Roudier
N’avons-nous pas affaire ici encore à des colporteurs dauphinois qui auraient suivi les Richard-Gap et précédé tous les autres dans leur émigration en Provence? Nous trouvons en effet déjà, en 1518, un François Roudier, mercier de St-Christophe, passant à Draguignan un contrat d’apprentissage (1).
Jean, qui chronologiquement pourrait être son fils, tient aussi le fil et les aiguilles dans la boutique d’une maison de la rue “ tirant du Cros à Porte Romaine ” [Rue des Marchands], qu’il a achetée en 1571 (2).
A la génération suivante se traduisent les velléités d’ambition bourgeoise et même nobiliaire par l’acquisition, en 1601, d’un quart de la terre seigneuriale de Taradeau, débitée en lots par notre ville qui en est possesseur. Louis, quoique seigneur de Taradel, a-t-il cessé son commerce? nous le croyons d’autant moins que celui-ci est ensuite exercé par un de ses fils, son successeur probable. Toutefois le nouveau seigneur avait trop présumé de ses forces et, faute de payer les tailles, on le déposséda de sa terre.
La descendance fut à la fois bourgeoise et commerçante et
(1) Acte du 28 février, nra Jean Cléricy, sans f°. (Arch. dép1 2'3, E).
(2) Acte du 8 août 1571, nr“ Palayoni, f" 422.
finit par aller se retirer à Roquebrune où nous ne serions pas surpris qu’elle eût fourni plus d’un coseigneur de ce fief, dépecé, on l’a vu, en tant de morceaux.