LA COMÉDIE FRANÇAISE
Les Comédiens achètent le Jeu de Pamne do titoilo et deux maisons y adjacentes* situés rue des RMsés-Saint-
Germain-des-Prés.
C'est là que commence le titre de Comédie française.
On y prend légitime possession eu ouvrant par Phèdre et le Médecin malgré lui,
La première pièce nouvelle qu'on y représente est le Dé^ ifU'ti iLi6 d'un noaimc Aubry.
Piron, né à Paris.
Arouet, également.
Distraction iaite de la place que donnent les deux maisons conttgués, ce nouveau monument dans lequel tant de gloires vont s'amasser» mesure en superficie, 10 toises de terrain {chifTie officiel). On Ut sur sa façade :
Hôtel des Comédiens du lioi, enlreleim par Sa Majesté. Du Croisy se retire.
La Cbampmesié va à la rue Guénôgaud.
Mort de Raymond Poisson, Tinventeur des Cnspms.
Baron quitte pour la première fois le UiéAtre.
Beaubourg débute dans remploi de Baron.
Mort de Lagrange.
Mademoiselle du I5rie, qui avait été amenée de la province par Molière (ct n'est, par conséqueut, pas jeune), veut renoncer au rôle d'Agnès^ dans VMeole dei femmes, . Le Public s'y refuse et la ooutralnt, par trop de bienveillance, à le remplir encore, même avec ses habits de
ville.
Beaubourg continue ses débuts dans le tragique. — 11 est reçu dans le courant de la même année.
44 LE TUtJkTR&-FRANÇÂlS.
Mademoiseiie Duclos débute daus ies Premiers rôles tragiques.
Bile est reçue dam la Société ^
Pour les Personnages chantants, qui sont aaeeï nombreux
dans Ic^ comédies fie oeriains au leurs, le nombre des voix est tixé à deux, et celui des violons à six.
La Béjart» veuve de Moiiere, ^e retire à Tàge de 49 ans.
Décès de Lafootaine.
Début de QuinauU le père, dans les MaïUeam.
Dufresne père débute.
Mort de du Croisy.
Les dons aux Capucins no sont plus variables. La Connulie décide que> tous les mois, uoe somme fîxe sera coosacrée à cet usage.
Chers frères, les Pères Cordeliers vous su j plient trcshumblemeut d'avoir la bonté de les mettre au nombre des Pères religieux à qui vous faites la charilé* 11 n'y a point « de communautés qui en aient un plus grand besoin, eu égard à leur nombre et à Textréme pauvreté de leur mai- . son . L'iionneur qu'ils ont d'être vos voisins leur fait espérer que vous leur accorderez l'ciiet de leurs prières qu'ils re-
LEÏIlEATBE-rUAN(.AlS. 4j|
doubteronl pouv la prospéiiié de voire chèra Compagnie.
. Nouvelle Otdannanee^ dans le sens de eelle de 1^5.
Décès de la Ghampmeslé, née à Rouen, en 164ft.
Due Or(l(nmance\(\e Louis XIV transfoi uie en pblijration, au profit des Hospices, Vimpôl^des pauvres^ que les tUéâlres oni voloatairemeui acquitté jusqu'à présent.
Placel an Hoy.
€ Sire,
Les Comédiens de Votre Majesté étant avertis que quelques particuliers ont dessein de demander ruôiel de Bourgogne pour une nouvelle troupe, «uppiient très-respectueusement Votre Ifijesté, en cas quil lui plaise d'augmenter le nombre des speetaeles, d*avoir la bonté d*en accorder la préférence à leur troupe, qui, étîint composée de vingtsix acteurs, se trouve assez nombreuse et en état» sans se désunir ni séparer leurs intérêts^ de représenter en même temps toutes sortes de pièces sur les deux théâtres.
L'Hôtel de Bourgogne été afifbcté de tout temps à la troupe de Voire Majesté.
46 LE THÉATiŒ-HUiNÇAlS.
Elle paye actuellemeot, par les ordres de Votre Majesté, les petmomûe la Brécourt, ttauterocbe, Hubert, VerneuU,
la La Taillerie, la Dauvilliers, la Dennebant, la Dupin, la Debrie, Baron, la Baron, la Guérin, veuve de Molière, la Poisson, Raisin, la Billonde, la Lagrange et Saint-Georges, anciens Comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, du Palais- Royal et Guénégaud, dont la plus grande partie n'ont que celle pension pour vivre, et qui monte tous les ans à dixsept mille livres.
ils n'ont quitté THétel de Bourgogne que par Tordre de Votre Majesté, ci-atlaché.
Cest aussi par un ordre de Votre Majesté qu'ils ont quitté rhôtel de Guénégaudi et qu'ils se sont engagés dans un établissement qui leur coûte deux cent mille livres, et leur tient lieu par conséquent de dix mille Jivros de loyer par an.
Etablir une autre iroupe a leur préjudice, ce serait les mettre hors d éiai de t'ournir à toutes ces dépenses» de ré • pondre avec éclat à Tbonneur qulls ont d*étre à Votre Ma> jesté, de contribuer aux plaisirs de Monseigneur et à ceux des Princes, et de soutenir parmi les étrangers la gloire et la magnificence des speclacles.
Si Voire Majesté a la bonté de laire atieaiion à toutes ces raisons, ils ont une parfaite confiance qu'fiUe leur fera ' la grâce de maintenir la troupe en Tétat qu'elle est, ou qu*E11e accordera le privilège d'occuper les deux théâtres exclusivement à tous autres, sans rien changer à Tordre de Votre Majesté, qui les a unis ensemble.
Ils continueront Jeurs vœux pour les prospérités de Votre Majesté, et pour sa santé si précieuse à ses peuples et à tout Tunivers.
Nous sommes convenus de présenter au Uoy le Placet
don lie projel est ei-dei8M6 arrêté à J'asseinblée du lundi 9 Janvier 1699.
De Lalhorillière, le Comte^ Duclos, du Perrière de Champmeslép de MoeeUs^ Jhmeowrî^ de Beavbmrg^ Bemml, Claveh Lawp, Guérin, Dvfey, de WUer, Gadefroy, Champvalon, Demare^ Durieu, Baron» Foissm, Raisin^ Desbrosses. »
Démarche inutile, la ConMie IteUieime est mise en posses*
sion de celle antique localiié.
Mademoiselle Desmares, uièce de la Ghampmesié» débute dans les Jemes princesses, après avoir rempli les rôles d'enfants dès ràge de huit ans.
Elle est refiue Sociétaire trois mois après.
Décès de Raeine*
Sa femme n*a jamais vu jouer m lu aucune de ses pièces.
Les Prix d'entrée an Thééltre sont augmentés d*m eàssiivÊe*
im
Mort de la Béjart, femme Guérin âgée de 55 ans.
Des Couplets fort satiriques partis du Café de la veuve Laurent, rue Dauphine^ oh se réunissent des gens de lettres, sont maligiieineiu imputés h Jean-Baptistc Rousseau, l'auleur du Flatteur^ et paraissent devoir lui causer de violents chagrins.
La majorité des Ôomédiens français se prononce pour rinuocence du grand poète lyrique.
48 LE THÉATBË.FRANCÀIS.
Les i^rix d'enirée soin ùq cinq sous au Farierre, eldiîc sim aux Loges et Galeries.
Quand il y a des pièces nouvelles, le Lîeutenant-civil du Ghâtelet fixe ces prix b sa volonté.
Les spectacles sont souvent troublés par les ridicules amusements de quelques perturbateurs sans motiis.
On expulse de la salle trois Mousquetaires, pour y avoir introduit une bassinoire qu*ils ouvrent et ferment bruyamment aux endroits les plus intéressants des représentations.
Un autre Mousquetaire nommé Fétouille, soufflette, dans l'enceinte môme du Théâtre, et frappe de deux coups d'épée au visage, le Concierge de rhôtel de Bouillon.
Les Comédiens se prêtent de bonne grâce à Tarrangement de cette affoire et de quelques autres de même espèce.
Décès de Boursaull, l'auteur Comique.
Et de Champmeslé, 1 acteur, mort subileinent.
Début, dans les Premiers rôles des deux genres» de Legrand, l'auteur dramatique (le père).
Mort do Duché, l'auteur, né h Paris en UKiS, Retraite de la Beauval et de Beaubourg, son mari. Début de Philippe Poisson.
LL lUliiATRE-FHANCAlS. \'J
Décès de Hademoiselie de Brie.
Mort de Hauteroclie, Tauleur-acleur reiiré.
Il était âgé de 90 ans.
Destûuches renonce à la carrière de comédien de province.
Décès de Lai(K >e, le irafrique.
Mademoiselle Quinault, l uinée {Françoise)^ débute dans la tragédie, et y joint ensuite des r61es comiques* Elle est reçue pendant le cours de l'année.
Un inconvénient, qu'on a éprouvé, il y a déjà ton longtemps, se renouvelle. —Le travail qu'exigent les Changt* menîsàvuiB^ nécessite le retrait momentané des sièges qui obstruent le théâtre, et le bien qui en résulte n'éclaire, ni
les auteurs, ni les Gomcdicns sur le l»esuiii de détruire ces obstacles profitables seulement à la caisse,
Décès de Thomas Corneille, De Regnard,
£i de la femme Beaubourg.
« Pour les œuvres Dramatiques, il y a deux tribunaux à essuyer, le tribunal tumultueux et le tribunal tranquille. »