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1) LA FIÈVRE. — C'est par une étude de la courbe de température que nous avons cherché à démontrer l’action de la sanocrysine. C’est en notant la coïncidence fréquente entre le début du traitement et la défervescence que son influence se manifeste le plus nettement.
Il ne s’agit pas ici d’une action purement anti-thermique ni d’un simple shock, car la défervescence est progressive et non brusque et le plus souvent définitive ou, tout au moins, prolongée. L'influence est le plus souvent sensible sur les fièvres de poussée évolutive, fièvre modérée, entre 380 et 390. L'action est malheureusement moins fréquente sur la fièvre élevée des tuberculoses aiguës, ou sur la fièvre hectique des états cachectiques.
De nombreux auteurs ont, comme nous, noté dans leurs observations la défervescence quelquefois si rapide des malades traités PERMIN, FRIEDEMANN, HENIUS, WURTZEN) malheureusement ils n’ont pas toujours tenu leurs malades assez longtemps au repos avant de les traiter, et cette période d'observation est, à notre avis, indispensable pour séparer ce qui revient au médicament de ce qui est dû au
repos.
Nous serions heureux si des observations ultérieures venaient
confirmer notre manière de voir.
2) LE poips. — Avec le traitement par doses fortes, le poids reste je plus souvent stationnaire ou même diminue au cours du traitement. Dans ce cas, dès la fin des injections, il augmente rapidement. Plus rarement, il augmente dès le début. Cette augmentation est d'observation courante lorsqu'on emploie des doses faibles de médicament, plus rare avec la posologie élevée et surtout chez des malades fébriles.
En tous cas, le médicament ne paraît pas favoriser, sinon en aidant à la chute thermique, l'augmentation de poids.
3) LES SIGNES FONCTIONNELS. — La diminution, puis la cessation de l’expectoration était, d’après les auteurs danois, un des effets les plus constants de la cure de sanocrysine. Nous n'avons pas observé des résultats aussi favorables. La diminution de l’expectoration était fréquente mais non constante et, dans un seul cas, nous avons observé sa cessation complète.
La toux diminue parallèlement à l’expectoration, mais, ici encore, le seul repos a une action analogue.
Nous en arrivons maintenant à la question si délicate de l’interprétation des signes physiques et radiologiques.
4) LES SIGNES PHYSIQUES. — Ici encore nous n’avons pas vu les améliorations remarquables notées par les auteurs danois. Pas de transformation cotale du schéma stéthacoustique, mais des nuances d'auscultation quelquefois assez nettes mais souvent difficiles à interpréter.
Nous pouvons schématiser les résultats obtenus en trois groupes de faits :
a) Chez un groupe de malades, fébriles, en même temps que la température se stabilisait, on assistait à un assèchement des lésions pulmonaires, comparable à celui qu’on peut observer par le simple repos au décours d’une poussée évolutive.
b) Chez d’autres malades fébriles, au contraire, pendant que la température atteignait la normale, les signes d’auscultation ne se modifiaient pas et l'intensité du syndrome stéthoscopique contrastait alors avec la courbe de température.
c) Chez les malades apyrétiques, nous avons noté, dans quelques cas, une diminution des signes physiques, mais il s'agissait de nuan-
ces d’auscultation comparables à celles que le repos peut produire à Jui seul.
5) LE SYNDROME RADIOLOGIQUE. — Ici, il nous est difficile
. - d'émettre une opinion. Nous avons vu dans les publications danoises
(PERMIN, MOLLGAARD, GRAVESEN, WURTZEN), les remarquables clichés qu'ils reproduisent. |
Et cependant, nous n’avons pas observê de semblables transfor-
mations. Nous avons déjà discuté les nombreux écueils à éviter
dans la comparaison des clichés radiographiques.
En ce qui nous concerne, en choisissant parmi les clichés, pris avant et après le traitement, ceux dont le tirage, l'intensité, les positions étaient le plus semblables, nous n’avons pas trouvé d'images assez nettement modifiées pour être reproduites, surtout en réduction, dans ce travail. Nous mettons à part l’observation de Mlle Rou…. (Observation V) concernant une première poussée évolutive.
Le cliché d'entrée était normal ; les lésions s'étaient développées au cours du séjour de la malade; six mois après sa sortie, un nouveau cliché ne montrait aucune lésion pulmonaire. — Nous serions heureux, mais cela nous paraît difficile, d'affirmer que ce nettoyage radiologique complet doit être attribué au traitement.
Dans l’ensemble, la majorité des images radiologiques sont restées inchangées. Dans quelques cas, cependant, il a paru y avoir un nettoiement radiologique avec disparition de certaines taches, faisant croire à une guérison des lésions récentes, où au contraire, accentuation des ombres pathologiques montrant une tendance à la fibrose. Mais ces modifications sont loin d’être frappantes et nous avons déjà dit combien il fallait être prudent au sujet de l'interpré-
: tation de ces clichés.
$ 2. — Réactions médicamenteuses
Nous envisagerons séparément les réactions chez les malades fébriles et chez les malades apyrétiques.
[. — CHEZ LES MALADES FÉBRILES, malgré les fortes doses employées, les réactions sont le plus souvent minimes. Nous n'avons, en tous cas, jamais observé de réactions nécessitant l’arrèt du traitement ou mettant en danger l'existence du malade.
Nous avons traité, avec des succès différents, rapportés en détails plus haut, 31 malades fébriles. Les réactions observées ont été les suivantes :
Réaction fébrile : Dans 4 cas, nous avons eu de fortes réactions avec frissonnements, malaises et température montant à 39-400.
Cette réaction est presque toujours de courte durée (24 heures au maximum). Deux fois seulement nous avons observé une réaction fébrile prolongée ayant duré 4 à 5 jours et ne se reproduisant pas aux injections suivantes. En général, la réaction diminuait d’intensité et vers les dernières injections tendait à disparaître.
Chez douze malades, il y eut des réactions fébriles de quelques dixièmes, ne dépassant pas un degré et s’atténuant progressivement quand le traitement s’avançait. Dans treize cas, il n’y eut aucune modification de la courbe thermique le jour de l'injection.
Enfin, dans un cas unique, la 2e injection a été suivie d’une chute de la température de un degré environ. Cette chute thermique a, d’ailleurs, duré quelques heures seulement et ne s’est pas répétée aux injections suivantes. En plus de la fièvre, la réaction le plus fréquemment observée et la plus importante est l’albuminurie.
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Albuminurie. — Celle-ci a toujours été légère et transitoire : traces non dosables dans 7 cas et, deux fois seulement, albuminurie entre O gr. 30 et O gr. 50.
Chez 22 malades, nous n'avons, au cours du traitement, jamais trouvé d’albumine. Dans tous les autres cas, l’albuminurie, d'une durée moyenne de 3 à 4 jours, se reproduisant fréquemment à chaque injection, a cessé quelques jours après la fin du traitement.
Troubles digestifs. — Aucun trouble chez 25 malades. Diarrhée dans deux cas, s'étant reproduite à plusieurs injections consécutives, et d’une durée ne dépassant pas 3 jours.
Enfin chez les autres malades (7 cas) nous avons observé, dans les quelques heures qui ont suivi l'injection, des nausées et des vomissements. Certains malades ressentaient également une saveur métallique dans la bouche.
Réactions cutanées. — Six malades ont eu de légers érythèmes cutanés au niveau des cuisses,des flancs, accompagnés de prurit, et surtout d’un léger exanthème buccal, avec rougeur des piliers, du pharynx et légère douleur à la déglutition. ,
En somme, si comme nous le croyons, les injections de sanocrysine sont cause de la défervescence, les légers incidents observés au cours du traitement ne doivent pas faire hésiter dans l'application de celui-ci, ni dans l'injection de doses fortes que nous croyons indispensables à l'efficacité du médicament. Nos conclusions seront différentes lorsqu'il s'agira des malades apyrétiques.
I1.-- CHEZ LES MALADES APYRÉTIQUES Nous avons employé deux posologies différentes :
1) Traitement à fortes doses : une injection par semaine 0 gr. 50, 0 gr. 75 et 9 injections de 1 gramme; au total 10 gr. 25 en 11 semaines.
2) Traitement à doses modérées où le malade recevait soit O gr.25 soit Ogr. 50 par semaine, en une ou deux injections.
1) Malades apyrétiques traités par des doses fortes.
Les incidents sont plus fréquents et plus graves que chez les malades fébriles, au point que, mis en parallèle avec les résultats du traitement, nous sommes d’avis que ce mode d'emploi est à rejeter. Nous ne reviendrons pas sur les 3 cas d'accidents graves signalés dans nos observations.
Cependant, l’une de ces observations est particulièrement démon-
- Strative, à cause de l’aggravation nette de l’état pulmonaire du malade
après l'extinction de tous les incidents d’origine médicamenteuse.
Chez les autres malades apyrétiques (20 cas), les réactions ont été les suivantes :
Réactions thermiques. — Variables : tantôt très marquées (3 cas) réaction entre 390 et 400 s’atténuant à chaque nouvelle injection : tantôt réaction minime, autour de 380 -38,50 (8 cas).
Deux fois nous avons observé une réaction fébrile prolongée autour de 3805 ayant duré, chez un malade, dix jours, chez l’autre 15 jours.
Enfin, les autres malades (7 cas) n’eurent aucune réaction fébrile.
Troubles digestiis. — Analogues à ceux que nous avons déjà
décrits: vomissements, rapidement après l'injection dans 5 cas: dans un cas, diarrhée pendant 18 heures aprês chaque injection.
Éruptions cutanées. — Absentes chez treize malades et légères chez deux autres, elles ont été dans trois cas extrêmement intenses. et ont nécessité une interruption prolongée du traitement.
Chez un de ces trois malades, les accidents ont été pénibles au point qu’il a fallu arrêter définitivement les injections.
Ajoutons cependant que, chez ces trois malades, les accidents cutanés n’ont eu aucune influence défavorable sur l’évolution de l’état pulmonaire.
Albuminurie. — Le plus souvent simples traces (5 cas), ne persistant pas après le traitement, sauf dans un cas.
Chez deux malades il y a eu une quantité d’albumine plus importante :0 gr. 90 et 1 gramme, mais passagère et non accompagnée de cylindrurie.
Troubles respiratoires : nous ne ferons que signaler un cas où l'injection était immédiatement suivie de violentes quintes de toux.
2) Malades apyrétiques traités par des doses faibles.
Aux doses maximum de 0 gr. 50 par semaine, il n’y a pour ainsi dire aucune réaction.
Chez les 7 malades que nous avons traités ainsi, nous avons observé, en tout, chez un malade, un léger érythème des cuisses, prurigineux, accompagné de glossite et de stomatite, ayant rapidement disparu avec une interruption de traitement d’une semaine.
Mais, si nous avons assez l'expérience des fortes doses chez les malades apyrétiques pour déconseiller cette méthode de traitement, le temps nous manque encore pour dire siles faibles doses, qui entrainent un traitement prolongé, ont une efficacité vraie permettant d'entreprendre cette médication de longue haleine.
LA POSOLOGIE
Le dosage préconisé par MOLLGAARD, doses massives de sel d’or par voie intra-veineuse, avait pour point de départ une idée théorique: il était nécessaire d’agir brutalement sur les bacilles de Koch :
secondairement, on tâchait de pallier aux accidents de la méthode.
Bien que la conception de l’action brutale sur les bacilles ne soit plus admise à l'heure actuelle, nous restons partisans, chez les malades fébriles, du dosage primitif, pour les raisons suivantes :
1) Les études expérimentales de MaDsEN et MorcH et nos constatations cliniques nous ont montré la nécessité d’un dosage suffisant.
2) Nous avons vu, d'autre part, que la sanocrysine causait bien moins d'accidents chez les malades fébriles que chez les malades apyrétiques. Chez aucun de nos malades nous n’avons été empêchés de poursuivre le traitement comme chez certains malades apyrétiques et toujours les incidents ont été légers et passagers.
Dosage chez les malades fébriles.
Aussi le dosage que nous pratiquons actuellement chez les malades fébriles est-il identique à celui de MoLLGAARD, à cette différence près que nous commençons la série d’injections par une dose d'essai de 0 gr. 25 et que, chez les malades pesant autour de 50 kgs, nous ne dépassons pas 0 gr. 75 par injection, et 7 gr. 50 au total.
Nous faisons donc une injection par semaine: 0 gr. 25, 0 gr. 50, 0 gr. 75 puis 9 injections de 1 gr. ou de O gr. 75.
Ces injections sont faites intra-Veineuses et la dilution extemporanée dans l’eau distillée se fait au taux de cinq pour cent : vingt centimètres cubes d’eau pour un gramme de sel.
Il est nécessaire de surveiller de près les réactions consécutives à l'injection, d'interroger le malade sur des démangeaisons possibles, sur une douleur pharyngée, de rechercher systématiquement l’albumine, et de surveiller la température. Les réactions, nous l'avons dit, sont assez rares chez les malades fébriles.
Cependant, des cas de sensibilité particulière à l’aurothérapie ont été signalés (REUSS) et toute réaction est un signal d'alarme.
Il ne faut, en tous cas, répéter les injections que lorsque toute réaction a disparu et, si le malade fait facilement des accidents, se limiter aux doses plus faibles, ou même interrompre les injections afin d’éviter les gros accidents de l’aurothérapie.
Dosage chez les malades apyrétiques. — I nous paraît légitime, bien que les résultats obtenus jusqu’à présent soient médiocres, de continuer à étudier l'effet des sels d’or sur les malades apyrétiques. Ici, il est nécessaire d'agir avec prudence, ne pas dépasser la dose de O gr. 50 par semaine en deux ou, de préférence, en une seule in-
jection.
I s’agit alors d’un traitement de longue haleine dont il est difficile de juger les résultats indépendamment du repos prolongé qu'il entraîne : après une dose d'essai de O gr. 25, on atteint, dès la 2° injection, la dose de 0 gr. 50 que l’on répète jusqu'à un total variable de 6 à 10 grammes.
La Crisalbine par la Voie intramusculaire
À côté du traitement par la voie intra-veineuse, nous étudions actuellement leffet du médicament introduit par la voie-intramusculaire.
Notre point de départ dans cette recherche a été le travail de MM. FouRNIER et MOLLARET sur le thiosulfate double d’or et de sodium comme agent anti-syphilitique.
Comme eux, nous utilisons une suspension huileuse du médicament (crisalbine oléo-camphrée stovaïnée) préparée par les Établissements Poulenc Frères.
Notre expérience est encore trop récente pour nous permettre de publier les résultats obtenus.
Il semble, cependant, que cette méthode permette l'injection de doses plus élevées avec moins d'incidents.
Elle a pour inconvénient d’être légèrement douloureuse.