Magniol
Encore dans leur boutique de drapiers au premier tiers et au milieu du XVIIIe siècle, les Magniol en sortent, dans la seconde moitié et s’insinuent, par la porte des offices, toujours ouverte à la fortune, parmi l’aristocratie.
Cependant que la branche aînée a acheté une charge dans la finance à Marseille, ce qui lui vaut l’honneur d’un bout d’article généalogique dans Artefeuil, le distributeur de gloire nobiliaire, les cadets, devenus seigneurs de Villehaute et d’Ampus, acquis en 1751 des Castellane, moyennant 16.800 1. (1), manient tour à tour le glaive de Thémis et l’épée d’officier , ils tiennent dans la société dracénoise, jusqu’au commencement de l’Empire, un des premiers rangs.
En 1780 la petite-fille d’un de ces drapiers avait daigné écar-
(1) Acte du 27 février, nri' Meilhe, f° 22 v°.
teler l’obscur arc d’argent de ses armes avec le loup d’azur et le pont d’or des Pontevès, on a bien lu, des Pontevès, une des premières maisons de Provence par l’ancienneté et l’illustration !
Ne dirait-on pas que ces enrichis du comptoir avaient presque adopté l’orgueilleuse devise du superbe surintendant : Quo non ascendam ?