La Clef de la Thèosophie, p
LB TaÉOSOPHISME. I 2
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principale différence, somme toute, c'est qu'une terminologie chrétienne remplace ici la terminologie orientale, et que le Bouddhisme s'y trouve relégué au second plan, tout en étant regardé comme le complément ou plutôt comme la préparation indispensable du Christianisme ; il y a sur ce sujet un passage trop curieux pour que nous ne le citions pas : (' Bouddha et Jésus sont nécessaires l'un à l'autre ; et, dans l'ensemble du système ainsi complété, Bouddha est le mental, et Jésus est le cœur ; Bouddha est le général, Jésus est le particulier ; Bouddha est le frère de l'univers, Jésus est le frère des hommes ; Bouddha est la philosophie, Jésus est la religion ; Bouddha est la circonférence, Jésus est le centre ; Bouddha est le système, Jésus est le point de radiation ; Bouddha est la manifestation, Jésus est l'esprit ; en un mot, Bouddha est 1' « Homme » (l'intelligence), Jésus est la « Femme » (l'intuition)... Personne ne peut être proprement chrétien s'il n'est aussi, et d'abord, bouddhiste. Ainsi, les deux religions constituent, respectivement, l'extérieur et l'intérieur du même Evangile, la fondation étant dans le Bouddhisme (ce terme comprenant le Py thagorisme) ' , et l'illumination dans le Christianisme. Et, de même que le Bouddhisme est incomplet sans leChristianisme, de même le Christianisme est inintelligible sans le Bouddhisme » -. Anna Kingsford assure même que l'Evangile affirme cette relation dans le récit de la Transfiguration, où Moïse et Elie représenteraient Bouddha et Pythagore. comme étant leurs (( correspondants hébraïques » ^ : singulière interprétation, mais qui n'est pas plus étonnante que ce qu'on trouve quelques pages plus loin, où l'auteur prétend, sur la foi d'étymologies fantaisistes, qu'Abraham représente les « mystères indiens », Isaac les « mystères égyptiens » et Jacob les «mystères grecs » *! Malgré tout, pour Anna Kingsford, le
1. On peut douter que celte assimilation soit bien justifiable.