‹ Le Tibet, le pays, le peuple la religionChapitre 4 sur 30 · GEOGRAPHIE. PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

GEOGRAPHIE. PRODUCTIONS

Europe ; il est suspendu au massif himâlayen comme les cantons helvétiques au massif alpin. Mais les Alpes asiatiques sont bien plus hautes que les Alpes européennes, et l'altitude du Tibet est de beaucoup supérieure à celle de la Suisse.

Le système himâlayen est formé de trois chaînes parallèles (méridionale, centrale, septentrionale), qui s'écartent de plus en plus en s'avançant vers Test et décrivent un arc de cercle dont la convexité, tournée vers le midi, s'avance jusque vers le 28" de latitude boréale, tandis que les deux extrémités remontent au nord jusque vers le 36» de latitude et s'avancent à Touest jusque vers le 73*, à Test jusque vers le lOO» de longitude orientale. Les chaînes septentrionale et centrale sont comprises tout entières dans le Tibet, la chaîne méridionale ne Test qu'en partie. Elles se traversent toutes les trois par un assez grand nombre de cols ou déûlés appelés la en tibétain : nous citerons le Mariam-la, le Ka-la, le No-la, le Khamba-la, le Tipta-la (4,760 m.)*, dont le passage est toujours plus ou moins dangereux. Les sommets tibétains les plus élevés sont le Gang-ri (Kailâsa des Hindous> 7,654 m.), dans la chaîne septentrionale, et le Kantchendjonga (8,582m.), dans la chaîne méridionalew

i. Les nombres exprimés en mètres donnent rallitude, c'est-à-dire la hauteur au-dessus du niveau de la mer. *

Chaînes transversales, — A Textréinité orientale, les Irois chaînes, de plus en plus divergentes, sont coupées par la chaîne transversale des monts Bayan-Kara, importante ligne de partage des eaux, dont la direction est de Touest à l'est, et par des chaînes secondaires se dirigeant sensiblement vers le sud, et qui enferment les bassins des cours d*eau sortis des chaînes principales.

A l'extrémité occidentale, la chaîne septentrior nale, qui prend le nom de Karakoroum, se relie aux monts Kien-loun. Ceux-ci, se dirigeant de l'ouest à l'est, unissent en quelque sorte les deux extrémités de l'arc décrit par la chaîne septentrionale, forment la corde de cet arc, et enferment avec lui un vaste espace très peu connu, à peine exploré, que nous appelons, à tout hasard, le plateau tibétain, et qui doit être soigneusement distingué du Tibet propre, tout entier compris dans le massif himâlayen.

Fleuves orientaux. — Ce massif donne naissance à de puissants cours d'eau se déversant au sud, à l'est, à l'ouest. On peut dire, d'une manière générale, que tous les fleuves de la Chine, de rindo-Chine, de l'Hindoustan descendent du Tibet. Pour commencer par la région la plus reculée à )'est, nous avons d'abord le Kin-tcha, qui vient du plateau, prend sa source au delà de îa chaîne septentrionale,, par de nombreux ruisseaux dont l'un porte le nom mongol significatif de Mourou! ous-

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so\in (eau tortueuse), traverse la chaîne septentrionale, èuit les monts Bayan-Kara dans le versant méridional, descend ensuite vers le sud, puis, tournant à Test, devient le Yang-tse-kiang, le.« fleuve Bleu » de la Chine. C'est le seul fleuve important qui vienne du plateau tihétain. Après lui, nous trouvons le Lan-tsan, formé de la réunion du Dza et de rOm, qui devient le Mé-kong, fleuve du Cambodge ; puis le Na qui devient le Salwen de la Birmanie.

A ces trois fleuves, dont deux sont indo-chinois et un chinois, noiîs pouvons ajouter le Hoang-ho, ou ^ fleuve Jaune » de la Chine, qui prend sa source sui' le versant nord des monts Bayan-Kara, dans une région où l'élément mongol prédomine, mais qu'on peut considérer comme l'extrémité nord^est du Tibet.

- Fleuves occidentaux. — Passons à l'ouest : le grand fleuve du Pendjab, l'Indus et son principal affluent, le Satledge, prennent tous. les deux leur source en territoire tibétain.

Fleuves méridionaux. — Si le Gange et la Djemnah ne viennent pas, à proprement parler, du Tibet, ils naissent sur la frontière et dans des régions habitées par des races tibétaines ou affiliées aux Tibétains. Nous en dirons autant de la Tista et des autres affluents du Brahmapoutre. Ce dernier nom soulève un problème géographique.

Fleuve Central. — Il n'y a, dans le centre du Tibet, qu'un seul cours d'eau important, c'est le Yarou-tsang-bo-tchou ou simplement Tsang-bo % qui prend sa source non loin de celle du Satledge, et coule de l'ouest à l'est, recevant un certain nombre d'affluents parmi lesquels nous citerons le Gharta, le Raka et le Ki sur la rive gauche, le Painom sur la droite. Mais par où ce fleuve s'écoulet-il ? Que devient-il ? Les uns ont soutenu qu'il descend dans la Birmanie en suivant une direction sud-est et devient l'Irawadi, les autres, qu'il fait un coude, tourne à l'ouest et devient le Brahmapoutre. Toutes les recherches faites, toutes les explorations entreprises tendent à prouver la vérité de la deuxième hypothèse. Il est à peu près admis que le Tsang-bo-tchou tibétain, le Dihong qui traverse TAssam, et le Brahmapoutre de la plaine indienne sont un seul et même cours d'eau. Toutefois, la démonstration complète et définitive est encore à faire. H reste aussi à déterminer si le Tsang-bo-tchou est le fleuve principal ou un simple tributaire. Quant à l'Irawadi, fleuve delà Birmanie, il est à peu près reconnu qu'il prend sa source en Birmanie même, mais à la lisière du Tibet.

Fleuves du Plateau. — Tel est le r^ime des

1. Ce mot Tsang-bo, qui veut dire pur, s'applique à d*autre8 cours d'eau de moindre importauce.

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eaux dans le Tibet propre. Celui du plateau paraît être de très peu d'importance.; à part les sources du fleuve Bleu au nord-est et quelques affluents de gauche du Tsang-bo-tchou au sud, les faibles cours d'eau de cette région se perdent dans les sables ou se déversent dans des lacs intérieurs. Les lacs y sont en effet nombreux ; mais ils ne le sont pas moins dans le Tibet propre. Nous citerons les principaux.

Lacs. — A l'extrémité occidentale, nous trouvons le Pang-kong (4,245 m.), qui forme une série de lacs; puis, en suivant la direction du sud-est au pied du Kailâsa, deux lacs voisins communiquant entre eux, dont l'un, le plus oriental, le Manasarovar, est célèbre dans les traditions indiennes, l'autre est celui dont sort le Satledge ; au centre du pays, et au sud du Tsang-bo, le Phalgo, le Tchomto-dong (4,480 m.), le Kalo et le Gham communiquant entre eux et d'où s'écoule le Painom, surtout le lac Palte (4,114 m.) très voisin du Tsangbo, dont il est séparé par le Khamba-la. Il a une forme à peu près ovale et 72 kilomètres de tour : au centre s'élève une île montagneuse ou une agglomération d'iles qui occupe la plus grande partie de la superficie, et autour de laquelle l'eau forme comme un anneau ou une ceinture large de 4 à 5 kilomètres. Le plus grand lac à l'est est le Paso.

Tels sont les lacs de la région himâlayenne.

a LE TIBET

Dans le plateau nous trouvons au sud-est le lac « Céleste » (Nam), plus connu sous son npm mongol de Tengri, à une altitude de 4,629 m.

ayant 96 kilomètres de long sur 126 à 40 de large. L'eau en est salée. Un peu au nord, le petit lac appelé Boul fournit du borax *. Au nord-ouest, deux lacs assez importants, l'un plus grand, l'autre plus petit, et connus sous le nom mongol de Namour (automne) sont reliés par un cours d'eau flanqué d'une multitude de petits lacs. Dans là région sudouest se trouvent plusieurs lacs, l'un desquels, le Ghalaring, a une île centrale comme le Palte. Il y a aussi plusieurs lacs au nord et à l'est du plateau. Enfin, tout au nord-est du Tibet, dans la région montagneuse entre les monts Bayan-Kara et le prolongement des monts Kien-loun, il y a plusieurs lacs d'assez grande étendue ; et, au delà de ce prolongement, le grand lac Bleu (Keuké-nor en mongol) à 3,199 mètres d'altitude, dans une région où prédomine l'élément mongol, mais d'où l'élément tibétain n'est pas absent, où l'influence tibétaine est prépondérante et qui, nous l'avons déjà dit, forme l'extrémité nord-est du Tibet.

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