La Clef de la Théosophie, p
a. Voir à ce sujet un article de Burnouf intitulé Le Boaddliisme en Occident, dans la Revue des Deux Mondes, i5 juillet 1888, et un article de M"' Blavatsky intitulé Théosophie et Bouddhisme, dans le Lotus, septembre 1888.
3, Lolas Rleu, 27 mai 1895.
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moins très utile de conserver, pour la grande majorité des peuples, des pratiques religieuses qui, observées dévotement, ne peuvent produire que de bons résultats. Certainement, toutes les religions se valent ; elles sont toutes également dangereuses pour VEgo, dont la perte est aussi bien assurée dans l'une que dans l'autre, par son incrustation complète dans leur pratique. Et ici on ne fait aucune exception, même pour les religions qui n'ont à leur actif que bonté, douceur, mansuétude, pureté de mœurs, et dont l'esprit large et tolérant n'a jamais permis qu'une goutte de sang humain fût répandue pour la propagation de doctrines qui ne se sont imposées au monde que par la seule force de l'attraction et delà persuasion » ^. a Ce qui doit frapper surtout, lisons-nous plus loin, c'est combien celte doclrinc (ésotérique) est opposée à l'idée de maintenir les hommes sous le joug de n'importe quel système clérical, dont les dogmes et les enseignements sont faits pour abaisser les caractères, terrifier l'imagination. Quoi de plus abrutissant que la pensée d'un Dieu personnel, delà toute-puissance et du bon vouloir duquel les humains dépendent entièrement, d'un Dieu qui attend l'heure de leur mort, qui les guette, pour les précipiter, après quelques années d'une vie souvent fort malheureuse, dans un abîme de douleurs éternelles ou de joies sans fin ! » -. L'idée d'un Dieu personnel, si odieusement caricaturée dans ce dernier passage, est d'ailleurs une de celles qui ont été le plus souvent et le plus énergiquement repoussées par les théosophistes, au moins pendant la première période : « Nous ne croyons point, dit M™^ Blavatsky, en un Dieu semblable à celui des Chrétiens, de la Bible et de Moïse. Nous rejetons l'idée d'un Dieu personnel, ou extra-cosmique et anthropomorphe, qui n'est que l'ombre gigantesque de l'homme, sans même reproduire ce qu'il y a de meilleur dans
1. Le Bouddhisme Esolérique, pp. î43 et a40. 3. Ibid., p. 272.
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l'homme. Nous disons et prouvons que le Dieu de la théologie n'est qu'un amas de contradictions, une impossibilité logique » ^.
En voilà assez pour qu'on soit fixé sur la valeur de cette assertion si souvent répétée par les chefs de la Société Théosophique, et d'après laquelle des adhérents de toutes les religions ne trouveraient dans les enseignements de cette Société rien qui pût offenser leurs croyances : « Elle ne cherche pas à éloigner les hommes de leur propre religion, dit M™^ Besant, mais elle les pousse plutôt à rechercher l'aliment spirituel dont ils ont besoin dans les profondeurs de leur foi... La Société attaque non seulement les deux grands ennemis de l'homme, la superstition et le matérialisme, mais, partout où elle s'étend, elle propage la paix et la bienveillance, établissant une force pacificatrice dans les conflits de la civilisation moderne » ^. On verra plus tard ce qu'est le « Christianisme ésotérique » des théosophistes actuels ; mais il est bon, aussitôt après les citations que nous venons de faire, de lire cette page extraite d'un ouvrage de M. Leadbeater : « Pour faciliter la surveillance et la direction du monde, les Adeptes l'ont divisé en districts, à peu près comme l'Eglise a divisé son territoire en paroisses, avec cette différence que les districts ont quelquefois la dimension d'un continent. Sur chaque district préside un Adepte, comme un prêtre dirige sa paroisse. De temps en temps, l'Eglise tente un effort spécial qui n'est pas destiné au bien d'une seule paroisse, mais au bien général ; elle envoie ce que l'on appelle une « mission à l'intérieur » en vue de ranimer la foi et de réveiller l'enthousiasme dans un pays entier. Les résultats obtenus ne rapportent aucun bénéfice aux missionnaires, mais contribuent à augmenter l'efficacité du travail dans chaque paroisse. A certains points de vue, la Société Théosophique ressemble à une pareille