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divers côtés, et, dans l'Inde surtout, certains bruits fâcheux commençaient à courir ; à ce propos, nous pensons qu'il est nécessaire de démentir de la façon la plus formelle la légende inepte d'après laquelle, dans l'Inde précisément, des foules entières se seraient prosternées devant Krishnamurti. Assurément, on s'explique sans peine que cette légende ait été propagée par les théosophistes, afin de rehausser le prestige de leur futur Messie ; mais ce que nous comprenons beaucoup moins, c'est que quelques-uns de leurs adversaires aient jugé bon de se faire l'écho de semblables énormités ; on ne peut employer un autre mot quand on sait comment le théosophisme est apprécié par les Hindous ^. Dès le début de 191 1, le D*" M. C. Nanjunda Rao, professeur à l'Ecole de médecine de Madras, que les théosophistes accusèrent par la suite d'avoir inspiré toute la campagne menée contre eux, écrivait dans YArya-Bâla Samâj Magazine, de Mysore : « Les agissements actuels des théosophistes constituent une sévère condamnation des méthodes adoptées pour glorifier ce jeune Krishnamurti (Alcyone) comme un second Christ qui vient sauver l'humanité affligée. » Disons, pour ceux que pourraient tromper certaines similitudes de titres, que YArya-Bâla Samâj, dont l'organe publia ces lignes, ne doit pas être confondu aved'^rja Samâj, dont il a été question plus haut, non plus qu'avec une autre organisation appelée Ârya-Bâla Bodhinî, qui ne fut qu'une des nombreuses créations de la Société Théosophique -. Cette Arya-Bâla Bodhinî est ou était (car nous ne savons si elle existe encore, et, en tout cas, elle ne dut jamais avoir un bien grand succès), une « Association de jeunes gens hindous », un peu trop analogue, par certains côtés, aux (K \. M. C. A. » ou «Associations chrétiennes de
I. Autre légende : des gens (jui ne connaissent pas le costume hindou se sont imaginé que la façon dont Alcyone était habillé était destinée à rappeler le type traditionnel du Christ ; cette histoire est certainement beaucoup moins invraisemblable qiie l'autre, mais, en fait, elle n'est pas vraie non plus.
a. Lo/ui B/eu, 27 avril iSgS,
LES TUmULATIONS D ALCYONE 20;
jeunes gens » que le Protestantisme anglo-américain s'efforce de répandre en tous pays, et où son esprit de prosélytisme se dissimule sous le masque d'une apparente neutralité.
D'autre part, en 191 1 également, le D"" J. M. Nair avait déjà publié dans un organe médical, VAiitiseplic, un article extrêmement mordant contre le théosopliisme, et il n'avait pas hésité à y accuser nettement M. Leadbeater d'immoralité ; cet article, intitulé Psychopalhia sexiialis chez un Mahatma, fut réimprimé en brochure, puis reproduit par le grand journal quotidien Hindu. A la suite de ces attaques, et après un certain temps de réflexion, trois procès furent engagés, en décembre 191 2, contre le D"" Nair, le D"" Rama Raoet l'éditeur du Hindu ; tous les trois furent perdus par la Société et sa présidente, qui prétendaient qu'on avait tort de les rendre responsables des théories do Leadbeater, attendu que cellesci n'avaient jamais eu qu'un caractère purement privé et personnel. En se préparant ainsi à désavouer de nouveau Leadbeater, devenu trop compromettant, M™*^ Besant oubliait qu'elle avait écrit : « Une nuit que j'allais à la demeure du Maître, M"^^ Blavatsky m'a fait savoir que la défense de Leadbeater doit être entreprise contre les exagérations dont on l'accuse » ^, et que, quelque temps après, elle avait même dit : « Je dois rester ou tomber avec lui » ; c'est ce que ses adversaires surent lui rappeler fort à propos, et, si M'""^ Besant y perdit ses procès, Leadbeater y gagna sans doute de n'être pas exclu une seconde fois de la Société. Mais le scandale fut grand, malgré les efforts parfois maladroits des amis dévoués de la présidente : c'est alors que M. Arundale, principal du « Central Hindu Collège » de Bénarès, écrivit la lettre confidentielle, d'un servilisme idolâtrique à l'égard de M"^ Besant, dont nous avons parlé ailleurs ; cette lettre ayant été révélée par le Leader d'Allahabad, un certain nombre de professeurs du collège, qui faisaient auprès de leurs élèves une propagande théosophiste