AU PARLEMENT DES RELIGIONS
servitude du diabolisme papal » (sic) et leur souhaitait le plus complet succès dans cette lutte, ajoutant que « le clergé, dans tous les pays et dans tous les âges, n'a jamais montré qu'un objet dont l'accomplissement semble être son unique désir, et qui est de réduire le peuple à l'esclavage et de le tenir dans l'ignorance». Nous nous demandons si un pareil langage a reçu l'approbation du « Grand-Prêtre de l'Eglise Bouddhique du Sud », qui a bien la prétention d'être à la tête d'un « clergé », encore qu'il n'ait rien existé de tel dans la conception et l'organisation du Bouddhisme primitif.
Les théosophistes se montrèrent fort satisfaits de l'excellente occasion de propagande qui leur avait été fournie à Chicago, et ils allèrent même jusqu'à proclamer que « le vrai Parlement des Religions avait été, en fait, le Congrès théosophique » '. Aussi fut-il bientôt question, dans les milieux a néo-spiritualistes », de préparer un second congrès du même genre, qui devait être réuni à Paris en 1900 ; une idée plus ambitieuse fut même émise par un ingénieur lyonnais, P. Vitte, qui signait du pseudonyme d'Amo, et qui voulut transformer le « Congrès des Religions » en un « Congrès de l'Humanité », « rassemblant toutes les religions, les spiritualistes, les humanitaires, chercheurs et penseurs de tous ordres, ayant pour but commun la progression de l'Humanité vers un idéal meilleur et la foi en sa réalisation » -. Toutes les religions du monde, et même toutes les doctrines, quel qu'en fût le caractère, devaient être « appelées à une fusion sympathique sur les grands principes communs pouvant assurer le salut de l'Humanité et préparer l'Unité et la paix future sur la terre » 2. Les théosophistes, aussi bien que les spirites et les occultistes de diverses écoles, adhérèrent à