‹ Le théosophismeChapitre 96 sur 163 · AU PARLEMENT OES RELIGIONS · texte numérisé non relu

AU PARLEMENT OES RELIGIONS

spirites anglais, en alléguant qu'il existait des rapports entre le « Yoga » hindou etles phénomènes « spiritualistes »; nous ne voulons pas décider si c'était, de sa part, ignorance ou mauvaise foi, et peut-être y avait-il à la fois de l'une et de l'autre; en tout cas, il va sans dire que les rapports en question sont purement imaginaires. Ce qu'il est intéressant de noter, c'est l'analogie de cette tentative avec celle à laquelle M™^ Besantdevait se livrer, en 1898, auprès de Va Alliance Spiritualiste » de Londres ; et ce qui fait surtout lintérêt de ce rapprochement, c'est que Chakravarti, qui était tout au moins un hypnotiseur remarquable, s'il n'avait rien d'un véritable « li^ogî », avait trouvé un excellent « sujet » en M""^ Besant, et qu'il semble bien établi qu'il la tint assez longtemps sous son influence ^. C'est à ce fait que Judge fit allusion lorsque, dans la circulaire qu'il adressa le 3 novembre 1894 aux « sections ésotériques » de la Société Théosophique (« par ordre du Maître », disait-il) pour destituer M"'® Besant, il accusa celle-ci d'être « entrée inconsciemment dans le complot formé par les magiciens noirs qui luttent toujours contre les magiciens blancs », en dénonçant en même temps Chakravarti comme « un agent mineur des magiciens noirs ». Sans doute, on ne saurait accorder une grande importance à ces histoires de « magie noire », et il faut se souvenir ici de ce que nous en avons dit précédemment ; mais il n'en reste pas moins que ce fut Chakravarti, personnage fort suspect à bien des égards, qui, pendant un certain temps, inspira directement les faits et gestes de M™^ Besant.

L' « Angarika » H. Dharmapâla (ou Dhammapâla) ^, un Bouddhiste de Ceylan, était délégué au « Parlement des Religions », avec le titre de « missionnaire laïque », par le « Grand-Prêtre » Sumangala, comme représentant du

I. Lettre de M. Thomas Green, membre de la « section ésotérique » de Londres, publiée par le journal Light, 12 octobre 1895, p. 699 ; The Palh, do New- York, juin 1896, p. gg.

a. La première forme est celle ilu sanscrit, la seconde celle du pàJi,

Mahâ-Bodhi Samâj (Société de la Grande Sagesse) de Colombo. On raconta que, pendant son séjour en Amérique, il avait « officié » dans une église catholique ; mais nous pensons que ce doit être là une simple légende, d'autant plus que lui-même se déclarait «laïque » ; peut-être y lit-il une conférence ; ce qui ne serait pas pour étonner outre mesure ceux qui connaissent les mœurs américaines. Quoi qu'il en soit, il passa plusieurs années à parcourir l'Amérique et l'Europe, faisant un peu partout des conférences sur le Bouddhisme ; en 1897, il était à Paris, où il parla au Musée Guimet et prit part au Congrès des orientalistes. La dernière manifestation de ce personnage dont nous ayons eu connaissance est une lettre qu'il écrivit de Calcutta, le i3 octobre 19 10, au chef (désigné seulement par les initiales T. K.) d'une société secrète américaine appelée « Ordre de Lumière y>[Order of Light), qui se qualifie aussi de « Grande Ecole » (Great School)^ et qui recrute surtout ses adhérents dans les hauts grades de la Maçonnerie. Un des membres les plus actifs de cette organisation est un théosophiste connu, le D'^ J. D. Buck, qui est en même temps un dignitaire de la Maçonnerie écossaise, et qui fut, lui aussi, un des orateurs du « Parlement des Religions » ; M"^ Blavatsky témoignait une estime particulière à ce D' Buck, qu'elle appelait « un vrai Philaléthien » ', et auquel, en citant un passage d'une conférence qu'il avait faite en avril 1889 devant la Convention théosophique de Chicago, elle décernait cet éloge : « 11 n'y a pas de théosophiste qui ait mieux compris et mieux exprimé l'essence réelle de la théosophie que notre honorable ami le D"" Buck » ^. Il faut dire encore que 1' « Ordre de Lumière » se distingue par une tendance anticatholique des plus accentuées ; or, dans sa lettre, Dharmapâla félicitait vivement les Maçons américains de leurs efforts pour « préserver le peuple de la

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