pour la Séeurité Sociale
La Sécurité Sociale assure la charge de très lourdes dépenses, en remboursant aux assurés les frais de voyage, de séjour et de traitement que nécessite inévitablement une cure thermale. Cela est certain, mais ainsi n’évite-t-elle pas des frais au moins aussi importants et avec plus de succès pour l'intéressé ?
MM. PARISOT et RICHARD écrivaient, en 1937 : « Une large utilisation des cures thermales ouvrières apparaît beaucoup plus comme la conséquence logique de caiculs d’actuaires que comme une initiative de philantropes au cœur sensible. »
En effet, les malades qui vont aux eaux sont en général des chroniques, dont la maladie est entrecoupée d’accidents aigus. Ils y soigneront leurs rhumatismes, leurs affections pulmonaires ou gynécologiques, des dermatoses rebelles et bien d’autres. Leur travail se ressent de leur mauvais état de santé. Ils linterrompent plusieurs fois par an pour des causes en soi minimes : un changement de temps, un excès, une fatigue, et mille raisons particulières à chacun d’eux. D'autre part il n’y a pas d'illusions à se faire, certains en profitent
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largement pour s’octroyer des congés supplémentaires quand bon leur semble, embarrassant souvent les médecins, qui n'osent refuser un certificat sans qu’il y ait complaisance de leur part.
Ces maladies chroniques nécessitent un traitement fort long, qui s’échelonne sur des années entières, et coûteux : médicaments, piqûres, visites s’accumulent. Le résultat en justifie-t-il les dépenses ? Bien trop souvent, il n’est que médiocre. Le malade est amélioré pour un temps, les accidents calmés, mais la guérison ne survient pas ou se fait trop attendre. À
La cure thermale est par contre, dans ces cas, le traitement vraiment actif, qui stoppe l’évolution du rhumatisme, prévient les récidives, évite les opérations graves chez les hépatiques. Lorsque lindication est bonne, le choix de la station approprié, les effets du Thermalisme sont en général remarquables. ,
Voici quelques exemples :
Un ouvrier de Roanne, atteint de psoriasis, qui pendant dix-huit mois consécutifs avait été traité sans succès dans les
hôpitaux. Après la cure à Uriage, il a pu rerpendre son travail et ne l’a plus quitté. (Docteur BARBIER.)
Un ouvrier caoutchoutier présentait depuis 1943 des - crises angineuses qui lui interdisaient tout travail pendant des semaines. En 1945, il est adressé à Royat pour une cure après laquelle il a pu reprendre son travail et ne l’a plus quitté depuis. (Docteur RICHARD.)
M'° C.. vient à Vichy le 1° août 1946 pour insuffisance hépatique avec migraine, urticaire, nausée. Dans le courant de l’année précédant la cure, elle a eu un total de vingt jours d'incapacité de travail avec nombreux frais médicaux. Revenue à Vichy le 22 juillet 1947 pour une nouvelle saison, elle n'a ressenti depuis sa cure de 1946 que quelques migraines
so qui n’ont jamais nécessité d'arrêt de travail, ni de frais médicaux et pharmaceutiques.
L’action de la cure sera d’autant plus nette que l'affection sera prise plus précocément, quand l’organisme peut recouvrer son intégrité et, par suite, sa puissance de travail. Il est bien certain que des lésions récentes, n’ayant pas causé des dégâts irrémédiables, seront plus accessibles au traitement thermal, et sans obliger à des saisons renouvelées.
L'intérêt de la Sécurité Sociale, pour ces raisons, est de développer le thermalisme pour enfants, à un âge où le terrain, la constitution originelle, peuvent se modifier dans un sens favorable, Tous les enfants asthmatiques, les lymphatiques, les débiles, ceux qui conservent les séquelles d’une atteinte de poliomyélite devront aller, selon les cas, aux eaux arsenicales, chlorurées, sulfureuses. Sans doute les cures d'enfants sont plus dispendieuses que les cures d’adultes, car ils iront dans des établissements spéciaux pour enfants, ou ils seront accompagnés, et les frais de la personne accompagnante sont aussi remboursés. La Sécurité Sociale se doit de créer de tels établissements, trop peu nombreux, où les jeunes curistes trouveront, dans une atmosphère agréable, une surveillance continue, avec les soins les plus appropriés, ce qui demande un personnel spécialisé.
Ce surcroît de charges est, par contre, éminemment « rentable ». Les enfants tarés, soignés précocement, seront des travailleurs robustes et sains, pas plus exposés à la maladie que les autres. Délaissés, ïls iront grossir le groupe de ceux qui interrompent facilement le travail, exigent des soins multiples et, en définitive, coûtent plus cher à la Sécurité Sociale que les précédents.
Les accidentés du travail, aussi, iront chercher aux eaux thermales amélioration et guérison. Le nombre des accidents du travail, qui est en baisse notable, par suite des mesures de prévention prises, reste cependant considérable.
En 1930, il dépassait 1.180.000,
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En 1936, 717.043, dont 7.989 laissaient une incapacité permanente.
En 1938, 650.585, avec 4.463 incapacités permanentes.
L'intérêt de réduire les incapacités permanentes, et la durée des incapacités temporaires est évident. Ces malades sont à charge à la Sécurité Sociale et la Société. En 1936, 13.000.000 de journées de travail ont été ainsi perdues. Les statistiques anglo-saxonnes, sans tenir compte des incapacités permanentes, estiment que le coût réel d’un accident de travail est quadruple du coût apparent.
Or, les traitements thermaux des blessures de guerre ont donné des résultats surprenants. Pour les accidents du travail, il en sera de même.
Les séquelles des traumatismes osseux récents seront une des meilleures indications. Les eaux chlorurées leur conviennent particulièrement, plus spécialement les eaux de Bourbonne. Les lésions articulaires seront traitées par les eaux sulfurées. Les eaux sulfureuses fortes, les eaux chlorurées, seront favorables aux traumatismes ouverts, aux fistules.
En dépit de toutes les précautions d'usage, les fractures ne guérissent pas toujours parfaitement. Une mauvaise caleification peut entraîner des retards de consolidation. Les bains de Bourbonne déterminent une intense vaso-dilatation périphérique d’où résulte une densification osseuse importante.
Les cals exubérants, les cals douleureux, seront nettement améliorés par les eaux chlorurées.
Les fistules osseuses sont plutôt du domaine de la chirurgie. Mais les eaux sulfureuses pourront précéder ou suivre une intervention chirurgicale, et même y rémédier dans certains cas où la suppuration est entretenue par des causes minimes, ne serait-ce que par l'effet de ces eaux sur l’état général.
Les séquelles de luxation, les ankyloses, les raideurs articulaires, les atrophies musculaires sont encore de bonnes indications pour les eaux minérales.
Dans la pathologie du travail, les maladies professionnelles tiennent une place importante. L'industrie emploie de
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plus en plus les produits toxiques, et malgré les mesures prophylactiques prises, la surveillance médicale, les maladies professionnelles ne peuvent être éliminées complètement. Un incident technique, une imprudence, une ventilation défectueuse, des manipulations nécessaires en sont cause. Les traitements thermaux leur sont favorables, peut-être par leur action générale, et en facilitant les éliminations.
Il n’existe pas de médication spécifique de l’intoxication benzolique. Mais les eaux arsenicales conviendront à l’anémie benzolique et aux autres anémies professionnelles dues aux rayons X et aux substances radio actives.
Les substances provoquant des dermatoses sont nombreuses : ciments, trichloréthylène, aniline, huiles minérales. des cures à la Roche-Posay, La Bourboule, St-Gervais, sont indiquées.
Les Pneumoconioses ‘sont difficilement évitables. Dues principalement à la silice, le port de masques contre les poussières n’est pas toujours possible ; on ne peut l’exiger chez les mineurs, par exemple. D'autre part, dans les postes de sablage ou de désablage qui existent dans les industries des métaux, les ouvriers revêtent une cagoule où l’air arrive sous une certaine pression. L’étanchéité n’est pourtant pas parfaite. Ainsi, de nombreux ouvriers sont exposés à devenir des silicotiques, c’est-à-dire des insuffisants respiratoires, des bronchitiques. La tuberculose peut coexister avec la silicose, chez un même malade. Ce cas est une contre-indication absolue pour les cures thermales. Si la sillicose est pure, ils peuvent bénéficier de cures à la Bourboule, au Mont-Dore. S'il y a un élément bronchitique surajouté, les eaux sulfureuses pyrénéennes leur seront utiles.
Le saturnisme, l’hydrargisme, l’arsenicisme s’accompagnent de troubles rénaux : Saint-Nectaire leur convient.
En ce qui concerne la pathologie du travail, que ce soit accident ou maladie professionnelle, les cures thermales conservent donc tout leur intérêt et doivent être mises à profit par la Sécurité Sociale. Les incapacités permanentes en seront réduites d’autant et il ne faut pas oublier que pour la Sécurité
Sociale, des avantages importants en découleront. Sur les incapacités temporaires, la pratique des cures peut également permettre de récupérer de nombreuses journées de travail, en évitant d’autres traitements, moins rapidement efficaces.