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The Rosicracian Mysleries, pp. i3-i

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réunir, former des sociétés entre eux ou des associations plus libres, s'inspirant uniquement des conditions dictées parles circonstances de leur milieu. La Société Anthroposophique, dans ses visées réelles, n'est nullement une société au sens s'attachant d'habitude à ce mot ; le lien unissant les membres ne consiste pas en une organisation issue d'un règlement ou en tout autre cadre extérieur. » Il y a dans cette dernière phrase une idée qui pourrait être intéressante, d'autant plus que, effectivement, les vrais Rose-Croix n'ont jamais constitué de sociétés ; mais, si le mot de « société » est impropre, pourquoi donc s'en servir, et cela dans le titre même de l'organisation dont il s'agit ? « Seule, la culture de la science spirituelle au sens idéal consacré par l'exposé qui précède, confère au titre de membre sa physionomie intégrale et véritable. Ce titre, toutefois, entraîne certains droits comme, par exemple, l'accès de certains écrits de science spirituelle réservés aux seuls membres ^, et d'autres prérogatives de ce genre... Au point de vue extérieur, le lien de la Société Anthroposophique ne différera ainsi en rien de ce qu'Userait, par exemple, au sein d'une société anthropologique ou d'une autre similaire » -. Cela suppose évidemment qu'il existe, « au point de vue intérieur », un lien d'une autre nature, mais sur lequel on ne s'explique pas ; nous devons donc retrouver ici l'équivalent de la division de la Société Théosophique en (( section exotérique » et « section ésotérique ». En effet, les enseignements que l'on dit être réservés aux membres ne sont pas donnés à tous ceux-ci indistinctement, ou du moins ils ne le sont qu'en partie ; il y a, dans la Société Anthroposophique, uneautre organisation déjà formée antérieurement par Steiner, et qui en constitue maintenant le « cercle intérieur » ; cette organisation, sur laquelle aucune information n'est donnée publiquement,

I. Ce sont surtout les conférences de Steiner, qui forment un ensemble énorme : il y en avait déjà vingt et une séries en igi3.

a. Esquisse des principts d'une Société Anthroposophique, pp, 4-6,

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s'affirme rosicrucienne, et on y emploie, pour la réception des membres, des formes d'initiation tout à fait analogues à celles qui sont en usage dans la Maçonnerie i, trop analogues même, car il y a là encore une raison, parmi bien d'autres, de douter de l'authenticité de ce Rosi cru cianisme. INous ne pouvons que rappeler à ce propos ce que nous avons dit précédemment : la plupart des groupements actuels qui se parent de cette étiquette ne peuvent revendiquer qu'une filiation toute fantaisiste, ou, tout au plus, un simple rattachement théorique ; c'est là, si Ion veut, un Rosicrucianisme d'intention, mais nous ne pensons pas qu'on puisse y voir autre chose, à moins que l'on ne prétende que l'emploi de certains symboles, indépendamment de toute autre considération et même du sens qu'on y attache, est suffisant pour constituer un lien effectif-. Bien entendu, nous en dirons autant, à plus forte raison, pour ce qui est d'un rattachement supposé aux mystères antiques, dont il est fréquemment question dans les ouvrages de Steiner ^ ; nous verrons que l'idée de la « restauration des mystères » existe aussi chez M'^^ Besant et ses adhérents ; mais il ne peut s'agir en tout cela que d'essais de reconstitution pour lesquels on compte s'appuyer surtout sur 1' « intuition » ou sur la « clairvoyance », et qui, par suite, seront toujours extrêmement sujets à caution.

Quoi qu'il en soit, on peut maintenant voir comment, dans la Société Anthroposophique,la très large autonomiequi est promise aux divers groupes extérieurs ne compromet pas

1. On trouvera une description assez détaillée de l'initiation au premier degré dans la brochure du P. L. de Grandmaison intitulée La Nouvelle Théosophie, pp. 36-87. — Xous devons dire à cette occasion qu'il y a certains points sur lesquels il ne nous est pas possible d'accepter les conclusions formulées dans cette brochure, notamment en ce qui concerne les origines du Rosicrucianisme (pp. 22-34), ainsi que le rôle du théosophisme dans l'Inde.

2. Il est possible que Steiner, à ses débuts, ait appartenu à 1' « Illuminisme Rénové » de Léopold Engel, bien que nous ne puissions l'affirmer d'une façon absolue.

3. Voir Le Mystère chrétien et les Mystères antiques, traduetioa de l'ouvrage allemand intkulé Le Christianisme c»mmtfait mystique.

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l'unitû de direction : il suffira qu'il y ait, dans chacun de ces groupes, et même sans qu'ils soient nécessairement à leur tête, des «initiés » de l'organisation intérieure, qui se chargeront de transmettre, non pas précisément des ordres, mais plutôt des suggestions ; c'est généralement ainsi que les choses se passent dans les associations de ce genre. D'ailleurs, la Société Théosophique comprend aussi des sections ou des sociétés nationales qui possèdent l'autonomie administrative, et cela n'empêche pas la direction centrale d'exercer en fait un pouvoir presque absolu ; là aussi, c'est l'existence de la « section ésotérique », avec le serment d'obéissance qu'on fait prêter à ses membres, qui en fournit la possibilité. L'indépendance apparente est bien faite pour séduire ceux qui ne savent pas qu'elle n'est qu'illusoire, et c'est sans doute ce qui permit à la Société Anthroposophique de recueillir, dès son début, des adhésions plus ou moins nombreuses dans presque tous les pays ; elle en eut même quelques-unes en Angleterre, et elle en eut aussi en France, où nous nommerons seulement, comme ses représentants les plus connus, M. Edouard Schuré, dont nous avons eu déjà l'occasion de parler (et qui, après avoir quitté la Société Théosophique dès 1886, y était rentré en 1907), M. Eugène Lévy, M.^^ Alice Bellecroix et M. Jules Sauerw^ein, rédacteur au Matin et traducteur des ouvrages de Steiner.

D'un autre côté, Steiner voulut réaliser une idée très analogue à celle du monastère théosophique de Franz Hartmann: il lit construire à Dornach, près de Baie, un temple « où les fervents de la science de l'esprit pourraient s'assembler, s'instruire et s'édifier dans un lieu préparé pour eux ». La description en est trop curieuse pour que nous n'en reproduisions pas quelques extraits : « L'édifice reflète bien la doctrine exposée par M. Steiner dans un grand nombre d'ouvrages et de conférences. Deux vastes coupoles s'élèvent sur la colline dominant un cirque boisé, couronné de vieilles ruines... Une des coupoles, plus grande que l'autre.

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symbolise l'Univers avec ses harmonies et les stades successifs de son évolution. Comme le nombre sept est celui qui, en occultisme, représente le déroulement des choses dans le temps, cette coupole est supportée par sept immenses colonnes de chaque côté. Les colonnes sont en forme de pentagrammes, constituées par des triangles qui s'emboîtent les uns dans les autres. Au-dessus de chaque colonne, un chapiteau orné représente une des formes planétaires de notre monde... La petite coupole est, pour ainsi dire, engagée dans la grande dont elle est issue. Sous cette coupole règne le nombre douze, celui de l'espace. Douze colonnes symbolisent les douze influences zodiacales, qui descendent sur le « microcosme » ou monde de l'être humain, tandis que, tout autour de l'édifice, des vitraux, dessinés par M. Steiner lui-même, peignent sous des couleurs sensibles les étapes du progrès de l'âme... M. Rudolf Steiner pense qu'un édifice où l'on doit étudier les forces de là nature doit, dans toutes ses parties, exprimer l'effort incessant, la métamorphose constante qui marquentle progrès de l'Univers » ^. Pour subvenir aux frais de la construction, qui devaient s'élever à trois millions, il avait été constitué une association immobilière appelée « Société de Saint- Jean » (^Johaniiesbau-Verein), par allusion aux anciennes confréries de Maçons opéralifs. Le temple devait être achevé vers la fin de 191 4, mais la guerre eut pour effet d'interrompre les travaux ou tout au moins de les retarder, et ce n'est qu'en 1920, croyons-nous, que l'édifice put enfin être inauguré ; il contient, entre autres choses, un théâtre où l'on doit jouer les « drames ésotériques » de MM. Steiner et Schuré -. Ajoutons que le D'" Steiner exerce une influence de plus en plus

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