La Clef de la Théosophie, pp. Go et
encore : « Il faut convaincre les hommes de l'idée que, si la racine de l'humanité est une, il doit y avoir une seule vérité, qui se retrouve dans toutes les religions diverses ; excepté, pourtant, dans la religion juive, car cette idée n'est pas même exprimée dans la Kabbale ^. » C'est la haine pour tout ce qu'on peut qualifier de «judéo-chrétien » qui amena l'entente, à laquelle nous avons fait allusion, entre M™^ Blavatsky et l'orientaliste Burnouf ^ : pour tous deux, le Christianisme ne valait rien parce qu'il avait été « judaïsé » par saint Paul ; et ils se plaisaient à opposer cette prétendue déformation aux enseignements du Christ, qu'ils présentaient comme une expression de la « philosophie aryenne », soi-disant transmise par les Bouddhistes aux Esséniens. C'est sans doute cette communauté de vues qui fit dire aux théosophistes que « la brillante intelligence de M. Emile Burnouf s'était élevée de son propre vol à des hauteurs qui confinent aux fières altitudes d'où rayonne l'enseignement des Maîtres de l'Himalaya » ^.
Mais ce n'est pas tout, et nous allons maintenant voir Sinnett, qui fut toujours inspiré directement par M'"^ Blavatsky (sous le masque des « Maîtres »), s'attaquer, non plus à la seule religion juive, mais à toutes les religions en général, sans même en excepter le Bouddhisme « exotérique » : « Les idées religieuses, selon les théologiens, et les facultés spirituelles, selon la science ésotérique, sont choses complètement opposées... Rien ne peut être plus désastreux, pour les progrès humains, en ce qui regarde la destinée des individus, que cette notion, encore si répandue, qu'une religion, quelle qu'elle soit, suivie avec un esprit pieux et sincère, est une bonne chose pour la morale, et que, si tel ou tel point de doctrine vous semble absurde, il n'en est pas