The Perfect Way, p
LE CHRISTIANISME ESOïERIQUE I77
tianisme y sont interprétés est très particulière : on y veut surtout rendre le Chrislianisme indépendant de toute considération historique ^, de sorte que, quand il y est parlé du Christ, c'est dans un sens « mystique », et parla il faut entendre qu'il s'agit toujours uniquement d'un principe intérieur que chacun doit s'efforcer de découvrir et de développer en soi-même. Or M"^ Blavatsky donne aussi parfois le nom de Christos, soit à l'un des principes supérieurs de l'homme, sur le rang duquel elle varie d'ailleurs, soit à « la réunion des trois principes supérieurs en une Trinité qui représente le Saint-Esprit, le Père et le Fils, puisqu'elle est l'expression de l'esprit abstrait, de l'esprit différencié et de l'esprit incarné « ^. Nous sommes ici en pleine confusion, mais ce qu'il faut retenir, c'est que, pour M™* Blavatsky comme pour Anna Kingsford, les « Christs » sont des êtres qui sont parvenus à développer en eux certains principes supérieurs, existant chez tout homme à l'état latent ; et Anna Kingsford ajoute même qu'ils ne se distinguent des autres « Adeptes » qu'en ce que, à la connaissance et aux pouvoirs qu'ontceux-ci,ilsjoignentunprofond amour de l'humanité^. M"** Blavatsky dit à peu près la même chose, en somme, quand elle enseigne que « le C/irjstosestl'étatde Bouddha » * ; là-dessus encore, il n'y a pas un parfait accord entre les théosophistes, et ceux d'aujourd'hui pensent plutôt, comme nous le verrons, que c'est l'état immédiatement inférieur, celui du « Bodhisattwa ». L'antichristianisme de M™* Blavatsky, qui concernait surtout le Christianisme « orthodoxe » et soi-disant judaïsé, ne devait donc pas répugner outre mesure à la conception d'un « Christianisme ésotérique » comme celui-là, où l'on retrouve du reste un « syncrétisme » assez pareil au sien et presque aussi incohérent, bien que la confusion y soit peut-être moins inextricable. La
I. The Perfecl Way, pp. 25-26 et 328. 3. La Clef de la Tltéosophie, pp. 9G-97.