Bellegrand
Parmi les descendants de Pierre-Jean de Bellegrand, pâtissier et boulanger déjà en 1500 (1), lesquels avaient leur four en rue S^François [rue Nationale n° 6], les guerres de religion suscitèrent deux vocations militaires : celles des frères Paul ou Paulet et Jean de Bellegrand, le premier sûrement mitron. Ils suivirent, semble-t-il, le parti royaliste, furent promus capitaines, et, encore que l’armée à laquelle ils étaient incorporés ne fut rien moins que régulière et son personnel d’officiers rien moins que toujours fieffé, ils bénéficièrent de la considération générale attachée à l’épée et ne cessèrent plus d’être qualifiés de la particule. Leurs aïeux, il est vrai, l’avaient prise quelquefois, mais sans prétention nobiliaire aucune.
Paulet de Bellegrand étant lieutenant de viguier fut appelé à suppléer le titulaire de la fonction, capitaine Claude Raphaël, des seigneurs de Châteauvieux, pendant la peste de 1587, où ce dernier avait cru prudent de mettre sa personne à l’abri. Paulet
(1) Acte du 8 novembre 1510, nre Jean Roux, f° 9.
eut alors en mains le bâton du Roi et le porta pendant tout le temps de l’épidémie, “ en homme de bien Or on sait que cet insigne du pouvoir conférait l’autorité et le droit de “ mulcter ” d’amende et même de prison, en un mot l’exercice d’un des privilèges de la souveraineté. Uu boulanger, délégué du prince, l’utile corporation vit-elle jamais, même en des temps plus égalitaires, le plus éminent de ses membres à pareil honneur?