Ibid., p. tx
h. Précisons pourtant qu'il ne s'agit ici ni de spiritisme ni de médiumnité, oir quelques-uns, comme M. Kuentz. ont fait cette confusion entre des choses qui sont réellement fortjdistinctes.
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non pas la propagation d'une foi quelconque ; aussi toute propagande religieuse sort-elle de ses attributions » i. Assurément, cela n'est que logique de la part de gens qui ont précisément reproché à M^^^Besant d'avoir forfait aux principes théosophiques en se livrant à une « propagande religieuse » ; mais ce qu'il faut tout particulièrement noter à cet égard, c'est qu'on aurait le plus grand tort de croire que les doctrines du D"" Steiner se présentent avec un caractère spécifiquement chrétien : « L'investigateur spirituel qui contemple les plus nobles créations du génie humain au cours de son développement, ou qui approfondit les conceptions philosophiques ou les dogmes de tous les peuples et de tous les temps, ne s'attachera pas à la valeur même de ces dogmes ou de ces idées ; il les considérera comme une expression de l'effort humain, tendu vers la solution des grands problèmes spirituels intéressant l'humanité. Aussi une désignation empruntée à une confession particulière ne saurait-elle énoncer le caractère fondamental de la Société. » Ainsi, les religions sont mises ici sur le même rang que les simples conceptions philosophiques et traitées comme des faits purement humains, ce qui est bien un point de vue « anthroposophique », ou même « anthropologique » ; mais poursuivons : « Si, par exemple, l'impulsion impriméeà l'évolutionhumaine par lapersonnalitédu Christ est étudiée au cours des investigations de la science spirituelle, cette étude ne procédera pas des données d'une confession religieuse. Le résultat obtenu pourra être accueilli par le croyant d'une confession quelconque, au même titre qu'un fidèle de la religion hindoue ou du Bouddhisme se familiariserait avec l'astronomie de Copernic, qui ne fait pas davantage partie de ses documents religieux. Cette impulsion attribuée au Christ est le résultat exclusif d'investigalions (s/c) ; elle est présentée de façon à pouvoir être admise par les croyants de toute religion, cl non pas seule-
I. Esquisse des principes d'une Sociélé Anlliroposophique, p. 3.
2l8 LE THÉOSOPHISME
ment par les fidèles chrétiens à l'exclusion des autres » ^. La comparaison avec l'astronomie de Copernic est vraiment une trouvaille admirable ; sans doute, il ne s'agit là que d'une exposition tout extérieure, où il n'est aucunement fait mention du Rosicrucianisme, et où, par une discrétion plutôt excessive, le nom de Steiner ne figure même pas, puisqu'on y dit seulement que la Société Anthroposophique a à sa tête un « Comité fondateur » composé du D'' Karl Unger, de M''^ Marie von Sivers et de M. Michel Bauer, et ayant son siège provisoire à Berlin. Pour connaître un peu le fond de la pensée de Steiner, c'est plutôt à ses ouvrages qu'il faut s'adresser, et l'on voit alors que, si sa doctrine peut, sous un certain aspect, être regardée comme une sorte de « Christianisme ésotérique », c'est encore dans un sens qui ne diffère pas très sensiblement de ce qu'on rencontre sous ce nom chez les autres théosophistes ; en voici un exemple: « Le disciple, par la force de son initiation, se trouve initié au mystère auguste qui est uni au nom du Christ. Le Christ se montre à lui comme le grand idéal terrestre. Lorsque Y intuition a ainsi reconnu le Christ dans le monde spirituel, le disciple comprend le fait historique qui s'est passé sur la terre au cours de la période gréco-latine, et comment le Grand Etre Solaire que nous appelons le Christ est alors intervenu dans l'évolution. C'est pour le disciple une expérience personnelle que la connaissance de ce fait » -. Ici, il n'est pas question du « Bodhisattwa », car la façade simili-orientale du théosophisme a disparu ; mais le « Grand Etre Solaire » dont il s'agit est vraisemblablement identique au Logos de notre système, tel que M"^^ Blavatsky le conçut d'après cequ'ellecrutcomprendre du néo-platonisme, et tel que le conçoivent encore ses successeurs^, qui en font le chef suprême des sept Lorjoï planétaires et, par eux, de « la hiérarchie des puissants Adeptes qui s'élève jusqu'à la
1. Esquisse des principes d'ane Société Anthroposophiqae, pp. 4-5.