‹ Le Théâtrefranc̜ais monument et dépendancesChapitre 7 sur 18 · scène, et détruisant toute illusion chez les spectateurs · texte numérisé non relu

scène, et détruisant toute illusion chez les spectateurs

Depuis quelque temps, les siiHets sont interdits dans tous les théâtres.

Prévîlle a le courage de les regretter hautement pour a les occasions où il lui arrive de commettre des fautes. »

Quelques feuilles publiques demandent qu'on adopte le double usage établi à Londres, de mettre sur rafiiche les noms de tous les acteurs jouant le soir, et d'être assis au

Par terre.

Vanhove posa tout doucement sur le théâtre sa fille, âgée de moins de cinq ans, et .lui Mt jouer le petit roi Joas, à

côté de Brizard, le superbe Joad. {voir le dernier article de rannéemo.)

Pendant les représentations, quelques acteurs, qui en font partie, profitent des entr'actes , ou des scènes où ils

ne paraissent pas, pour se montrer avec leurs costumes et même leur rouge, à rentrée de TAmpUithéàtre. 11 est impossible que cela dure.

Fabre, qui deviendra é'Bglanline^ cherche encore sa

LK THÉATRE-FRANgAlS. 95

route il esl à Sédan, ei s-*y occupe de i^amélioration des Chemins publics.

Dazincourl devient Soaélaue, Pour la seconde fois, Larive s'éloigne du théâtre. MademoiseUe Dugazon prend la môme résolution. Troisième début deFleury, toujours dans les deux genres.

Tî esl enfin reçu pendant le cours de l'année.

Beilemont est Sociétaire.

Lekain, qui doit tant à Voltaire, son tragédien û iabroekette^ refuse obstinément le rôle d*AIexis, fait pour lui, dans Vïrêney du poète presque mourant.

Mademoiselle Mars, la mère est reçue.

Caffieri tient parole, il tau don au Théâtre du buste de Piron, et y ajoute celui du grand Corneille*

Décès de Lekain, à la suite d*efîorls trop violenLs, dans le rôle de Vendôme d'Adélaïde Buguesclin, pour plaire à une demoiselle Benoit qu'il avait fait placer dansla coulisse.

Lekain était né à Paris, en 1728.

Le soir même de sa mort, Monvei, chargé d'annoncer le spectacle du lendemain, prévient la demande du Public, et

commence par ces mots : « // ^6/ mort I ... » — L'elfet en est très-puissant sur les spectateurs.

Aux Cmédiem ordmatres du roi.

La mort de mon camarade Lekain. si prompte,

siinaitendue, a dérangé ma pauvre téte... Nous avons été reçus le même jour... Demi-part, trofe-quarts de part, part ^

96 LB THÉATRE-P&âNÇAIS.

entière, tout nous a étt^ adjugé à jour pareil .... Sa perle m'apprend qu'il faut mettre une distanee entre ses occupalions et la mort, et tout ce qui se machine contre notre

état, qu'il faut quitter. Il aura du moins eu l'avaniage de ne point voir la destnict'on du plus beau ilcs théâtres. . . , Je ne suis point riche, pauvre même .... ie ne suis plus comédien, mais je suis à tous votre ami.

DE Belleoour.

Nous perdons un ancien camarade, un grand homme, peut-être un des plus grands tragédiens qui existera ja**

mais Il ne restera, d*un talent souvent sublime,

qu'une mémoire incertaine. . . . Victime de Fenvie, jouet

des gens sans goùi >'u proie am jonmaliates, voila le sort d'un grand acteur pendant sa yie : rien ne parie ponr lui après sa mort . . Les Grecs vont partager la dépouille d*Achille. Je n'ai rien à prétendre à la dépouille pécuniaire : mais ressouvenez-vous, je vous en prie,/)owr la loge, que je suis à un quatrième étage, que mou emploi est très-fatigant, et que ma santé n'est pas brillanie. Je me recommande à votre amitié et à mon bon droit.

DE MonvEL,

Ces regrets si profonds, qui hnisâent par um loge i

La mort de César et celle d'Alexandre-le-Grand n'ont pas

caus6, parmi leurs Capitaines, de plus vifs débats que le décès de Lekain entre les successeurs que laisse ce si regrettable tragédien pour le partage de ses rôles.— De mutuelles concessions y mettent enfin un terme.

Molé, chargé du Biieomn de déture^ y introduit Téloge de Voltaire présent au spectacle de cette soirée.

Digiti^ua Ly

LE TUIÎATRE-FKANÇAIS, 91

Décès de Voltaire,

El de Rousseau [Jean-Jacques ) né à Genève, en 1742.

Début, dans les Premiera rôles do comédie, de Malherbe (connu fort loDgtemps après, sous le nom de Bounault-des- Jeux).

Beaumarchais prend à (Ache ta fixation des droits des

auteurs dramatiques comparés à ceux dont jouissent les Comédiens frauçais.

Monvel s'empare de ia succession tragique de Letuiin.

Ses forces le contraignent bientôt à y renoncer.

Mort de Bellecour.

Molé est le Dùym des artistes dramatiques.

On accuse les Comédiens français de fticiliter, h leur pro-

fit, le (raiic des IhUoU pris à l'avaiice et distraits des bureaux. —Ces artistes établissent les preuves de ce qu'ils font jouraellemeiit pour s'y opposer. — Réparation leur est acquise.

La femme d'un Petit-neveu de Pierre Corneille se présente à la Comédie avec un enfant de 18 mois dans les bras, et sollicite la bienveillance des artistes en faveur de son

mari, âgé de 50 ans. ~ Larive se charge d'héberger celte ' famille à laquelle un Jîcné/icey houoré du triple concours du roi, des plus riches maisons de Paris et de l'Académie française, prqcure une somme de près de 6,400 livres*

« Les Comédiens aimeat leurs intérêts, mais ue les eu- «tendent point.»

Voltaire.

La Comédie avait député vers Jean-Jacques^ pour en obte-

LE THBATRE-FRANCillS

nir la permission Je iouev Fygwalion^ qui rfesl que furtivemeat imiuriaié. ^RoiisBeauraTait accordée en refusant la part d^aoteur ; mais on décide qu^elle le lui sera, nonobs-

iani , allouée , liau^ la persouue de sa veuve.

Ou joue Tancrède avec un spectacle iaaccoulumé. A miuituri Ut Comédiens français,

lixi passé tout mon hiver chez moi accablé de peiils maux et de chagrins, dont celui» de a*avoir pu rendre encore les slx^cent livres que je dois à la Comédie française^ n'était certainement pas le moindre Situation à laquelle je ne devais pas m'altendre. Je ne puis lixer le jour, où je pourrai remplir ce devoir sacré, qui m'occupe jour et nuit. Mats si je meurât avant de les payer, votre €k>médie

ne les perdra pas, je vous envoie mon AîMre fasîûem

les Parisiens qui ont eu tant de bonté pour moi, feront honneur, j'espère, à ma mémoire.

GoLDom.

ie soussigné légataire et lieritère de tous les biens et manuscrits de feu M. de Voltaire, mon oncle, cède et abandonne en toute propriété à messieurs les Comédiens fran*

çais tous les honoraires que je serais en droit de prétendre, soit pour le présent, soit pourravenir,des représentations despièees de feu mon oncle,

Denis.

Molù CL Moiivul se réconcilient devant le Public, au bruit des applaudissements que soulève la première représentation de P Amant b&mu^

Monsieur Desessart, vous faites h merveille le rôle

du Commandeur, dane le Père de famille ..... Dites au

Digiti^uG Ly

Comité que mon ouvrage ne m*a jamais rien rendu, et que si Ton veut m*acGorder une. marque de reeonnaissance à

laquelle je serai tcès -sensible, on le reprendra pour vou.s. J'espère que mon cher tilsMolé ei le bon firizard voudront bien s'employer en votre faveur. Quoique vous soyex un fort méchant homme sur la scène, vous êtes un fort galant homme dans la' société.

DfDBaOT.

Mademoiselle Sainvai l'aînée se retire.

Vanbove est admis parmi les Sociétaires, Mort de mademoiselle Dubois.

Début de Grammont, dans les Premiers rôles tragiques.

Continuaiion du devoir que s'est imposé Beaumarchais pour améliorer ia condition des auteurs.

Ces débats prennent tout le caractère d'une lutte.

Les dangers d'une eoncarrence passés, l'animation des ' dames Vestris et Sainvai Vainée reprend avec de nouvelles forces. — Celle fois tout le théâtre s'en mêle. — La première de ces rivales a pour elle, Brizard» Préville, Larive etDugazon; la seconde, Molé, Fleury, Monvel et Dazineourt.

Eu lin de compte, mademoiselle Samvai, rayée du lubie au, est en outre, reléguée à la distance de trente lieues de Paris, et va jouer en province.

La cadette refuse d'abord son service ; puis rentre avec solennité, évanouissement compris*

Les accusations plus que sérieuses, dont est poursuivie, en son absence, mademoiselle Sainvai rafnée, la déterminent à intenter un procès criminel à madame Vestris.

On relire, sans savoir comment, et on rend sans savoir

Digiii

i 00 L£ THLAiilE'FMNgAiS.

pourquoi à la Comédie-lialienue, rautorisaiion de jouer

des pièces fiançaises.

Déjà, depuisr longtemps, Beaumarchais parle à Holé et à Desessarts de son Mariage de Figaro, et sollicite leur pro-

tection en faveur de cet ouvrage contre lequel il pressent de nombreux obstacles. — Ces deux messieurs la lui refusent tout net.

« Il est à LlL'vsirer que l'olVre d'un rôle en prose ne boil pas regardé à la Comédie» comme une insulte faite à un acteur envers.

Beaumarchais, j»

On joue Gratis, en célébration de la naissance de Ma* dame, fille du roi. — Comparses, Forts de la balle, Char-^ bonnîers et Poissardes se mêlent aux danses et aux chants

sur le théâtre. — Ce sont les Comédiens qui versent à boire.

Dauberval se retire On ignore l'époque précise de sou

décès.

Un Arrêt du Conseil supprime Tusage d'afficher dans les deux foyers» le Tableau des pièces regues^ et dit que ces ouvrages seront soumis ft une nouvelle lecture.

Décès de Dorât, rauteur. né h Paris en 1734.

Dunanl débute dans les Jeunes preniiers des deux genres.

Les dames commencent à se montrer à rOrchestre.

LE THËATRE-FRANÇAIS. 101

Rettaiie de mailemoiselle Hus.

Mademoiselle Olivier débute dans les Ammrmuei,

CHUTE WÉJn m M#WITigli

Par Arrêt du Conseil d Etat, le roî lixe à ity\m livres ^^oui les représeoiaiions d'hiver et à 1,800 livres ^ pour les représeaiatioQS d'été) , les sommes mhdessmu desquelles les pièces seront désormais tombées dans les règles, et appartiendront aux Comédiens,

Beaumarebais voir» de la sorte» une partie de ses travaux s^acbeminer un peu vers le succès. ^ Il y a maintenant tout

lieu d'espérer qu'il y pourra piii veiiir.

On revient, sans résultat, au besoin de rendre plus convenables les rétributions des écrivains dramatiques.

« L'auteur modeste et lier qui s*en tient au fruit de ses œuvres, est sûr de conserver la liberté d'esprit» l'indépendance et la bauteur de sentiments si nécessaire à Thomme

qui se consacre au théâtre.

• BEAtMAHCUAIS,

«... Les comédiens!... qu'ils aillent» s'ils le veulent, au Conseil porter leurs remarques I Ils sont indociles, arrogants» durs» malbonnétes, et je ne veux plus les écouter.

Le mui échal de Dcras. »

Le For-l'Evéque cesse d'être une Prison d'Ëtat. Molé, qui est très-^lié avec M. Greuze» vient raconter h ses camarades un fait des plus intéressants. —L*babile artiste,

dont le caiaclcre doux et timide ne s'acconnnoclc pas des petites discussions intestines, ne se plaint jamais des négligences commises dans sa maison. Il en fait le sujet d'une

101 LE ïaÈATRË-FIiÀiNgÂlS.

esquisse improvisée, soil au orayou, au pastel ou à l'huile,

selon rimporla.ice du cas, et le place •sous les yeux des délinquaiils — G'c>L de cette manière qu'il vient d'odiaoïiester sa servante pour avoir oublié un balai dans le salon. — Le croquis représeote cet intrus menaçant un magnifique cabaret dont les tasses précieuses commencent à perdre leur équdibre, taudis que la douieslique, endormie tout auprès, laisse échapper de sa main le terrible dévastateur. — Mole assure que la vue de cette scèue si simple cause une trèsvive émotion, — Quant au grand peintre» il s*amuse comme un enfant, de ces curieuses réprimandes, sans y attacher le moindiu [*i i\, cL qui seroni peut-être un jour, achetées aussi cher que :>es meilleurs tableaux.

mi. .

Mademoiselle Joiy, danseuse dans les Divertissements du Théâtre-Français depuis dix ans, débute dans les Soubrettes. Décès de mademoiselle de la Traverse.

Retraite de mademoiselle Luzy. •

Second début de mademoiselle Tliénard.

Ëile est reçue dans le courant de Tannée.

Molière entre h TAcadémie Française, supérieuremeut sculpté en marbre, par Houdon.

L'autour du Alanuge de Figaro s'épuise en vaiub eiVorts pour parvenir à lii'e cetle [)ièce aux Comédiens.

H invoque eu même temps un exercice plus équitable du droit qu*ont les auteurs de foire reprendre leurs ouvrages.

Il écrit : « H vaut mieux, selon moi, qu*un homme de « lettres vive iionnètcmeni du fruit avoué de ses ou vi âges « que de courir après des places qu'il peut meudier longue temps sans les arracher. »

LB i;HÉàm-FKANr.A]S. 103

Le conseil suivant U6 lui inspire à lui même aucune crainte par rapport à la suseeptibtlité d*amour propre chez les acteurs :

« Je prie mon nmi Préville de soutenir un peu son oigane « en jouant, si cela lui est possible. On perd beaucoup du « 1:61e de Figaro. » *

Molé joue brillamment le rôle de Nieomède.

Dans Le Médecin malgré M, madame Préville l eprésente la femme de Sganarelle) et mademoiselle Kaucourt, la uour- . riee.

Ifonvel quitte forcément la France.

Le Théâtre-Français fête, avec une grande chaleur, la naissance du IXauphin, fils de louis XVI.

Mort de Saurint l'auteur tragique et comique, né à Paris en née.

La lecture 'que je demande ne distraira pas longtemps les Comédiens de leurs aflliires ou de leurs plais^,

Haathë.

Ma représentation reculée n*empécbe pas que Ten*

gagement de la Comédie ne soit réel. Un nouvel Edit vient aussi d'annuler les dettes contractées an jeu , mais il ne défend pas aux honnêtes gens de les acquitter.

deSauvigny.

11 y a bientôt trois ans que mon ouvrage a paru pour la première fois, et je n'ai pas encore pu obtenir les dix-

huit représentations où je conserverai ma pari d'auteur

La Gomédie n'a point tenu ses engagements.

Lartier.

Digiii

m LË TUEATUË-FfiANÇAlS.

Pour nVaccomnioder aux Règlements sur le droit de nommer deux acteurs à la lecture de mon nouvel ouvrage ( le Mariage de Figaro) je prie mademoiselle Doligny et monsieur Fleury de vouloir bien être mes patrons.

Beaumarchais.

Toute pièce qui n'aura pas, en liiyer, douze représentations au-dessus de 2,300 livres, i^ecette totale^ et. en été, dix représentations au-dessus de 1,800 livres, ne donnera

pas droit à son auteur de demander une reprise.

Les procédés de la Comédie, à mon égard, depuis plus de trente ans, ne se sont pas démentis... Les ûl)stacles de tout

genres que j'ai toujours rencontrés chez vous D'après

ces dégoûts imultlpliés^ j*ose*espérer, messieurs, que vous voudrez bien que je prenne enfin congé de la Comédie, en vous assurant que j*ai Thonneur d'être, en bon et franc Picard, c'esl-à-dire un peu moins que je ne voudrais, messieurs, votre très-bumbie et très-obéissant serviteur,

BE LA Place.

Rotraiie d'Auger.

Fleury renonce à la tragédie.

Molé ne tarde pas à l'imiter.

Si la lutte n*est pas encore possible entre ces deux artistes, dont le plus ancien jouit d'uv.c laveur publique: immense, du moins commencera-l-elle son œuvre de justice au déclin du ta iomphateur, et la Comédie-Française possédera un jour le talent le plus élégant, le plus spirituel, le plus) fin, le plus soutenu de tous ceux dont cette époque aura le dioii de s'énor^utMllir.

LE THÉÂTRE-FRANÇAIS. m

Marie-Auloiaelle lémoignc le ûésiv que mademoiselle Montanaier, absente de la scène provinciale depuis quinze ans, et malgré son accent espagnol qui Ta empêchée de débuter h Paris, reniplisse à Versailles le rôle de Lucciie, ia -feinte Languedocienne, dans Pourcemgmc.

Après avoir résolument cédé à celte invitation, l'actrice rééditée va disant à tous ses amis :

< Jb iCai jamais mmw parlé que pendant cette soirée, »

Mademoiselle Olivier est reçue Sociétaire»

HOUTEAU CHANGXHSIÎT »S MBUGXU.

Le théâtre se transporte à la salle élevée sur remplacement qtt*à ocoupé r Hôtel de Condé. et qui se nomme COdéan.

C'est Louis XVI qui a fait bâtir cette salle, en se réservant à perpétuité, tant pour lui que pour ses Successeurs- Bmsy la propriété de L'édifice et de tous ceui qui en dépendent.

11 en a concédé seulement la jouissance aux Comédiens

français.

La dépense de celte érection s'élève à a,150«ûoo livres.

C'est là que l'on cesse d*étre debout au Parterre.

La Reine, mad mie E^lisabetb, Monsieur^ Mada/iMy le Comte ei la Comtesse d'Artois assistent à la représentation d'ouverture.

Le Grand-Duc et la Grande^Duchesse de Russie honorent deux fois la Comédie française de leur présence. [Cointe et Comtesse du Nord,) ~ Devenu Paul 1®'.

Saint-Pbal débute dans les Jeunes premiers eiPremief*s râles de tragédie et de comédie.

Saint-Prix* débute dans les Premiers rôles tragiques ,

DigiiL

106 LE THËMRE-FRANÇAIS.

Et Lai'ocheile ùnim ie6 Comiques»

Grande eifervescetice publique au sujet de la reprise des PMtosophes^ où l'on voit Grispin marcher à quatre pattes et manger une laitue.

Palissot, accusé de toutes parts au nom du plus simple respect humain, se défend d^avoir voulu faire allusion à la personne de Jean Jacques Rousseau.

Cet abominable jeu de scène est supprimé.

Dugazon se livre k la plus ébourif^inte de ses ordinaires

pasquinades, ~ Sur le tliéàtre, caché par la toile de fond, et pendant que Grammont joue Tancrède, il pratique à ce rideau une ouverture par laquelle il montre au public son visage exécutant les grimaces les plus extravagantes. — La surprise, les rires, les sifflets, les huées dont le pauvre tragédien se croit la cause, le déroutent au dernier point; et, tant les suites de celte aventure, que d'autres sujets à lui particuliers, le déterminent à prendre une première fois sa retraite.

Le général Ronsin fatigue longuement la patience des Co- .méiiiens français, et la complaisance des auteurs dont il sollicite les tmrs^ au sujet de ses nombreuses tragédies iné dites.

J'aî toujours pensé, monsieufi que dans un homme de lettres, le caractère devait surpasser les talents Le plaisir de vous obliger m'a déterminé à Tinstant» Vous pouvez

user du tour de Gabrielle iV Angleterre*

M. J. Chénisr.

Le Régisseur d'un spectacle secondaire, le nommé Fior-

LETliÉATRt:-FHAN<;AlS. 107

ville rorme la demande d'un Thédir^-acoie de déciamtUUmf UQîquemeDt consacré aux baeoiiis delà Comédie-Française.

— On eu reste là.

Décès de mademoiseUe QuiuauU la jeune,

La Paix signée avec 1* Angleterre est annoncée aux spectateurs à la première représentation du Mm Léar, et produit de grandes marques de joie, accompagnées d*impro-

vlsations lynquessur la scène.

Décès d*Auger et de Bouret non retiré.

Dunaiu est reçu Peth^ionnaire.

Retraite de mademoiselle Doiigny.

Décès de Golié. Tauteur, né à Paris en f 709. Mademoiselle Joly est Sociétaire,

Jusqu'ici, les Farts eiUiéres ne se sont élevées, année commune, qu*à 12,000 livres; mais quatorze pièces nouvelles et huit reprises les font monter h 2«,000 livres; tcrùce ausbi a la joie qu'éprouve le Public tic rinstallaliou du lliéâtre au Faubourg Saint-Germain. — Cest en ce moment l'cntrepriss dramatique la plus recherchée, malgré toute Tactivîté des autres.

La salle repousse Grammont dans Orosmane, oii Ton s'attend à voir Larive. — Bruit. ^ Florence Ikit quatre annonces, et c'est Dérivai qui joue le rôle. — [Vairàl'année 179t.)

Dumanianl, acteur en province^ adresse aux Comédiens une épitre, dont la réponse indique le sujet.

m liL lilLAl KE-FRANÇAlS.

« Monsieur, voire leiire est aussi charmante que votre aventure est désagréable. Nous ne concevons pas comment un magistrat (le Procureur-général de Douai), a pu se formaliser de voir le MuiiJoi des Fausses infidéUtés vêtu en Robin. C'est sous ce costume qu'il se joue à Paris et à la- Cour depuis plus de huit ans. C'était bien sous celui de financier Quli se jouait dans la nouveauté de la pièce, mais on a jugé que le caractère du rôle n'allait pas si bien à la rondeur du linancier qu'à la prétention de riîomme de robe. Nous souhaitons bien siucèremeut que le témoignage que nous rendons k la vérité puisse vous consoler de votre dis* grâce. »

Dumaniant a passé une nuit en prison et payé l'amende.

De la Harpe se plaint à M. de Duras du droit que s'arrogent les journalistes en donnant aussitôt Tanalyse des pièces représentées.— 11 demande qu'ils ne puissent rendre compte des sujets que lorsque ces ouvrages seront imprimés. — Ordre d»i<m.

On fait d'heureux changements à l'intérieur de la salle,

Décès de Diderot.— Il expire à table, en disant à sa

femme : « Il y a longtemps que je n'ai mangé avec aulaui de plaisir. »

MortdeGrandval.

Dazincourt arrive à Part-entiire*

Saiul-Uhal est admis dans la .S'om'/f?.

LE Tfi£ÀTli£.FBANÇAlS. • m

Sailli-Prix également.

La première représenuuion du CorioUm do tic l.a Har^je, se donne au bénétice des pauvres. — On en plaisante la chanté.

Le talent de MadcMnoiselU; Contai entre dans une phase nouvelle par l'établissement du rôle de Suzanne dans le Mariage de Figaro,

L*e£fet de celte pièce est comme une révolution. .

Quoiqu'il y ait plus de 60 ans de la mort ciu duc de Ifarlborough, en Angleterre, Beaumarchais introduit dans cet ouvrage une réminiscence musicale de la etmplmnle en

2i couplets, elTrontémeni saugrenue et répandue partout à cette époque. — Ce n'est ptus :

Beau Page, mon beau page Qu'eir nouvelle apportez ?

Aux nouvell' que j'apporte Vos beaoz yeux voot piorer, Qoittez vos habits rose»

Et VM satins brochas.

Monsieur d* Malbroiik est mort Est mort et enterré

Laeérémonie Gtaaeun s'en fut eoneber Les uns avee leurs femmes £t les autres tout seuls.

Le Page ei?t, a présent, un Chéruùin pleuianl sui ^a Marraine.

iiO m THÊàTfilirF&ANCAiS.

Que sou caufy que son cœur u da petue l

et la dame, une pereoiine qui glisse assez clairement sar

la peiue ûe i'iDtidélité conjugale.

Dvhui de Naudet dans les liais el les Pères.

H de Uoneuiile, dans les Premiers rôles tragiques.

La querelle se ranime plus ardente que jamais, entre

les dames Vestris et Sainval cadette, — Lue aniiistiee de plus de cinq années n'a pas atliédi leur resseii liment. Mais le Public n'y prend plus le même intérêt, et nous nV vons rieiï de mieux à foire que d'imiter son exemple. Mort de Dalinval.

Beaumarchais échoue dans sa tentative pour lelahlissemeutd'un DrcU (Taulem^ résultat des pièces représentées sur les théâtres de la Province.

Dugazon*compose et cbante sur la scène, un couplet en honneur du Roi et de la Beine.

Début de mademoiselle Ëmilie Contât, dans les Soubreliei, On célèbre la Cenlenaire de Pierre Corneille. Décès de Lefranc-de-Pompignan , né k Montauban, en i7oa.

Eclairée par un lustre de rinveution de Lange et de Qttinquet» la salle produit un eifet tout nouveau.

La cinquantième représentation du Mariage de Figaro reçoit de Beaumarchais une destination fort honorable. — A ce sujet, Tauteur dit aux Comédiens :

« Annonçons que nous recevrons ce que les spectateurs

Digili^uG by

LE THIiATHE-FKAiN^AlS. lit

«voudront bien ajouter au prix rigoureux de leurs « places. »

A Momieur de Jieaumar chais. « Monsieur,

«Vous n'avez pa.^ pu douter que nous n'nrcoplassions « avec un grand plaisir le projei de cootnbucr a un acte « de bienfaisance. En conséquence, le produit de la cina quantième représentation du Mariage de Figaro sera cveisc dans la caisse que vous du^jUiiez au soulagcmeiiL « des mères qui nourrissent.

« Nous avons Thonneur, etc. ,

B FtoaENCE et dazincourt, Semainiers.

21 septembre 1784.

« Recette : 6,397 livres, deux sous. — Sii/né : Vanhove. »

A la solicitation de M. deHaleslierbes, Louis XVi accorde sur sa cassette une pension de cent écus à une Ârrière-

petite-iille de Corneille.

Champville, neveu de Préville, débute dans les Seconds emiqm*

Décès dé Bartbe, Tauteur, né à Marseille, en 47S4.

Beaumarchais écrit aux Comédiens :

«. . . Il a été réglé entra nous que Ton retirerait leMariafie ide Fiyaiv lorsqu'il toriibeiajt à mille écus. J'ai^jucuuls

qu'il est tombe, vendredi, à beaucoup moins, (iueltc qu'eu « soit la raison^ je vous supplie de vouloir bien femter

'Uî LE THÉATRE-FRANÇAIS.

« notre boutique . . . Quand une pièce devieai un Bouche-trou, « le public eease d^eo fàtre cas. »

Mademoiselle Devienne tlébuie clans les Soubrettes , Et mademoiselle Candcille dauô les Grandes princesses. Début de mademoiselle Vanhove» âgée de 14 ans et demi. A ce vers, elle reçoit une application flatteuse pour Iphigénie el pour Agamemnon :

Qutil bonheur de me voir liUc d'uu tel pere !

Beaumarchais, qui sort de Sainl-Lazare, va voir débuter mademoiselle Vanhove, et lui prédit uu bel avenir.

Décès de Rousseau {Fierre) , Tauteur,' né à Toulouse vers 1725.

Début de mademoiselle Simon, dans les Jeunes premières.

On propose de célébrer annuellement la mort de nos grande écrivains dramatiques en ne composant les repré-

seniaiion5 que de leurs ouvrages.

Aux Comédiens françm.

l'ai tait ce que j'ai pu pour rendre ma comédie des

Amours de Bmjard, digne des spectateurs qui la jugeront et

des acteurs qui voudront bien lui prêter le charme et la séduction de leurs talents. Si j'échoue, je ne m'en prendrai qu'à ma faiblesse» si j'ai le bonheur de réussir, je dirai : ils m*ont servi en camarade , en ami, ils m*ont soutenu.

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