‹ Le tiers état à DraguignanChapitre 57 sur 198 · Jouffret dit Gansard · texte numérisé non relu

Jouffret dit Gansard

L’acheminement des Jouffret dits Gansard, issus d’un cordonnier et auparavant de ménagers très probablement, fut assez rapide. A la troisième génération, pendant qu’une branche maniait encore la pioche et la charrue, l’autre (la branche ainée ?), parvenait à la bourgeoisie et, à la génération suivante, entrait hardiment, à l’aide de qualifications plus ou moins valables, dans les rangs de l’aristocratie. L’alliance d’Honoré, mercier, avec les Dauphin, d’Aix, notaires et secrélaires du Roi, anoblis par le roi René en 1440, et qui fournirent au chapitre métropolitain au moins trois capiscols successivement, aida sans doute - -

(1) Arch. dépl,!, B., justice royale de Draguignan, chargement des procédures criminelles, reg. 1722-1 77 1 .

à cette poussée. Les Jouffret-Dauphin, dits Gansard, occupèrent à Draguignan une situation influente et jouèrent surtout, pendant les mouvements de la Fronde, un rôle militant, parfois tragique à la tète du parti des Sabreurs ou des Cadets de la noblesse, contre les parvenus de la bourgeoisie. Une des places de l’enceinte du moyen âge porte leur nom, et la principale rue de l’agrandissement du XVIe siècle fut décorée par un de leurs membres, capiscol d’Aix comme son oncle et comme devait l’être son neveu, d’un hôtel assez remarquable, détruit depuis peu d’années.

Après que le fils du cordonnier, Pierre-Jean, avait été admis dans une famille noble, ce qui choquerait plutôt nos mœurs démocratiques, après qu’une de ses filles avait eu l’honneur d’être recherchée par un conseiller, ou futur conseiller au Parlement (1), on ne s’étonne plus que les Thomas de Pierrefeu, non des moins authentiques gentilshommes de Provence, n’aient éprouvé aucune répugnance à écarteler leur croix d’or du dauphin d’argent (?), adopté sans doute avec le nom par les Jouffret-Gansard.

Page 1