « jetés à la Voirie. »
Le Lieutenant-Géiiéral de police Lcvault prend sur lui de faire mettre le corps dans un carrosse, qui le conduit au chantier appartenant à M. deMaurepas^ à la Grenouillère, où cette dépouille est inhumée.
Précaution mielleuse.
Les Comédiens, à qui les Avocats ont rendus quelques services, craignant de leur déplaire en reprenant Maître Patelin^ adressent à rordre une Epitre rédigée d'après cette pensée.
Itépome.
Messieurs, j*ai communiqué au Conseil de l'Ordre des Avocats la lettre que vous m*avez fait l'honneur de m'adresse r.
Le Conseil, tout eu vous remerciant de la délicate démarche que vous avez bien voulu faire, me charge de vous assurer que FOrdre tout entier verra sans déplaisir la reprise de la comédie d* l'Avocat Patelin,
L'essence de In couiédie, comaie les Grecs et les Romains Tentendaient du moins, est de corriger les mœurs publiques et de châtier les méchantes actions. La pièce que vous prétendez remettre au Répertoire est bien capable
d'atteindre ce double but.
Je proUte personnellement, Messieurs, de celte occasion - pour vous assurer de toute la sincérité de mes salutations.
Le Bâtonnier^ Ploost AinGRAim.
Diyitizeo by Googlc
LE TH£ATRfi.FRÂNÇAlS. 61
Début de Mademoiselle Dangeville, dans les 6ouùreUesy à i'àge de 14 ans.
Elle est élève de Mademoiselle Desmares.
Elle est reçue Sadéfaire trente-six jours après.
Ç*esi elle qui remplace Mademoiselle Uuiuauil, la célèbre.
Pour se conformer aux Règlements, elle essaie de la tragédie et joue onze fois Hermione avec un certain succès. Jusque là que Voltaire ne veut pas d'autre Tullîe dans son
Brutus. — 31ademoiselle Dufresne réclame le rôle et l'obtieut de sa camarade, qui se consacre entièrement à la comédie.
Mademoiselle Gaussin débute dans les Jeunes râles des deux genres.
Sa réception a lieu dans le courant de Tannée. Décès de Lamotte Houdard, l'auteur, né à Paris en 1672,
et de Ladiorillière lils.
Mademoiselle de La Traverse est nommée Sociétaire.
La Comédie députe vers Messieurs de l'Académie française, pour leur oiDrir les Entrées chez elle. Ce qui est accepté avec Tagrément du roi.
Depuis l'année 4705 jusqu'à présent, le Théâtre-Français a elfectué toutes ses Clôtures et toutes ses Hmitrées par Polyeucie,
68 LE TdËÀTRË-FUANÇAlS.
Premièro retraite de Umnault rainé.
Première aussi de Mademoiselle de Seine, qui rentre ua peu après.
Mademoiselle de La Traverse se retire,
Piron adresse un bel exemplaire de sa tragédie de Gustave à la reine de Suède, qui ordonne de lui faire un présent digne d'elle. — L'auteur refuse de Targent, et se borne patriotiquemeni à désirer que la reine seconde, pendant la guerre, les armes de la France. — On Tadmire, et puis, récrivain pauvie, partout félicité, en est définitivement, pour le louis que lui a coûté la reliure.
Dans sa petite pièce nouvelle, Boissy fait, par pllusion, reproche à l'abbé Pellegrin de porter du linge sale. — « Il en parle bien à son aise , répond ce dernier, « tout le « monde ne peut pas épouser sa blanchisseuse. »
Quinault Vafné reparait, et quitte définitivement.
Enfin, Mademoiselle de Seuie renonce au théâtre. Décès de Paul Poisson, âgé de 70 ans.
« Monsieur de Voltaire, vous m'avez écril, en particulier
LE tiiéaïui:-fkânçais. 63 beaucoup de sottises. Je vous les pardonne, mais il n'en sera pas de même lorsque vous me les direz en public.
L Abbé Desfontaines •
Je suis au centre des travaux d'Hercule. Je viens
de promettre aux Comédiens français une lecture pour
dans quelques jours .... La pièce a deux mille cinq cents , vers .... Tout autre versilicaicur que moi y en aurait mis trois mille ; on eu conviendra à la lecture.
PlRON.
On annonce Uritamicus, que l'on sait devoir remplacer par la première représentation de V ËnfmU prodigm^ de Al. de Voltaire. — L'artifice obtient peu de succès, ainsi
que la pièce.
Retraite do Mademoiselle Duclos.
Début de Dubois, dans le Tragique et le Comque.
L'acteur est reçu dans le courant de Tannée* ^ Mort du père de tous les Quinault.
Et de Mademoiselle Quinault cadette.
Emporté par sa verve, dans la composition de sa Mélromaflie, Piron tient plus qu*il n'a promis, et les deux mille
cinq cents vers sont dépassés. — Après la lecture, et encore aux répétitions, les Comédiens le forcent à réduire son œuvre à des proportions raisonnables. — Cette circonetance rend les curieux fort empressés à se procurer les fyassages supprimés, mais il est impossible d*en rien découvrir. On suppose que, dans son dépit, le poète aura fait disparaître ces précieux vestiges.
LE THKATAK-FKANÇAIS.
Mademoiselle Dumesail débute dans le grand emploi tragique, rôles de Eein$s et de Mére$.
Elle est reçue Sociétaire deux mois après.
Retraite de Mademoiselle Balicourt ' *
AUuUie n'est pas achevée, tant est grand l'encombrement des siége3 et banquettes placés sur le tbéâtre. Unacteui de i)rovince, du nom de Dugazon, débute dans
les Premiers Comiques.
Il n'est pas reçu. — (Voir à l'année 1771.)
Comme par imitation un peu tardive de Thcspis (l'inventeur des troupes de Comédiens nomades), et peut-être pour arriver h fonder aussi quelques tréteaux modernes, une
réunion de fainéants contraint le Lieutenant-général de police à publier le curieux Avertissemmt que voici :
«Depuis huit ou dix jours, il s'est formé au faubourg « Sainl-Antoine un certain Ordre appelé le Grucmon, qui
LË THËAÏiŒ-FaA^t AiS. 65
n occasionne des assemblées et des chansons insolentes «à la porte des diirérents Bour^^eois ou Marchaiids ; et, «comme la populace de co quartier est très-indocile, et que le nombre en augmentait toutes les nuits, il a été éta- « bli des brigades du Guet pour dissiper ies attroupements « et arrêter les plus mutins.
a On en a conduit queiques-uus en prison, ce qui a un « peu calmé les choses.
i( Mais, sur ce qu'on apprend qu un de ces jours tous les ff Cheoaliers de cet Ordre du Cruchon se proposent de céléc brer une grande fête, ob ils comptent être en si grand « nombre que le Guet les respectera, je vas faire publier « une Ordonnance par laquelle, h la requête du Procureur du Roi, il sera informé de ce scandale ; il en décrétera « quelques-uns de prise de corps, èt j*espère qu^avec une « pareille précaution les plus mutins seront suffismment « intimidés,
t 9 juillet. Signé : Hérault. »
QutnauU-Dufresne se retire.
Ainsi que sa sœur, Jeanne* Françoise Quinault, la Jeune^
âgée sculeniciiL de io ans.
Le Petit-lils deliaron {François], débute dans les //o«.
il est reçu deux mois après, par ordre de la Cour.
Décès de Rousseau (JemhBaptiUe)^ le poète, né k Paris en 1670.
I.aiioue, déjà auteur drumaiique, débute dans les Premiers râles,
GO LL IHEATttE-FRANÇAlS.
Il est reçu le lendemain, par ordre de la Reine. Le Théâtre joue devant FAmbassade du Grand Turc.
On demande au duc d'Orléans de faire fermer le Palais- Royal à neuf beures^du soir dans rintérét des bonnes mœurs. — Les recettes du Théâtre protestent contre Téxé-
eu lion de cette mesure.
 la première représentation de Mahomely Voltaire se montre au Parterre pour exciter le zèle de ses approbateurs.
Furieux d'être sifflé, Salnt-Foix, le duelliste, veut aller chercher querelle au Parterre. — Le duc de Villars, placé avec lui, dans la loge de GrandvaU lui épargne le ridicule de cette algarade.
La première représentation de Mirope, à peine finie, Voltaire se rend à la loge de Mademoiselle Dumesnil et remercie la tragédienne des beautés qu'elle a mises dans sa pièce.
Étonnement général 1 Acclamations partagées cnire réloge et le blAme du côté des appréciaieurs jurés. — Une grande artiste vient d'être sublime ou coupable de la plus condamnable témérité. — Le Capitole, ou le For L'Évèque, point de milieu I ^ La dignité de la scène est bravée, la tenue traditionnelle violée. — Ksi-ce génie ou démence? . . .Mademoiselle Dumesnil a coini: sur le Théâtre ! ... Et comme, en même temps, elle s'est écriée d'uno voix déchirante : « Barbares, arrêtez^ il est mon fils 1 »
LE THEATBE-FaANCAlS. 6"<
toute la salle, saisie d'une émotion nouvelio, a fait entendre les applaudissements les plus frénétiques. Il se pourrait que le temps confirmant celte innovation, elle
ilispcnsfU de cinquante années d'cludos, l'art de jouer naturellemeui la iragédie.
L'Ambassadeur d'une Puissance étrangère, encore trou < blé de l'impression que lui a causée Mademoiselle Dumesntl, va curieusement lut rendre visite. —Il la trouve occupées
tricoter un has, et no sait on quels termes exprimer son admiration pour la tragédieiuie, surtout en apercevant, à Côté d'elle^ une traduction de Tacite.
Après avoir paru à la Comédie Italienne et à l'Opéra.
Mademoiselle Clairon débute dans les Prmiers rôles Ira giques et dans les Souhretles.
Le mois suivant, elle est revue »lan? \aSociélé,
Mort de Philippe Poisson, fils de PuuL
Décès de Mademoiselle Balicourt.
Décès de Quinaull l aine.
Année stérile et dans le cours de laquelle on donne six petites pièces, dont pas une ne mérite de rester.
Décès de Lesage, à 80 ans.
LE TflÉATRK-FRANÇAIS
Mort de Mademoiselle Ouclos, à 78 ans.
Le Conseil d'État décide, et Louis XV le consacre, que 41 les Productions de l'esprit m sont point au rang des effets « saisissabïes, »
Mesure prise d'après un Pourvoi de Grébillon.
Début de La BeauiAénàrd, dans remploi comique. On la reçoit la même année.
Bellecour débute dans les Premiers râles tragiques. Mademoiselle Brillant débute dans les Jeunes prenùères ei Confidentes. — Elle est admise pendant Tannée. Premier début de Lekain, dans les Premiers rôles de la
tragédie.
Malgré son incon lestai)! o succès, l'arlistc ne le croit pas lui-même assez caractérisé pour qu'il veuiUe rester au ihé&lre. .
Nouveaux débuts de Lekaiu.
Il est reçu aux appointements y nonobslant l'opposition de Madame de Pompadour, qui le trouve trop laid.
Premier début, à 15 ans, de mademoiselle Hus, daos les Jmmi prernihes de tragédie et de eomédie. — Elle est élève de Mademoiselle Clairon*
Lekain devient Saciétaire à Dmi-parL
Obligé par les Règlements, déjouer dans les deux genres, même les i Oies de eomédie du bas emploi, Lekain se soumet religieusement à ces conditions.
Le Roi fait une pension de .12,000 livres à la Comédie.
Beilecour appartient à la Société, et se voue uniquement au genre comique, dans te baut emploi*
Les lundis, meiciedis et samedis sont les Jours dits de Paradey au Théâtre-Français. — Après eux, le meilleur spectacle est celui du Dimancbe.
On y fiiit très-fréquemment cinq ou six Melàehet par mois.
Pendant la durée des voyages iiour les spectacles de la Cour, chaque acteur qui en fait partie, reçoit me pistok par jour en debors de son traitement. — > ( Fotr à Vannée 1669«)
Second début et réception de Mademoiselle Hus parmi les Sociétaires.
Vort de Pbiiippe Poisson, le dernier béritier des rôles de Crispin Joués d'origine dans cette famille.
Prévlîle dé!>uie moins d'un niuis après.
11 est admis tout aussilùi par Louis XV, disant au Maréchal de Riolieiieu : « Juiqu'icif foi reçu les Comééiene pour c 001»; ye mot; à présmîeeM-làpaur moi, »
Madame Préville débute trois mois après sou mari, dans les Grandes Amouremes des deux genres.
Mort de Dallaiaval, Fauteur, né à Chartres,
fit de Fagan, Fauteur, né à Paris en 1702.
La Comédie française ferme ses pertes, parce que TAu^ lorité lui interdit les Ballets en l'orme de Diverlissemmls consacrés par des titres et un long usage.
Elle députe vers le roi Lekain» Dubreuii eiMesdemoiseUes Gaossin, Drouin et Lavoy, chargés de ses réclamations.
Onse jours nprôs, cadrent lui ^t complètement rendu.
Décès de Mademoiselle Deçmares.
A ràge de 19 ans, Molù dcbule, pour la première fois, dans les Jeunes premiers des deux genres.
Il n'est point reçu.
Lekain est admis à Part entière^
Décès de Lacbaussée, Tauteur, né à Paris en 1002,
El de DesLuucIies, Tauteur comigue, né à Toulouse en 1C80.
Les membres de la Société fournissent chacun un fonds de 13, ou 14,000 livres, payable, son en y entrant et qui porte intérêts, soit par retenue mensuelle, et remboursé lors de la retraite. ^ €es sommes sont inaliénables et hérééHaires.
Diyiiizeo by
LE TUÉATRB-PRANÇAIS. 7i
L'fcdifice de la Comédie; est ^uus la garde de deux Concierges ei de trois Pwtierê^ les deux premiers en survivance.
Lekain sollicite inutilement de ses camarades la suppres* sien des sièges placés sur la scène.
Baucourt père débute, pour la première fois, dans remploi des Rois.
Molé est reçu à t Essai.
Les Comédiens suppriment les lustres qui ont éclairé la salie depuis Tusage des chandelles existant encore du temps de Molière, et les remplacent par une nouvelle disposition
d'éclairage.
On célèbre la naissance du Cumle de Provetice.
Première retraite de Mademoiselle Beauménard, devenue femme Bellecour^ du nom de ce comédien.
Tous les précédents Arrêts et Règlements relatifs è la Go* médie française, sont révoqués par un Edit en quarante ar-
licles, dans lesquels Louis XV institue une nouvelle constiiuLion administrative et financière de ce théâtre.
Le roi y joint le don de plusieurs décorations à l'usage de la scène.
Lanoue se retire.
Ëu riionneur de la naissance du Camte d'A rlois^ on donne Gratis, la première représentation ûlpltigénieenTauride. Nouveaux Régiments utiles aux intérêts des Auteurs.
Début de Molé Dalinville, frère duP^n^tomiaîre, et qui se
présenlc dans les Premiers rôles des deux genres.
On le reçoit à Demi-part, deux mois après.
Brizard débuie dans les Rois et les Fères nobles.
Il «st reçu Sociétaire^ à Quart de part.
Décès de Boissy, Fauteur, né à Vie, dans TAuvergne» en 1694.
Le Tliéàtrepfait liooîraage de leurs Entrées à bon nombre d'artistes célèbres dans tous les genres.
Décès de Lagrange-ChanceU l'auteur, né près de Périgueux, en 1670.
Mademoiselle Brillant prend une première fois sa retraite.
Début de Mademoiselle Dubois, tragédienne» et fille de l'acteur de la troupe. — Elle est élève avouée de Mademoiselle Clairon.
Le duc de Villeroy lui donne ses premiers costumes. Retraite de Sarrazîn.
Lekain et Mademoiselle Clairon rectifient les costumes et les assujettissent aux formes liistoriques. en dépit de la routine quelque peu étonnée de la liberté grande.
Première retraite de mademoiselle Brillant.
PrivBléi^es.
Les Comédiens français se plaignent à M« de St-Florentin
de ce que leurs « Prknléges sont ébranlés j usque dans leui*s
«principes et attaqués par l'audace cl /a vorucilv des ha- « bitants de la l oif o. » , Us comprennent, dans les objets de leurs doiéaiic^, l'établissement d*ua« Spectacle bourgems où l'on paie pour être abonné. »
Enfin, ils demamient que rOpéra-Comiquc ne donne plus de « comédie en vers et prose tirées de leur répertoire, surtout de celui de Molière» le premier des ^mmnSf » dont ils sont « les disciples, parents et amis, t
molé Ualioville Q*a toujours que Demi part.
Le comte de Lauraguais poursuit activement et obtient la suppression des banquettes et autres sièges placés sur
la scène pendant le cours des i eprésenlations, — U y consacre des sommes importantes.
£n huit mois de celte année, les feux de Lekain se sont élevés à 157 livres.^ Ceux de Préville à 165 livres. — De Béllecour à 212 livres. — De Mademoiselle Dumesnil à 100 livres. — De Mademoiselle Clairon h ii livres, et ceux de Mademoiselle Dang^eville à 83 livres.
Ëtudes incessantes de Molé , jouant encore comédie et tragédie.
Représentation solennelle au bénéfice d^un petit-neveu
de Corneille, récommandé par Titon du Tillet à Voltaire, qui va se charger d'élever la Ulie de ce descendant du
74 LË THËâXM-FAàNVâIS.
grand bomme. — Par rintérét qu'il prend aussi au père, il se croit permis de plaisanter a toute la Corneillerte. »
Pécès de Guimond de la Touche, Fauteur tragique, ué à Chàteauroux^ en 1729.
Encouragée par la pluralité des voix de ses camarades, Madeiiioiselle Clairon propose à Voltaire de tendre le théâtre en noir el d'y dresser un écbai'aud au troisième acte de Tancrède.
A quoi, entre autres arguments, l'auteur répond : « Quel mérite y a-t-il-à faire dresser m échafaud par un menuisier "t» . Début de Daubeml dans les Premiers râles des deux genres. -
Décès de de Lanoue, Tauteur-acteur, néàMeaux en 1701.
Effet de scandale produit par l'Ecossaise^ pièce dans laquelle Voltaire attaque et personnifie à sa guise le journaliste FréroD.
Ce dernier, présent à la représentation, se fait remarquer
par la dignité de son attitude, et en sort avec sa femme, évanouie dans ses bras.
i7Cl.
Admission do Molu dans la Socivlé.
Il joue les Troisièmes râles comiques el traii iques. Mademoiselle Dubois débute dans les Grands rôles tragiques.
Madame Bellecour reparaît*
Daulicrval est Pensionnaire.
Début de Mademoiselle d'Epinay, dans les Jeunes Premières,
LE THÊATRE-FRÀNÇAIS. 15
Elle esl reçue à Tessai.
Mademoiselle Clairon tombe malade du regret de la mort
de la Pnaccssc Galitziii, sabienrailrice.
Sarrazln se relire et meurt.
Début de Bouret dans les Comiqmn et rôles appropriés. Palissot fait présent de la collection de ses pièces de théâtre aux Comédiens français.
Le Comité refuse les Mmrt du imips^ présentées comme
l'ouvrage d'une femme, qui, dit- on, eu appelle à* Mademoiselle Dangeville priée de TolTrir de nouveau en la lisant mieux que n'a l'ait l'auteur. — Le stratagème réussit, et, la pièce jouée, Saurln se nomme.
Première retraite de Grand val.
On crie : m feu ! dans la salle. — Mademoiselle Dumesnil, en scène, s'évanouit. — Total :une chaise brûlée.
Molé monte en grade et prend le Second emploi.
Second début du père Uaucourt.
Dauberval est reçu Sociétaire^ h condition de prendre les Baisonnetirs et les Grands CoufidoUji.
Décès de Crébillon.
A un ami qui le rappelle dans l'arène : . . « Vous me conseillez de rentrer dans la earrière du théâtre. Songezvous, Monsieur, que vous parlez à un homme de 74 ans? Vous n*étes pas, au reste» le seul qui me le conseillez à mes risques et fortunes, tout près les uns et les autres d'être les premiers, en cas de ehûte, à vous moquer cha-
L6 THÏATR&FRANÇAIS
ritabiement de moi. Ne suis-je pas un beau cavalier, bieo en selle, sur ud cheval aussi quinteuz que Pégase ? »
PiRON.
Auger débute dans les Premiers cmiQues.
Giandval s'absente de la scène.
Retraite de Mademoiselle Gaussin
Et de mademoiselle Dangevllle, le même jour.
Récei}iion de Bouret, aux grands appomteffwnts (2,000 iiv.) Débiu de mademoiselle Doligny dans les Amoureuses, Dix jours aprèst elle obtient une pension.
Mademoiselle Luzy débute dans les Sùubrettes.^ On (a reçoit Pensionnaire le même jour.
Auger est reçu atm grande rippoinlements»
Décès de Marivaux, Fauteur.
Mademoiselle Clairon joue une Confidente dans le ConUe d^Etseas.
Voltaire, qui marie sa protégée à un jeune officier gentil- Lomme, écrit sur ce sujet à Lekain :
« Mon grand acteur, mademoiselle Corneille, devenue « madame Dupuits, vous fera de petits Corneilles qui vous
« donneront de bonnes tragédies, dont vous avez besoin. »
Grandval lait une rentrée dans la tragédie.
Mademoiselle Fannier débute dans les Soubrettes. — £Ue est immédiatement reçue Pensionnaire»
Diyitizeo by
On donne Demi-part h Au^er.
Bouret est admis dans la Soaélé.
Mesdemoiselles Doligny et Luzy suni reçuesSaciétaires.
Début de Feulie daus les Fremen et Seconds €omiqu€$^— Il est reçu Penmnnmre.
Un Arrêt décide que les I)(*uf>les et les acteurs nouveaux seront admis à jouer dODs toutes les couditioos favorables au Répertoire.
« Messieurs les Comédiens savent que j'ai toujours regardé leur art, comme un de ceux qui font le plus d*bonneur à la Fi auce. »
VOLTAiHK.
Aufresne débute dans les Premiers rôles tragiques.
11 est reçu aux appoint eunmt s.
Mademoiselle Fan nier est Sociétaire.
Fréron conseille à La Harpe de se fiiire avocat. —Un avocat se filcbe au nom.de presque tout le Barreau, et le journaliste essuie des décharges à bout poi laut.
AHkire llulKiis. — Scanitale.
L'acteur Dubois refuse ii son médecin des honoraires dont il auiail grand intérêt à cacher le motif.
Mort d*Ârmand, Doyen des acteurs. — 42 ans de théâtre.
Une grande rumeur éclate; Tafibire de Dubois s*ébruite.
Mademoiselle Sainval rainée débute dans les deux genres.
La susceptibilité des camarades de Dubois s'éveille. — Plusieurs opHicni pour son renvoi immédiat de la Société,
Début de Mademoiselle Sainval cadette dans les deux genres.
7S LE ïUËÀTAIi:.FRA!NÇMS.
Dubois trouve des protecteurs ardemment sollicilés par sa Olie.
lie iSièse de Cftlai«.
La Prison.
Cette Iragcdie de De Belloy est à sa vingtième représentation et jouit déjà d'une vogue incouipaiable.
A l'annonce de cette soirée, les acteurs qui doivent y paraître ne se rendent pas tous au théâtre. ^ Ils motivent leur absence par la déconsidération qu'imprime à leur Société la conduite de Dubois envers son médecin.
L'Autorité leur donne rordre ûe jouer avec cet acteur.
Sur cette injonction, Lekain, Molé et Brizard déclarent persister dans leur refus.
Mademoiselle Clairon se rend au théâtre^ mais après de longs pourparlers, accompagnés du vacarme qui se Tait dans la salle, elle manifeste l'intention de renoncer ii Texercice de son art, plutôt que de céder à la volonté supérieure.
Délinitivement, la représentation de la pièce n esl pas offerte à raffluence que contient la salle* — On fait relâche.
Les dissidents, savoir : Lckaiii, Molé, Brizard^ Dauberval et mademoiselle Clairon, sont envoyés au For ïEvêqm.
En pareille circonstance, les détenus n'étant pas dispensés de leur service, un Agent les conduit de la prison au
théâtre et les réintègre ensuite sous les verroux.
M. le duc de Richelieu se prononce ouvertement en faveur de Dubois, et M. le duc de Duras s'exprime, avec la
même énergie, contre ce comédien.
Le Public, dout ces sortes d'affaires amusent les loisirs,
LE THËATRE-FRANÇMS. 70
joue un rôle irès-bruyani dans celle-ci, qu'il ap^jclle la Journée du Siège de Caiais.
BellcuioiU fait un premier début dans les Itaisoimcurs, On ne le reçoit pas.
Dubois est résolument exclu de la Société.
Dans les Annonces qu'un acteur fait au Public de la salle, pour lui apprendre le spectacle du lendemain, il est de tradition de dire, si l'orateur est Sociétaire : « Nous aurons ff l'honneur de vous donner » Et s'il n'est que Pension^
naire : « On aura l liuiiiieur, etc. »
L'apparition, vraie ou fleiusse, de la Bête du Gévaudan occupe toute la France. — Fréron publie, à ce sujet, une lettre qu'il dit avoir reçue, el daiii) laquelle ou constate a Tin- « clination de cet animal pour les femmes, ses rugissea ments comparés au bruit de i'àue quand il commence à
« braire» et une odeur très infecte Ses yeux brillent dans
« l'obscurité, et l'on prétend qu'il voit mieux la nuit que « le jour. Son cri ressemble aux sanglots d'un homme qui « vomirait avec effort. 11 se défend du lion, et ne craint « point la panthère. »
Grandissime rumeur ! On veut que le journaliste ait ici le
dessein d'appliquer ces remarques à mademoiselle Clairon dont, en toute circonstance, il critique sans pitié le talent. — 11 en écrit au duc de Kicbelieu :
a Je ne saurais trop vous protester, Monseigneur, que je n'ai jamais eu l'iatention de peindre cette actrice célèbre. Il n'y a que ses ennemis ou les miens qui aient pu lui ap-
pliquer un portrait général et prêter à ma })luine une malignité dont elle n'est point coupable en cette occasion. Je prends avec confiance la liberté de réclamer de nouveau votre justice et votre bonté pour faire cesser Tinquiétude
aiïreuse que l'ordre du Roi ajoute à mes maux.»
Frjîron.
Pour prouver qu'il ne se croit pas coupable, il reparle de la Bét0 Gémudan^ et donne ainsi son portrait bien autrement détaillé :
a Quant à sa ligure, les gens d*ua éMstqiéiim' à celui de <r simples pâtres ou laboureurs» qni Font vue d'assez près^ e s*accordent tous à en faire la description suivante : —
« Elle ressemble assez, pour la conformation, à un petit « veau ou à un loup de la grosse espèce. Ses jambes sont a courtes» ou du moins le paraissent. L'extrémité de ses « pattes ou griffes est d*une grosseur énorme; sa gueule est « effroyablement grande et son poitrail fort large; son poil - « noir snr le dos est partout fort long et excessivement « fourni, il forme, dit-on, une espèce de cuirasse qui l'a « sauvée jusqu'ici des coups de feu qu'elle a essuyés cinq ou « six fois, dont deux ou trois à bout portant. Peut-être aussi « a-t-elle eu affaire à des gens intimidés ou maladroits, etc.»
Aux Comédiens français.
Le Roi, d'après les réprésentations que je lui ai foi-
tes sur les choses hasardées dans les feuilles de Fréron, et
qui avaient occasionué des interprétations si indignes, que Sa Majesté.. ..• a ordonné la punition la plus sévère du sieur
Fréron Les bontés de la Beine pour lui ne diminuent
rien à Texemple de la peine prononcée.
Le Maréchal de Kiciielied.
LE TflÉATftE-FRANÇAlS. yl
Au Maréchal.
.... Sa Majesté m'avait ordonné d'expédier un Ordre pour envoyer le sieur Fréron au For-rEvôque. L'exécution avait été suspendue à cause de l'état de maladie dans lequel le
sieur Fréron se trouvait. Mais'comme il m'a écrit et qoe
d'alHeurs il a fait agir les plus respectables protections ...
Sa* Majesté a bien voulu que Tordre n'eut pas lieu Je
ferai sentir au sieur Fréron que s'il retombait dans une pareille faute, il encourrait la disgr&ce de SaMiyesté.
SAm-FLonEirrm.
Et le pauvre petit verre d'eau rejette la tempête!
Les Membres de la Sociélé fournissent cbacun un fonds de 13 ou 14 mille livres, payable^ soit en y entrant et qui porte intérêt, soit par retenue mensuelle, et remboursé
lors de la retraite. Ces sommes sont inaliénables et hérédi- (aires,
AutVcsne, que ses succès no dérobent point aux tracasseries do coulisses, renonce à la Inlle presque inévitable aux gens de mérite, et part pour l'Etranger.
Mademoiselle Lachassaigne débute dans le tragique, sous Je nom de Sainval , qu'elle quittera k Tarrivée de ses deux parentes.
Elle se montre ensuite dans la comédie.
En ed'et, mademoiselle Sainval l'atnée débute dans les Premiers râles tragiques.
M LE THÊàTRE-FRANÇàiS.
Le fait est h consigner d'un auteur inlereédaui pour que Ton cesse de représenter sa pièce. — C*esi ce qui arrive à G^pistron obtenant celle gréce de madame la Dauphine, lui sujet de sa tragédie de Pkraaiê. — On reeonnatt que
l'ouvrage renferme des idées darifiercuscs à celte époque-ci.
Une doui>le maladie de Molé el de Préville porte le Public de la salle à demander, tous les soirs, de leurs nouvelles.
Retraite de mademoieelle Clairon, qui tient parole, après ravoir fàit signifier nne année d'avance, aux termes des Bèglmmts.
^ Mademoiselle Brillant reparaît.
Le Pouvoir tait encore un pas pour améliorer la condition financière des Auteurs dramatiques.
Quinault-Dufresne débute dans les Premiers rôles des deux
£:enres, etDalainval également.
Mademoiselle Sainval raînée est reçue Sociétaire,
Revenu à la santé, Molé reprend son service.
Décès de mademoiselle Gaussin, née à Paris en 4711.
Début, dans les Soubrettes^ d'une demoiselle Dugazon (Fotf Vmnée 1809).
Une Arrière-Petite-Fille de Baron débute dans le même emploi.
Pour obéir aux RèglenuntSf Auger, le Comique, s'essaye en vain dans la tragédie.
Retraite définitive de mademoiselle Brillant.
Début, dans les Premiers rôles tragiques, de madame Ves-
LE THRATRE-FRANÇAIS. 83
tris, sœur de Dugazon, mariée à Paco Veslhs, frère du grand danseur et acteur à la Camédée-ltaUmm*
Le roi de Danemark honore te Théâtre-Fran^is de sa présence.
Fenlie est reçu Sociétaire.
Retraiie déiinitive de GrandvaJ.
MademoiseUe Dugazon est reçue Sociétaire.
La I)rM de présence aux lectures des pièces nouvelles est de îroig linres; et de qwirante sous pour paraître dans les Cérémonies du Malade imaginaire et du Bourgeois Gentilhonwie.
Mort de Legrand fib.
Madame Vestris et mademoiselle Lachassaigne sont nommées Sociétaires.
On reçoit Daiainval Pensionnaire.
L* Académie Française met au concours t Eloge de Mo-
lièrcy etChamfort remporte le prix.
Molé-Dalinville, qui s'est éloi^nié sans annonce» réparait dans la tragédie, et réussit encore moins que la première roi$. I
Le frère, chargé du Complimeni au Public, essaye de re- ' commander son pareul :i 1 indulgence, et n'obtient qu'un irês-faible succès, dû à l iniérêt que lui-même inspire.
Décès de Poinsiaet, Tauteur du Cercle^ né à Fontainebleau en 1735.
Molé épouse mademoiselle Dépinay, actrice, Double de madame Préville.
La Comédic-itaiienne renonce aux pièces françaises — On pense que ses ouvrages iront» à.ramiable entre les au-
leurs et les directions théâtrales, grossir les répertoires, et particulièrement celui de la Comédie-Française*
Ce théâtre signale son humanité en mettant à la Pension
une actrice, la dame Bonioli, que les succès de mademoiselle Lachassaig^ne rendent désormais inutile à la uoupc.
La même administration fonde une pension vingère de de 800 livres pour deux des auteurs dont les intérêts de son théâtre auront à se louer le plus.
Le Journal des ThéâlreSf dirigé par Le Fuel de Méricourtt reçoit pour Censeur Goqueley de Chaussepierre, grand ami
des comédiens, et dont cependant la sévérité fait suspendre celte feuille. — Elle passe aux mains de Le Vacher de Charnois, lequel, à son tour, la transmet à des rédacteurs à peu près anonymes.
La reprise du Siège de Calais soulève, entre de Belloy et
le théâtre, des discussions que le duc de Uiclielic u termine en donnant l'ordre de reprendre la pièce, les (// o/ï* de l'auteur convenablement tixés par ce suprême arbitre.
CBAKOnSMT m DOIIXCtU.
Le Théâtre quitte son hôtel de la rue des Fossés-Saint-Ger-
main-des-Prés, uL va s'iiisiailcr, avec l'agrûnenl du Roi, ii la salie construite en 1671, dans le Château des Tuileries.
il roccupe pendant douze années consécutives sans événements administratifs remarquables.
LE THfiiTft&FRAiNÇAIS.
La troupe est ainsi composée :
Messieurs :
Lekain.
Préville.
Brizard.
Molé.
Âuger.
Bouret.
Monvel. *
Dugazon.
Desessarts.
Larive.
Dazincourt.
Courville.
Vanliove.
Dorival.
Florence.
Mésdàms :
Bellecour.
Préville.
Molé.
Dubois.
DoUgny.
Lusy.
Pannier.
Dugazon.
Vestris.
Laehaflsaigoe.
Raueourt
Suin.
Sain val cadette.
Coûtât.
Mars ainés. ^
A roceasion de ses Ihm ÀvâSt Beaumarchais imagine dès façons d'Entr^aetes occupés par quelques subalternes
s'acquitlant des détails qu'exige la tenue d'une maison, et amusant ainsi l'impatience des spectateurs.
Cette idée ne parait pas née viable.
Début de Monvel dans les Jeuaes premiers deg deux genres.
Molé Daiinville renonce au thé&tre de Paris.
Premier début de Larive, dans les Premiers râles tragi-
ques.
11 n'est pas reçu.
Début de Grandménil dans les Financiers*
86 LE ÏUJkTRË-FKANÇAlS.
11 est reçu Pensionnaire.
Le Théâtre reçoit la visite de Gustave 111, roi de Suède. Dugazon débute dans les Premiers Comiquee.
11 est le fils de l'acteur dont nous parlons à l'année 1739, lequel, né à Lille, était Chevalier de Saint-Louis, et avait été amené, par des revers de fortune, à diriger une troupe de eomédieDs en Province. — ( Voir à l'année 1800.}
Premier début de Fleury. — 11 joue dans la tragédie.
11 n'est pas admis.
Second début de Bellement. '
11 est reçu Pemionmire,
Vffommê àemgerem étant arrêté par ordre supérieur, Pa-
lissot le joue sur son théâtre d'Argenteuil, et y repiésjnte le personnage principal.
MoDvei et Dugazon sont Sociétaires* Desessaris débute dans les Financiers.
11 est reçu Sociétaire six mois après.
Début de mademoiselle Sainval adetle^ dans les Jeunes jn'incesses et les Grandes Amoureuses.
Mademoiselle Raucourt, élève de Brizard, débute dans les Premiers râles tragiques.
Madame Vestns et les deux Sainval se rapprochent pour faire cause commune dans toutes les éventualités relatives aux succès de cette nouvelle v^nue.
LK TUËÂiKL-FRàNÇAlS. «7
Molé scandalise ses camarades par les injures donl il accable restimable madame Préville.
tente Mem vépwpée.
Effhiyésde leur propre négligence aui représentations
des pièces de Molière, d'où il suit que le Public n'y vient plus, les Comédiens décident qu'un jour par semaine, le speciacie sera uniquement composé des œuvres de ce grand bomme, et que les rôles y seront tenus par les premiers Emphis. Les spectacles seron composés de façon que chaque ouvrage ue beia joué qua deux ou Uoib l'ois par an el à jour ûxe.
Lebeau, auteur dramatique, donne rAssmnblée^ pièce
comraémorative du décès de Molière.
Relriiile do mademoiselle DuIjoIs, Desessarts et mademoiselle Kaucourt sont admis Socié"
Décès de Piron.
Mon cher Molé, Gafiieri offre aux Oomédiens français d'exécuter le buste en marbre de Piroo, à la seule condilion de ses entrées en tout temps pendant sa vie.
de Belloy.
L'Assemblée accepte, et « pi opose de passer un acte, par lequel elle aura reçu un abonnement h vie, dont Targenl sera employé à payer le buste. Ceci pour obvier à la pente
88 LE TllÊATR£'FRAI4ÇAlS.
trop naturelle qu'a la Comédie d'accorder des entrées. »
Moii.
Le sculpteur demande a jouir tout de suite, et 8*eii explique en bons termes. — Sur dix-neuf acteurs consultés, douze consentent et le reste refuse. — L'acte est passé.
Dans le cour de cette année» le Dauphin et ia Dauphine,
le Comie et la Cuiuicsbo de Provence suivent assiduement la Comédie française. — Les deux premiers demandent te Siège de 6'a/ai«, qu'ils ont vu à Versailles, et de Bclloy leur est présenté après la pièce* ^ Le Daupbin et laDauphine reviennent à cet ouvrage et incognito dans la loge des Gentilljoiiiiiies. — On les reconnaît. — Applaudissements. — Vers de Dorât . . . •
Et lorsque vous trompez les yeux.
Le cœur des Français vous deviné.
L'article suivant de P Année HUéraire donne à réfléchir à nos écrivains dramatiques.
• a La dissipation de la plupart de nos auteurs ron-
« tribue beaucoup à les retenir dans les liens de ia médio- « crité. L*amour du plaisir, les agréments de la société, le « luxe qui les avait respectés si longtemps, énervent leur
t àme Ce sont des élégants, des petits-maîtres, des
« Agréables, des hommes h bonne fortune, lis sont de « toutes les parties, de toutes les fêtes, de tous les soupers « réputés fins. Ils ont des habits riches et de beaux appar- « icmonts. Ce n'est pas ainsi que vivaient les Corneille, les
LË THÉATR6-PRANÇA1S. 89
« Moiiùre, les l.afoataine, les Boileau. Ce n'est pas en sou- « pant tous les jours en ville qu'ils composaient ces chefs- « d'œuvre qui feront éternellement leur gloire et celle de
« la France. Ils étaient loRcs cl vêtus simplement : une « large calotte couvrait la lèle sublime du grand Corneiile, a et toute rassemblée se levait par respect devant lui quand « il paraissait au spectacle.
Second début deFleury.
Ce Comédien n'est pas encore reçu.
Ensuite de sa première idée, Lekain obtient, avec Prévilie, le Privilège d'une Ecole dramatique. — Ce grain ne germe
pas.
Au milieu du quatrième acte de Sapàotmùe, on baisse la toile. — Louis XV est à l'agonie. Les prières de quarante heures sont commencées. Clôture de 45 jours, à cause de la mort de ce Prince.
Le Factotum bénévole de messieurs les Geutilbommes de la Chambre, Lalcrté se présente à Louis XVI. Qui étes-vous, lui dit le nouveau roi?
Sire, je m'appelle Laferté.
Que voulez-vous?
Sire, je viens preadrcles ordres Uc Vulie Majesté. Pourcjuoi ?
C'est que ... je suis .... Inteudant des Menus.
Qu'est-ce que les Même ?
Siire, ce sont lesMenus-plalsîrs de Votre Miyesté.
Mes Menus-plaisirs sont de me promener à pied dans le parc. — Je n'ai pas besoin de vous. — fugit.
LE THEAIK^-i-RikiNÇAlS.
Décès de de Belloy, Tauteur» né à Saini-Flour en 17S7.
Après quatre ans et quatre mois écoulés depuis sou premier début, Larive eilectuele second.
Il est admis*
Mort de Dubois, qui a été 29 ans Sûeiétair§.
Début de madame Suin, dans les Mères Nobles.
La Comédie française soutient contre Palissot, Mercier et Lonvay, trois procès sans intérêt pour le Public.
« J'ai payé à M. de Sariines 12,000 livres pour une partie des dépenses que Beaumarchais a entreprises, par mes ordres, pour arrêter un mauvais livre.
Louis. »
Mademoiselle Louise Ooiitat, l'aime, débute, d'abord, dans la tragédie ; puis, dans les deux genres, ce qui est de règle et d'usage, à moins d'exceptions justiliées.
Décès de Colardeau, né à Janville, dans la Beauce,
en 1732. — Et de Saint-Foix, né à ReniiCii eu Mm.
Louis XVI donne une pension de l,âO0 livres à Cliamfort.
La Reine, qui l'annonce à l'auteur, y ajoute ces paroles :
« Je vous deimmde ponr remerckimfj de faire représenter « vas piieee à Versailles. »
A la suite d*un mauvais Discours de rentrée^ composé par M. Ximencs, ce marquis porte plamie i\ M, de Sartines contre Fréron qu'il traite d'impudent, d adieuw frippier d> écrits.
LK THfiATRE-FRANÇAlS. 91
d'insolent Ex-JésuiU, et Taccuse d'insulter hh homme cotnme
Madame Suin est Sociétaire.
Retraite de mademoiselle Dumesuii, après quarante animées de services.
fille a joint à sa réputation tragique lofaient de représenter au mieux quelques personnages de comédie.
Celui de la mère de Rhodope, et qui n'a qu'une setae^x dans Ésope à la Cemtj a été pour elle un triomphe. /
' Mademoiselle Sainval, cadette, est Sociétaire. Dazincourt débute dans les Premiers comiqm.
Pour iiivoriser les bons rapports entre les Auteurs et les
Comédiens, le roi consent à ce que les neuf premières pièces reçues composent, cette année, le Répertoire pendant le séjour de la Cour à Fontainebleau. — Tant que cette réstdenee est occupée par la fàmille royale, les Première eujets qui y jouent sont censés habiter la ville et ne reviennent à Paris qu'à la fin de la Saison, Uaiaiaval se retire.
Daas le trouble perpétuel que suscitent les luulentendus entre les Auteurs et ie 1 iiéàire, le duc de Richelieu remet tous les Bégiements à Beaumarchais pour qu'il essaie d*en faire sortir une situation nouvelle.
Cédant à de puissantes influences, le Garde-des-Sceaux Miioiiiesiiil retire le Privilège de l'Année Httérait r.
Décès de Fréron [Elie Catherine) — Il était né à Uniii^per, en 1719. — Pendant quarante ans cet écrivain distingué a tenu haut et ferme le flambeau et la verge de la critique. — U meurt trente-cinq jours après le début de mademoi*
DigiiL
91 LK TUÉàTRE-FKANViUS.
selle Contât, dont ie mal qai rem|>orte, la goutte, Ta cmpécbô de rien préjuger sur cette actrice.
le suis, mesMeurs le» Oomédîetis, parmi les gemi de let -
1res, le premier qui vous ail donné ridée de vous Ibnder une Bibliothèque dramaUqm a laquelle tant de raisons devaient vous intéresser.