L'Homme visible et invisible, par G. W. Leadbeater
3. Voir notamment, outre l'ouvrage déjà mentionné de M. Leadbeater, divers « manuels » de M°ie Besant : L'Homme et ses corps, Les sept principes de l'homme, etc.
l'enseignement théosophiste II 3
conceptions hindoues sur cette question, et on pourra alors se rendre compte que les théosophistes n'en ont guère tiré qu'une terminologie qu'ils se sont appropriée sans la comprendre. Nous nous bornerons donc ici à dire que, pour les théosophisles, il y a dans l'homme sept principes distincts ; il y a du reste quelques divergences, non seulement quant à leur nomenclature (nous avons dit que M™^ Besant avait fini par abandonner les termes sanscrits), mais même, ce qui est [)lus grave, quant à l'ordre dans lequel ils doivent être classés. Quoi qu'il en soit, ces principes sont regardés comme autant de « corps », qui seraient en quelque sorte emboîtés les uns dans les autres, ou qui tout au moins s'interpénétreraient, ne différant en somme que parleur plus ou moins grande subtilité ; c'est là une conception qui matérialise singulièrement les choses, et il n'existe naturellement rien de tel dans les doctrineshindoues. D'ailleurs, les théosophistes qualifient volontiers leur théorie de « matérialisme transcendant >i ; pour eux, « tout est matière » sous des états différents, et (( matière, espace, mouvement, durée, constituent la seule et même substance éternelle de l'Univers » '. 11 se peut que des propositions comme celles-là aient un sens pour certains Occidentaux modernes ; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'elles en sont totalement dépourvues pour des Orientaux, qui n'ont même pas la notion de « matière » à proprement parler (on ne trouve en sanscrit aucun mot qui y corresponde, même d'une façon très approximative) ; et, pour nous, elles ne peuvent que montrer les limitations très étroites où est enfermée la pensée théosophiste. Ce qu'il faut retenir, c'est que les théosophistes s'accordent tous à regarder la constitution de l'homme comme septénaire (ce que ne fait d'ailleurs aucune école hindoue) ; ce n'est qu'après coup que certains occultistes ont cherché à établir une correspondance entre cette conception et leur propre conception ternaire, en réunissant dans un même groupe des