‹ Le théosophismeChapitre 54 sur 163 · Cf Old Diary Leaves, par Olcott · texte numérisé non relu

Cf Old Diary Leaves, par Olcott

2. L'Oecaltisme dans la Nature, p. 4o4. ,3. Ibid., pp. a22 et 363.

LES SOl'RCES DES OUVBAGES DE M™^ BLAVATSKY qS

sanscrit « dêva-loka », ou encore « Dhyan-Chohan », pour « Dhyani-Bouddha ». Du reste, d'une façon générale, ces Icrmes orientaux, employés un peu à tort et à travers, ne servent presque toujours qu'à déguiser des conceptions |)urement occidentales ; au fond, ils ne sont guère là que [)0ur jouer un rôle analogue à celui des « phénomènes», c'est-à-dire pour attirer une clientèle qui s'en laisse facilement imposer par les apparences, et c'est pourquoi les théosophistes ne pourront jamais y renoncer complètement. En effet, il y a bien des gens qui sont séduits par l'exotisme, même de la plus médiocre qualité, et qui sont d'ailleurs parfaitement incapables d'en vérifier la valeur ; un « snobisme » de ce genre n'est pas étranger au succès du théosophisme dans certains milieux.

Nous ajouterons encore un mot en ce qui concerne spécialement l'origine des textes thibétains soi-disant très secrets que M'"'^ Blavatsky a cités dans ses ouvrages, notamment les fameuses Stances de Dzyan^, incorporées dans la Doctrine Secrète, et la Voix du Silence. Ces textes contiennent bien des passages qui sont manifestement « interpolés » ou même inventés de toutes pièces, et d'autres qui ont été tout au moins « arrangés » pour les accommoder aux idées théosophistes ; quant à leurs parties authentiques, elles sont tout simplement empruntées à une traduction de fragments du Kandjuret. du ranf//H7% publiée en i836, dans le XX® volume des Asiatic Researches de Calcutta, par Alexandre Csoma de Kôrôs. Celui-ci, qui était d'origine hongroise, et qui se faisait appeler Scander-Beg, était un original qui avait voyagé longtemps dans l'Asie centrale pour y découvrir, par la comparaison des langues, la tribu dont sa nation était issue-.

1. Z);/an doit être une corruption d'un mot sanscrit, soit j'/umn, conn&issance, soit dliydna, contemplation ; M'"^ Blavatsky a indiqué elle-même ces deu\ dérivations (la première dans le Lolus de décembre 1887, la seconde dans l'introduction de la Doctrine Secrète), sans paraître se rendre compte de leur incompatibilité.

2. Voir Correspondance de Victor JacLjuemont, t. I, pp. 22G-227, 255 et SSy.

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C'est de l'amalgame de tous les éléments hétérogènes que nous venons d'indiquer que sortirent les grands ouvrages de M™^ Blavatsky, Isis Dévoilée et Ja Doctrine Secrète ; et ces ouvrages furent ce qu'ils devaient être normalement dans de semblables conditions : des compilations indigestes et sans ordre, véritable chaos où quelques documents intéressants sont comme noyés au milieu d'une foule d'assertions sans aucune valeur ; assurément, ce serait perdre son temps que de chercher là dedans ce qu'on peut trouver beaucoup plus facilement ailleurs. Du reste, les erreurs y abondent, ainsi que les contradictions, qui sont telles que les opinions les plus opposées pourraient y trouver leur satisfaction : par exemple, il est dit successivement qu'il y a un Dieu, puis qu'il n'y en a pas, que le « Nirvana » est une annihilation, puis qu'il est tout le contraire, que la métempsychose est un fait, puis qu'elle est une fiction, que le végétarisme est indispensable au (( développement psychique », puis qu'il est simplement utile, et ainsi du reste ^. D'ailleurs, tout cela se comprend sans trop de peine, car, outre que les idées mêmes de M™- Blavatsky ont certainement varié dans une large mesure, elle écrivait avec une rapidité prodigieuse, sans jamais se reporter aux sources", ni probablement à ce qu'elle-même avait déjà rédigé. Pourtant, c'est cette œuvre si défectueuse qui a toujours formé le fond de l'enseignement théosophiste ; en dépit de tout ce qui a pu venir s'y adjoindre ou s'y superposer par la suite, et même des corrections qu'on a pu lui faire subir sous le couvert de r « interprétation », elle jouit toujours, dans la Société, d'une autorité incontestée, et, si elle ne contient pas la doctrine tout entière, elle en contient tout au moins les principes fondamentaux, si tant est qu'on puisse parler de doctrine et de principes lorsqu'on se trouve en présence d'un ensemble aussi incohérent.

I. Un boa nombre de ces contradictions ont été relevées par M. Arthur Lillie dans un livre intitulé jV«" Blavatsky and her Theosophy.

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