Lettre du 22 juin
3. Nous lisons aussi dans le Lotus Bien du 7 novembre 1890 que la « Loge Blavatsky », de Londres, recommandait la lecture de traductions anglaises de plusieurs ouvrages de cet auteur ; il est vrai que, dans le numéro suivant, une « note rectificative » déclara que la publication de ces traductions avait été simplement « annoncée » par le Lucifer.
LES SOURCES OES OUVRAGES DE M™« BLAVATSKY qS
des variations de style qui se remarquent dans ces ouvrages, et que les théosophistes rapportent à des passages dictés par des « Maîtres » différents. On a même raconté, à ce propos, que M™'' Blavatsky trouvait parfois à son réveil vingt ou trente pages d'une écriture différente de la sienne, faisant suite à ce qu'elle avait rédigé la veille ; nous ne contestons d'ailleurs pas ce fait en lui-même, car il est parfaitement possible qu'elle ait été somnambule et qu'elle ait réellement écrit pendant la nuit ce qu'elle trouvait ainsi le lendemain ; les cas de ce genre sont même assez communs pour qu'il n'y ait pas lieu de s'en émerveiller. Du reste, somnambulisme naturel et médiumnité vont assez souvent ensemble, et nous avons déjà expliqué que les fraudes dûment constatées de M""® Blavatsky ne devaient pas forcément lui faire dealer toute faculté médiumnique ; nous pouvons donc admettre qu'elle joua parfois le rôle de a médium écrivain », mais, comme il arrive le plus souvent en pareille occurrence, ce qu'elle écrivait alors n'était en somme que le reflet de ses propres pensées et de celles de son entourage.
Pour cequiest de la provenance des livres dont M"^^ Blavatsky se servit à New- York, et dont certains pouvaient être assez difficiles à trouver, nous savons par xM""^ Emma Hardinge-Britten, ancien membre de la première Société Théosophique, et aussi membre de la H. B. of L.^ que, « avec l'argent de la Société, M-"" Blavatsky acheta et garda, en sa qualité de bibliothécaire, beaucoup de livres rares dont le contenu a paru dsius Isis Dévoilée » -. D'autre part, nous avons vu qu'elle hérita de la bibliothèque du baron de Palmes, et que cette bibliothèque contenait en particulier des manuscrits qui eurent le même usage, comme l'a dit le D"^ Gowes,etqui partagèrent avec les lettres du Swamî DayânandaSaraswatî l'honneur d'être transformés ultérieure-
I. Certains la regardent comme l'auteur des ouvrages anonymes intitules Art Magic et Ghoslland, qui se rattachent aux théories de cette école, a. Lettre au journal L/^/i^, de Londres, g décembre iSgS.
ment en communications des « Mahâtmâs ». Enfin, M™' Blavatsky avaitpu trouver divers renseignements dans les papiers de Felt, et dans les livres dont celui-ci se servait pour préparer ses conférences sur la magie et la « kabbale égyptienne», et qu'il lui laissa lorsqu'il disparut ; c'est à Felt que semble être due la première idée de la théorie des « élémentals », qu'il attribuait assez gratuitement aux anciens Egyptiens ^ . Quant aux doctrines proprement orientales, M™^ Blavatsky n'a connu du Brahmanisme et même du Bouddhisme que ce que tout le monde peut en connaître, et encore n'y a-t-elle pas compris grand'chose, comme le prouvent les théories qu'elle leur prête, et aussi les contresens qu'elle commet à chaque instant dans l'emploi des termes sanscrits. Du reste, M. Leadbeater a reconnu formellement qu'«elle ignorait le sanscrit ». et que « l'arabe semble être la seule langue orientale qu'elle ait connue « (sans doute l'avait-elle appris pendant son séjour en Egypte)-; et il attribue à cette ignorance du sanscrit la plupart des difficultés de la terminologie théosophique, difficultés telles qu'elles ont déterminé M™^ Besant à remplacer par des équivalents anglais la plupart des termes d'origine orientale-^. Ceux-ci étaient pris bien souventdansun sens qu'ils n'ont jamais eu en réalité; nous en avons vu un exemple pour le mot « Mahatma », qui a été remplacé par « Adepte », et nous en trouverons un autre pour le mot « karma », qui a cependant été conservé. Quelquefois, M""^ Blavalsky forgeait des mots qui ne peuvent exister en sanscrit sous la forme qu'elle leur donne, comme « Fohat », qui semble bien n'être qu'une corruption de « Mahat » ; d'autres fois encore, elle en fabriquait avec des éléments empruntés à des langues orientales différentes : on rencontre ainsi des composés moitié sanscrits et moitié thibétains ou mongols, comme a dêvachan », au lieu du