CHAPITRE DEUXIEME
hes Centres de Triage Universitaires
en partieulier eelui de Toulouse
Evidemment, les cures thermales, en ne considérant plus le côté thérapeutique, ont un caractère de luxe et d'agrément, et leur accès facilité par le décret de janvier 1947, peut faire craindre des demandes irraisonnées et absolument injustifiées. D'autre part qui ne serait plus ou moins justiciable, un jour ou l’autre de la crénothérapie ? Et bien sûr, le Thermalisme Social a des indications moins larges que le Thermalisme libre. Par suite des frais engagés, pour pouvoir subsister, il ne peut accepter que des cas bien définis, et doit écarter les troubles purement subjectifs par exemple, ou encore les malades incurables. Ce choix, qui posera parfois bien des problèmes difficiles à résoudre, implique la nécessité de Centres de Triage. Or, depuis vingt ans il existe des Centres de Triage universitaires, dont le premier est dû à une initiative parisienne.
En 1928, le Professeur Maurice Villaret et le Professeur L. Justin Besançon, son adjoint, créaient le Centre de Triage Hydro-Climatique des Hôpitaux de Paris. Il n’était alors question que de l'envoi en cure des indigents hospitalisés dans les divers hôpitaux de la Capitale, L'exemple fut suivi par plu-
sieurs villes de Faculté. Les résultats obtenus dans ce premier centre de triage furent si convaincants que l’Assistance publique s’empressa de faciliter son fonctionnement et d’augmenter ses moyens de travail. Il donna d’ailleurs satisfaction à tous : Médecins traitants, malades et Administration.
I n’est pas surprenant que les Etats généraux du Thermo-: ciimatisme, à la séance du 15 mars 1947 aient pour ces raisons émis le vœu suivant : « Que ies Centres de Triage hydro-climatiques, jusqu'ici destinés au ‘contrôle et à la direction des malades indigents vers les stations qui leur conviennent, devant être désormais utilisés comme conseils techniques par les colonies Ge vacances et par les services de la Sécurité Sociale soient développés et organisés dans toutes les villes de faculté, sous l'égide des Chaires d’'Hydrologie Thérapeutique et de Climatologie ».
Donc le rôle de ces Centres Universitaires est double : 1°
Eviter les abus, en l’occurence : Indications non motivées par des lésions cliniquement vérifiables ; départ de familles entiè- ‘es, Sous prétexte que l’un des membres a besoin d’une thérapeutique hydrominérale ; octroi de vacances supplémentaires. Sur cette dernière question la législation est formelle ; dans la circulaire n° 87 en date du 21 mars 1947 et émanant de la Sécurité Sociale, il est dit que : « la cure thermale ou climatique ne doit pas être une forme déguisée de congés payés. mais une thérapeutique prescrite par le médecin et utilisée à bon escient ». Il est certain que cure et congés payés sont deux choses bien différentes et inconciliables. Tout le monde a droit à un congé annuel, dont le nombre de jours et l’époque sont fixés de sorte que le travail ne soit pas désorganisé. Au traitement n’ont droit que les nialades et au moment ou il leur est nécessaire ; on ne considère plus que l'intérêt de l'individu.
2° Garantir le choix judicieux des centres de cure appropriés à chaque cas. Le choix de la station ne doit pas en effet être laissé au hasard ou à la préférence du malade. Bien des eaux sont polyvalentes, mais il n’est pas moins vrai que certai-
D me
nes ont des indications précises, et que d'autre part certaines affections seront plus favorablement influencées par telle eau que par telle autre. Le malade, bien conseillé, sera le premier à en bénéficier, avec la Sécurité Sociale qui n’engagera pas de dépenses vaines.
Les Centres de Triage Universitaires sont encore une nécessité psychologique. S'ils n’existaient pas, il faudrait les inventer. Ils garantissent en effet l’indépendance vis-à-vis de la Sécurité Sociale. Les malades toujours plus ou moins soupçonneux et qui comparent souvent à tort, leurs cas personnels avec ceux de leurs connaissances, pourraient croire que la Sécurité Sociale est intéressée à réduire le nombre des justiciables de cure. Ils ne peuvent prétendre qu’il en est de même pour les Centres de Triage, et d’eux, un refus sera plus facilement accepté. Ils garantissent ensuite le maximum de compétence, le personnel médical étant choisi parmi les médecins de Faculté ou des Hôpitaux des villes Universitaires, et est sous la direction du titulaire de la chaire d'Hydrologie. Leurs décisions impartiales, fondées sur les résuitats des examens cliniques et de laboratoire, ont en vue à la fois l’intérêt du malade et celui de la Sécurité Sociale. Plus heureuse formule serait difficile à trouver.
Nous rapportons ci-dessous la Circulaire Ministérielle n° 87, qui précise bien les conceptions du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale, au sujet des Centres de Triage en particulier.
Le Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale à MM. les Directeurs Régionaux de la Sécurité Sociale.
« La Sécurité Sociale se doît de prendre des raesures susceptibles de faciliter aux assurés sociaux l’accès des stations thermales dont la France est favorisée et de leur permettre de bénéficier dans les meilleures conditions possibles, des traitements thermaux dont l'efficacité thérapeutique n’est plus à démontrer.
DEN ‘ie
> Le Comité Technique d’action Sanitaire et Sociale a dans son sein une Commission du Thermalisme, dont les travaux poursuivis doivent aboutir, avant la saison, à l’organisation d’un système satisfaisant tant du point de vue de la Santé Publique que des intérêts des assurés sociaux, justiciables de ces cures.
> Les premiers résultats de ces travaux ont été de dégager une doctrine en ce qui concerne le problème du triage des assurés sociaux à envoyer dans les Stations Thermales. La Commission a estimé que cette question méritait d’être envisagée sur le plan national et d’être sérieusement étudiée. Le principe qui doit dominer tout le thermo-climatisme social, en effet, est que la cure thermale ou climatique ne doit pas être une forme déguisée de congé payé, mais une thérapeutique prescrite par le médecin et utilisée à bon escient.
> Ce principe a été constamment observé par le premier centre de triage de malades justiciables de cures thermales et climatiques, qui a été fondé en 1928 par les Professeurs Maurice VILLARET et L. JUSTIN-BESANÇON à l’Assistance Publique de Paris et qui s’est constamment développé d’abord au profit des indigents, puis très rapidement au profit presque exclusif des assurés sociaux.
> Mais, le problème du triage des assurés sociaux ne se limite nullement à celui du fonctionnement des centres de triage qui existent déjà auprès de la plupart des chaires d’hydrologie des villes de Faculté.
» Les grandes lignes suivantes ont pu être établies par la commission et adoptées par le Comité Technique :
» 1° Le certificat du médecin traitant doit être contresigné par le Médecin-Conseil chaque fois qu’il s’agit de mettre en œuvre une thérapeutique aussi onéreuse que le traitement thermal et climatique. L'accord préalable est d’ailleurs prévu à la Nomenclature des actes médicaux et professionnels,
>» 2° Le Médecin Conseil qui contresigne le certificat doit être averti et instruit de cette spécialité particulière qui constitue la médecine thermale et climatique.
> 3° Dans un certain nombre de cas bien définis, le mé-