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Romégas ou Romégat

Certaines alliances avec des marchands et surtout le soin qu’ont pris les généalogistes de falsifier les premiers degrés en substituant des ancêtres de fantaisie aux véritables, feraient supposer aux Romégas une origine inférieure, insuffisamment relevée dans tous les cas aux yeux de leur postérité. N’étaientce pas aussi des marchands, ou peut-être des notaires issus de ménagers ? Que pouvaient-ils être autre chose dans le petit village de Figanières?

La branche dracénoise fit sa carrière au palais en passant par tous les degrés : procureur, avocat, magistrat, vice-président. Mais ces débuts modestes n’étaient pas pour flatter l’amour-

(1) Arch. dep'"1, E., procuration du 24 septembre 1542, nre Romégat à Figanières, f° 103.

propre de la famille qui, d’un geste, fit sauter toutes les toques sur les têtes des aïeux, même celles d’avocat. On ne respecta que le magistrat, Jean-Baptiste, parce que revêtu d’une dignité et de diverses seigneuries, plus ou moins obscures, entre autres celles de Badelune (1). Ce lieutenant particulier, plus influent, imita son lieutenant général Raimondis, se composa un dossier quelconque et obtint un jugement de maintenue de noblesse (1669). Seulement les bases de cette nollesse reposaient sur des actes si soigneusement cachés au fond des études notariales qu’il ne nous a pas été possible de les découvrir.

Nobles, les petits-fils de nos marchands ou notaires de Figanières ne se contentèrent pas de l’être. Ils se réclamèrent, en outre, du “ fameux chevalier Romégas, commandeur de l’ordre de Malte, appelé par l’abbé du Vertot (sic), le fléau des infidèles et qui contribua par son intrépidité et sa bravoure à la levée du siégé de Malte en 1560 ” (2). Il semblait bien facile et assez intéressant de rattacher cette illustration, relativement moderne, à la généalogie. Les Romégas le négligèrent — on ne songe jamais à tout, — ce qui nous prive de la satisfaction de la revendiquer pour le berceau de la famille et en faveur de notre tiers état.

(1) Ou Bas-de-lune, quartier rural de la commune du Cannet (Var).

(2) Artefeuil, Histoire héroïque, II, 337.

Il n’y a pas à chicaner Artefeuil sur l’omission de l’alliance avec le cordonnier Meifret, bien postérieure à l’époque de sa publication. N’ayant voulu ni des procureurs, ni même des avocats, on se demande ce qu’il aurait pu faire d’un aussi vulgaire artisan.

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