I. Le Bouddhisme Esolérùjue, p
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éléments qui sont distingués dans la première, et ils n'y sor pas toujours arrivés de la façon la plus heureuse ; cela e; bon à noter pour éviter toute confusion entre des théorif qui, bien qu'ayant manifestement des points de contaci n'en présentent pas moins des divergences importantes. D reste, les théosopliistes tiennent tellement à retrouver partoi le septénaire (on a déjà pu s'en apercevoir dans l'expos des périodes d'évolution) que, là où ils rencontrent des cla; sifications qui ne comprennent que cinq principes ou cin éléments, ce qui arrive fréquemment dans l'Inde aussi bie qu'en Chine, ils prétendent qu'il existe deux autres termt qu'on a tenus cachés ; naturellement, personne ne peut doi ner la raison d'une si singulière discrétion.
Une autre question qui est connexe de la précédente ei celle des états que l'homme doit traverser après la mort * pour comprendre ce qui en est dit, il faut savoir que ] septénaire humain est regardé comme comprenant, d'ur part, un quaternaire inférieur, formé d'éléments périssable: et, d'autre part, un ternaire supérieur, formé d'élémen immortels ; ajoutons à ce propos que les principes supérieui ne sont pleinement constitués que chez les hommes h plus « évolués », et qu'ils ne le seront chez tous qu la fin de la « septième ronde ». L'homme doit se dépouilh successivement de chacun de ses « corps » inférieurs, apd un séjour plus ou moins long sur le « plan » correspondant ensuite vient une période de repos, ditew état dêvachanique > où il jouit de ce qu'il a acquis au cours de sa dernière exii tence terrestre, et qui prend fin lorsqu'il doit se revêtir c nouveaux « véhicules » inférieurs pour <i retourner en ii carnation ». C'est cette période « dêvachanique » dont o avait prétendu tout d'abord fixer la durée d'une façon un forme ; nous avons vu comment on était revenu par ] suite sur cette première opinion ; ce qu'il y a de remai
I. La Mort et l'au-delà, par M™' Besant ; L'autre côté de la mort, par C, AV Leaclbeater,
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quable, c'est que la durée d'un pareil état, qualifié par ailleurs de « subjectif», soit mesurable en unités de temps terrestre ! C'est toujours la même façon de matérialiser toutes choses, et on est assez mal venu, dans ces conditions, à tourner en ridicule le u Summerland » des spirites anglosaxons*, qui n'est qu'un peu plus grossièrement matériel encore; entre ces deux conceptions, il n'y a guère, après tout, qu'une différence de degré, et, de part et d'autre, on pourrait trouver une foule d'exemples des représentations saugrenues que l'imagination peut produire dans cet ordre d'idées, en transportant à d'autres états ce qui est essentiellement propre à la vie terrestre. Du reste, il serait peu utile de s'attarder à discuter la théorie que nous venons de résumer très sommairement, en la simplifiant le plus possible et en négligeant les cas exceptionnels ; pour montrer qu'elle manque absolument de base, il suffira de dire qu'elle suppose avant tout la réalité de quelque chose qui est proprement une absurdité : nous voulons parler de la réincarnation.
Nous avons eu déjà plus d'une occasion de mentionner cette conception de la réincarnation, qui est regardée comme le moyen par lequel s'accomplit l'évolution, d'abord pour chaque homme en particulier, et ensuite, par voie de conséquence, pour l'humanité tout entière et même pour l'ensemble de l'univers. Certains vont même jusqu'à dire que la réincarnation est « le corollaire obligé de la loi d'évolution » -, ce qui doit être exagéré, puisqu'il est bien des évolutionnistes qui ne l'admettent nullement; il serait assez curieux de voir discuter cette question entre évolutionnistes de différentes écoles, encore que nous doutions fort que d'une semblable discussion puisse sortir la moindre lumière. Quoi qu'il en soit, cette idée de réincarnation est encore, comme celle d'évolution, une idée très moderne ;
1. La Clef de la Théosophie, pp. 209-210 ; La Mort et l'au-delà, p. 85 de la traductioa française,
2. Essai sur l'évolution, ]^aT le D' Th. Pascal ; La Théosophie en quelques chapitres, par le même auteur, pp. 28 et 35,
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elle paraît avoir surtout pris corps, vers i83o ou i848, dans certains milieux socialistes français : la plupart des révolutionnaires de cette époque étaient des « mystiques » dans le plus mauvais sens du mot, et l'on sait à quelles extravagances donnèrent lieu parmi eux les théories fouriéristes, saint-simoniennes, et autres de ce genre. Pour ces socialistes, la conception dont il s'agit, et dont les premiers inventeurs furent peut-être Fourier et Pierre Leroux^, avait comme unique raison d'être d'expliquer l'inégalité des conditions sociales, ou du moins de lui enlever ce qu'ils y trouvaient de choquant, en l'attribuant aux con séquences des actions accomplies dans quelque existence antérieure ; il arrive aussi parfois aux théosophistes de mettre cette raison en avant -, bien qu'ils y insistent généralement moins que les spirites. Au fond, une théorie comme celle-là n'explique rien du tout et ne fait que reculer la difficulté, si difficulté il y a, car, s'il y avait eu vraiment égalitéau début, cette égalité n'aurait jamaispu être rompue, à moins qu'on ne conteste formellement la validité du principe de raison suffisante ; mais, dans ce dernier cas, la question ne se pose plus, et l'idée même de loi naturelle qu'on veut faire intervenir dans sa solution ne signifie plus rien. Du reste, il y a encore beaucoup mieux à dire que cela contre la réincarnation, car, en se plaçant au point de vue de la métaphysique pure, on peut en démontrer l'impossibilité absolue, et cela sans aucune exception du genre de celles qu'admettait la H. B. of L. ; nous entendons d'ailleurs ici l'impossibilité de la réincarnation, non seulement sur la
I. Ils semblent du moins avoir été les premiers à l'exprimer en France ; nous devons pourtant ajouter que la même idée avait été formulée antérieurement en Allemagne par Lessing, dans la seconde moitié du xviii« siècle. Nous n'avons pu trouver aucune autre source plus ancienne, ni savoir si les socialistes français s'étaient inspirés de Lessing directement ou indirectement, ou s'ils ont, au contraire, « réinventé » d'eux-mêmes la théorie réincarnationniste, à laquelle ils ont donné, en tout cas, une diffusion qu'elle n'avait pu atteindre avant eux.
a. Le Bouddhisme Esolérique, p. laâ ; La Théosophie en quelques chapitres, p. 1*0.
L ENSEIGNEMENT THÉOSOPIIIS TK l ï "]
terre, mais aussi bien sur un astre quelconque ', ainsi que de certaines autres conceptions bizarres comme celle d'une multiplicité d'incarnations simultanées sur des planètes différentes- ; pour les théosophistes, il y a, comme on l'a vu, de très longues séries d'incarnations sur chacun des globes qui font partie d'un même système. La même démonstration métaphysique vaut également contre des théories telles que celle du « retour éternel » de Nietzsche ; mais, bien qu'elle soit fort simple en elle-même, son exposé nous entraînerait beaucoup trop loin, à cause de tout ce qu'il présuppose pour être bien compris. Nous dirons seulement, pour réduire à leur juste valeur les prétentions des théosophistes, qu'aucune doctrine traditionnelle n'a jamais admis la réincarnation, et que cette idée fut complètement étrangère à toute l'antiquité, bien qu'on ait voulu l'appuyer par une interprétation tendancieuse de quelques textes plus ou moins symboliques ; dans le Bouddhisme même, il est seulement question de « changements d'état », ce qui, évidemment, n'est pas du tout la même chose qu'une pluralité de vies terrestres successives, et ce n'est que symboliquement, nous le répétons, que des états différents ont pu être parfois décrits comme des « vies » par analogie avec l'état actuel de l'être humain et avec les conditions de son existence terrestre ^. La vérité est donc tout simplement celle-ci : c'est aux milieux socialistes dont nous avons parlé qu'appartenaient les premiers spiritesde l'école d'Allan Kardec, c'est là qu'ils prirent, comme quelques écrivains de la même époque'*, Tidée de réincarnation, et c'est dans l'école spirite française que M™^ Blavatsky, comme un peu plus
1. Le Lendemain de la Mort ou la Vie future selon la Science, -pAi Louis Figuier .