‹ Le Thermalisme Social: Les Centres de Triage UniversitairesChapitre 10 sur 11 · R. LEFÈVRE · texte numérisé non relu

R. LEFÈVRE

Le Centre de Triage Universitaire de Toulouse.

Sept départements dépendent de ce Centre : Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Lot, Gers, Ariège, Hautes-Pyrénées. I est actuellement installé dans des locaux provisoires, situés dans le même immeuble que la Sécurité Sociale. Les visites de contrôle se font à l’ancien hôpital de la ville, à l’Hôtel-Dieu. Mais nous verrons qu'il est prévu une installation beaucoup plus rationnelle et moderne, qui facilitera grandement le travail de ce Centre, en même temps qu’elle en accroîtra l’efficacité.

Lu See

Les malades sont examinés par des médecins experts Professeurs de la Faculté ou Médecins des Hôpitaux et les décisions sont prises par un comité mixte Faculté-Sécurité Sociale présidé par le professeur d'Hydrologie, M. Mériel, qui agit dans tous les cas en sur-expert.

11 y a un médecin expert pour toutes les spécialités : Oto- Rhino-Laryngologie, Pédiatrie, Dermatologie, Affections digestives, Gynécologie-Obstétrique, Urologie et chirurgie générale, Thermo-climatisme. Chaque expert est aidé de son assistant.

Ainsi les malades ont la garantie d’être examinés par les spécialistes de leurs affections et par les médecins les plus aptes, vu leur compétence en matière d’hydrologie, à les diriger vers les eaux thermales qui leur seront les plus favorables. Et ceux qui sont évincés devront bien admettre que soit par l'insignifiance de leurs lésions, ou au contraire leur irréductibilité, soit en raison de leur âge, ils n’ont pas droit au remboursement des frais de séjour dans une ville d’eau.

Une secrétaire s’occupe du Centre au point de vue administratif, rassemblant les dossiers, convoquant les assurés, établissant des statistiques et assurant la mise à jour du fichier.

Nous allons maintenant étudier le fonctionnement de ce Centre. |

C’est le médecin traitant qui propose à l’assuré de faire une cure thermale nécessitée par son état. Dès lors le malade doit entreprendre auprès de la Sécurité Sociale les démarches qui aboutiront à l’acceptation ou au refus de la cure par cet organisme.

L’assuré envoie à sa Caisse une demande d’entente préalable, à laquelle il joint un certificat médical détaillé de son médecin traitant. Ces demandes doivent être obligatoirement effectuées avant le 15 mai.

La Caisse départementale examine la demande et l'envoie au contrôle médical de la Sécurité Sociale à Toulouse. C'est là que le malade est convoqué et examiné par un médecin conseil de la Sécurité Sociale.

D’après cette visite, si l'indication de cure thermale est nette, la cure peut-être acceptée d'emblée ou refusée dans le cas contraire.

EL PAGATR

Par contre si l'indication n’est pas formelle, ou s’il s’agit d’un cas litigieux, par exemple une demande de conjoints pour la même station, ou encore le choix peu justifié de telle ville d’eau, le cas devra être soumis à la décision du Centre de Triage. Le malade peut d’ailleurs de lui-même faire appel à cette décision s’il s’estime lésé par un refus du Médecin Conseil.

Pour résumer, le Centre de Triage verra :

Les cas douteux.

Les cas litigieux.

Les demandes de cures familiales.

Le dossier de ces malades est envoyé au Centre de Triage. Ce dossier doit être aussi complet que possible, de façon que les experts aient en main tous les éléments du diagnostic. Dans certains cas particuliers les ordonnances du médecin traitant sont nécessaires. Si le dossier paraît insuffisant, le malade est tenu de faire faire les examens complémentaires : Radiologiques ou de laboratoire ; ainsi seront exigés le dosage de Cholestérol sanguin, utile dans les affections hépatiques ; l'examen des crachats qui élimine les malades atteints de tuberculose pulmonaire, les sédimentations globulaires, le dosage de l’urée sanguine...

Il est évident que les experts attachent une très grande importance à ces divers examens qui ne sont nullement superflus. [ls permettent un diagnostic précis, une évaluation plus exacte des lésions. Ils sont en outre un document irréfutable qui montre les bienfaits d’une cure antérieure ou au contraire son inefficacité. Il en sera tenu compte dans les demandes de renouvellement de cure éventuelles. D’autre part, on pourra ainsi faire bénéficier du traitement thermal les malades dès le début de leur affection, moment éminemment favorable à une action heureuse. Ils éliminent aussi les affections justiciables tout simplement du traitement médical, évitant à la Sécurité Sociale des frais inutiles. Si le malade a la possibilité de payer lui-même ces examens il les fait faire à ses frais ét il sera

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remboursé ultérieurement. S'il n’est pas en mesure d’en assurer la Charge, ils sont faits par la Sécurité Sociale.

Au dossier de chaque malade est joint une fiche, établie par la secrétaire du Centre avec le nom et le numéro matricule de l'assuré.

A la date choisie par le Président, a lieu une réunion d’experts. Il y en a plusieurs par an. En 1947, il y en eut 12, 14 en 1948. Les malades sont convoqués et sont alors examinés par les experts. Ceux-ci notent sur la fiche le résultat de l’examen clinique, ainsi que l’autorisation ou le refus de cure. En général] les experts n’acceptent que les malades qui ont reçu une thérapeutique appropriée préalable et enfin à qui la cure peut donner la guérison, une amélioration sensible, ou prévenir aggravation de tr état pathologique. Il faut par ailleurs que ces malades soient récupérables pour Ia Société, aussi les malades trop âgés ne sont pas autorisés à suivre un traitement thermal.

Si les assurés ont fait une cure antérieure, les résultats obtenus influent sur Ia décision de l’expert. Voici deux exemples :

Monique B..., atteinte de bronchite chronique, plus rhinite à répétition. Fait de véritables vomiques purulentes en hiver. Pas de radio après lipiodol. Actuellement très améliorée par une cure à Luchon.

Cure autorisée.

Edouard B.., varicosités sur les membres inférieurs. Quelques troubles veineux de stase portale.

Excitabilité nerveuse. N’a pu supporter qu’une dizaine de bains à Barbotan.

Cure refusée.

Le choix des stations tend à concilier l'intérêt du malade et de la Sécurité Sociale. A efficacité égale, on envoie l’assuré à Ja station la plus proche de son domicile, puisque la Sécurité rembourse intégralement les frais du déplacement en chemin

de fer.

Après l’examen des experts, certains cas litigieux sont soumis à celui d’une Commission Plénière composée des experts et des administrateurs de la Sécurité Sociale. Les assurés ne sont pas présents.

Certains malades sont convoqués pour une visite de Post- Cure. Cette décision est prise au moment de l’examen des experts, et mentionnée sur la fiche de l’assuré. La visite est effectuée quelques mois après le retour du curiste. Ultérieurement tous les malades seront revus en post-cure. Cette visite permet de se rendre compte de l’efficacité de l’hydrothérapie, ce qui pour la Sécurité Sociale et le malade est intéressant, puisque le résultat peut motiver l’acceptation de cures renouvelées. Elle a en outre un intérêt scientifique, car elle rend possible, dans d’excellentes conditions l’étude de l’action d’une eau déterminée sur telle lésion ; et ainsi de mieux préciser les indications, de mieux adapter les traitements. Quand les documents seront plus nombreux, il sera également possible de contrôler le pouvoir thérapeutique de quelques sources de notoriété simplement régionale, qui pourront être utilisées sur une plus grande échelle, si des résultats probants sont reconnus.

Une autre catégorie de malades a aussi été vue en postcure : ceux qui pour quelque raison que ce soit étaient partis en cure sans passer par le Centre de Triage. Si la nécessité de cure était admise, les frais leur étaient remboursés normalement. Mais ceci est un cas particulier, il ne se renouvellera pas et n’a pu être évité, dans les débuts du thermalisme social, alors que les assurés et parfois les Caisses n’avaient pas les renseignements suffisants.

Les résultats obtenus au Centre Universitaire de Toulouse, pour les années 1947 et 1948 sont fort encourageants et son fonctionnement a évité à la Sécurité Sociale d’inutiles dépenses de plusieurs millions. Quelques statistiques pourront en donner une idée :

Demandes ———— 0 © © ©, RS Accordées ASSUTÉS- ...... RE PT RE | 59 160 Gonjomtss een 58 74 RATS RSR NET RES 193 197 CO DO AS 228 431 Refusées ASsurés ...... De En ND 48 95 COMOINESE ERP MEME 23 30 Pniants 2: ENS 43 91 | OA RER Re 114 141

La différence du chiffre global des cures refusées et accordées, et du nombre de demandes vient de ce que certains malades vus au Centre de Triage et à qui il avait été demandé de compléter leur dossier n’ont pas été revus.

Si l’on songe que la Sécurité Sociale doit rembourser à chaque curiste, dix à quinze mille francs en moyenne, on peut s2 rendre compte aisément des économies réalisées. En 1947, 114 cures ont été refusées, 146 en 1948.

Voici des chiffres sur le nombre des curistes envoyés dans chaque station.

NÉ RE re 9 49 Cauterets ...... 9 15 HÉUChONM ET CE 61 8C Salies-de-Béarn …. 4 9 Salies-du-Salat .. 107 |132 ||Capvern ........ 6 7 Biarritz-Briscous. 6 4 Eaux-Chaudes . 1 LSSACON TRE EN EI 2 5 Le Boulou ...... 2 7 NULS EE 8 Rennes-les-Baïns . DFE SE Bagnères-de-Bigorre 3 7 Ax-les-Thermes 28: 26 Barbotan: : .. 7: 5 7 DD PU ST CRT UE 2 5 BarDAazane er 2 2 Chatel-Guyon ... 15 ROYALE TR 2] 4 ||Le Mont-Dore ... AE A St-Nectaire ...... 1 La Bourbhoule ... 18 LasPréste 3 Piombières de 2 1 Baréges 1... Î 2 ||Lamialou ..... 2 Préchacq ..:.... 1 1 Ch:illes-les-Eaux . 1 ENTADE PERRET Pr 1 Escouloubre ,,.. 1 Uriage roue res 2)

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