‹ Le Thrombus du Vagin chez les Femmes enceintesChapitre 24 sur 25 · LA · texte numérisé non relu

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parfois, de nn douloureux et finissaient par un suintoment jaunâtre, abondant. Pas de constipation. ; |

Le 22 octobre, à neuf heures du matin, rie bu elle se sentit mouillée tout à coup ; en même temps une grosseur sortait par la vulve. Elle crut que c'était l'enfant et une sagefemme qui partageait son ‘opinion l'envoya immédiatement à l'hôpital. '

A son arrivée, dans le service de M. Bin à Ja Maternité, on constate Ce qui suit : —=

Une tumeur rouge foncé, grosse comme une noix fait saillie hors de la vulve; elle est recouverte d’une muqueuse exulcérée et naissant au moindre frottement ; sa consistance à ce moment est molle, fluctuante, nullement tendue.

Par le toucher vaginal, on reconnait qu’elle est rattachée à la paroi vaginale postérieure, par un pédicule allongé verticalement qui commence à 1 centimètre au-dessus de l’orifice vaginal et remonte à 5 ou 4 centimètres du col.

Le toucher rectal permet de s'assurer que la paroi du rectum ne permet aucune part à la constitution de la tumeur; elle n’est ni refoulée, ni entraînée par celle-ci ; elle en reste entièrement indépendante.

D'autre part, la vulve présente un grand nombre de varices sous-cutanées et sous-muqueuses. Le tubercule antérieur du vagin est très lumineux. Enfin, l’examen de l’utérus montre qu’il est développé comme au huitième mois de la grossesse, et que l’enfant se présente par le sommet en position gauche antérieure.

L'apparition brusque de la tumeur et ses caractères objectifs permettent de porter le diagnostic de thrombus du vagin, dû probablement à la rupture d’une tumeur variqueuse.

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On fait des injections de sublimé et la malade garde le lit. I] ne se produit aucun suintement.

Le 23, l’aspect de la tumeur a bien changé : elle est maintenant noirâtre, dure comme un caillot, aplatie transversalement jar la pression des cuisses; elle mesure 5 centimètres et demi de hauteur et 3 centimètres et demi de laygeur. Il est certain que le sang qu’elle contient s’est coagulé; cependant, la pression ne produit pas de crépitation.

Le 24, la tumeur est encore plus dure que la veille; elle diminue de volume à mesure que le caillot se rétracte; une partie de la muqueuse qui la recouvre s’est mortifiée, détachée et flotte comme un lambeau à la surface.

Le 22, la muqueuse est complètement tombée et a laissé à découvert un caillot noir, ferme, adhérant solidement à la paroi vaginale postérieure. Aucune fétidité, pas de fièvre.

Le 29, le caillot est en partie désagrégé: tout autour de sa base d'implantation, on voit un liséré de bourgeons charnus,. indiquant que le travail de réparation s’effectue.

Le 51, le caillot tout entier est éliminé; il reste au niveau de son pédicule une cicatrice allongée de haut en bas, sur la paroi postérieure du vagin.

Le 1er novembre, la malade sort complètement guérie.

OBSERVATION XV (Personnelle.)

Marie AÀ.., âgée de 21 ans, domestique, entre à la Maternité de Lariboisière, service de M. Mayerier le 8 novembre 1897. Antécédents héréditaires :

Père vivant et bien portant. Mère morte de variole hémorragique en 1876 à Rouen. La malade a deux frères bien portants; deux sœurs dont une à des varices très développées, (après sept accouchements), l’autre a des hémorrhoïdes.

Antécédents personnels :

La malade a été élevée au biberon et n’a marché qu’à deux ans. Pas de maladies d’enfance.

Primipare, réglée à %3 ans, sans douleur, pendant 3 ou 4 jours; le sang coule toujours abondamment. Elle a des hémorrhoïdes, peu fluentes depuis deux ans.

Les dernières règles datent du 25 avril.

La malade n’a pas eu de malaises ni de vomissements. Les mouvements actifs du fœtus ont été percus à la fin du mois d'août. j

A la suite d’un voyage de Trouville à Paris, répété deux fois en huit jours, elle a eu une forte hémorragie génitale, le 3 octobre, avec expulsion de caillots, douleurs dans les lombes, le bas-ventre et à la vulve.

La sage-femme, consultée, dit qu'il s’agit d’un commencement de travail prématuré.

La malade reste couchée pendant trois jours, et prend des des injections très chaudes. Les pertes sanguines n’ont duré que 10 ou 12 heures environ.

Au bout de trois Jours, la malade se lève.

Le 8 novembre, autre hémorragie, un peu moins abondante, spontanée, avec douleurs vulvaires. En même temps, envies fréquentes d’uriner et d'aller à la selle.

En se garnissant, la malade s'aperçoit qu'une tumeur sort par là vulve. À ce moment, les douleurs ont présenté un caractère expulsif;: mais elles ont cessé presque complètement, et

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tout de suite, de sorte que la malade continue son ouvrage depuis onze heures du matin, jusqu'à 5 heures du soir, quand elle se présente à l'hôpital.

L'examen, à son arrivée, donne les résultats suivants :

Femme d’un excellent état général; pas de fièvre; douleurs peu intenses. à

Dans Ja vulve entrebaïllée, on voit une tumeur de la grosseur d’un œuf de poule. La couleur en est rouge très foncé, lie de vin, avec des veinosités à la surface, qui, en outre, est recouverte d’une mince couche de caillots. Elle est lisse, dure, tendue, rénitente, douloureuse au palper. |

Par le toucher, on constate que cette tumeur ovoïde s'implante par un pédicule large et mince sur la colonne postérieure du vagin. Le pédicule commence à un centimètre en arrière de la fourchette et remonte le long de la paroi vaginale postérieure jusqu’à environ trois à quatre centimètres du col de l'utérus. Le pédicule, étendu en longueur, n'a qu'une hauteur de un centimètre et demi environ.

La tumeur déborde le pédicule en avant et en arrière par un bec mousse.

En faisant pousser la femme, la tumeur sort presque entièrement hors des organes oénitaux et on peut voir que la coloration de la muqueuse du pédicule est absolument normale, et que cette muqueuse se continue sans démarcation aucune avec celle de la paroi vaginale postérieure. Du reste, la coloration de la muqueuse vaginale est normale.

Il y a très peu de varices à la vulve et aux membres inférieurs.

Par le toucher rectal, on sent sur la paroi extérieure du rectum, au niveau du pédicule de Ja tumeur, un petit enfon-

cement, dù probablement à la traction exercée par la tumeur.

La malade se plaint de tenesme vésical et rectal.

La première impression que produit la tumeur est celle d'une rectocèle enflammée ; ce n’est qu'après le toucher vaginal minutieux et le toucher rectal, qu’on arrive à faire le diagnostic de thrombus du vagin.

La tumeur est réduite après antisepsie préalable, et maintenue dans le vagin par un petit tampon de gaze iodoformée et un bandage en .

Le lendemain, la tumeur à un peu diminué de volume; la muqueuse qui la recouvre est moins lisse; elle présente des bosselures, la rénitence est moindre. On continue le même mode de traitement, et injection de sublimé deux fois par jour.

Graduellement la tumeur diminue sans qu’il y ait écoulement de sang ni élimination de caïllots. |

Au bout de huit jours, la tumeur a presque entièrement disparu. Il n’en existe qu’un petit bourrelet le long de la colonne postérieure du vagin.

La malade sort sur sa demande; elle n’est plus revenue dans le service, de sorte qu’on ne peut savoir si le pédicule est resté ou s’est effacé.

“e Le tro Du du vagin existe chez la femme Ho en dehors de tout travail. à :

Cette affection est assez rare, puisque nous n’avons pu en réunir que quinze observations, dont trois s’étendaient à la

vulve et au vagin.

IT. Il est très fréquemment spontané ou consécutif à un traumatisme minime.

III. Son siège de prédilection est la paroi vaginale postérieure. ;

IV. À ce niveau, il parait être dû à l’extravasation du sang dans les débris de la cloison qui sépare primitivement les deux canaux de Muller.

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