‹ Le tiers état à DraguignanChapitre 76 sur 198 · Veyan · texte numérisé non relu

Veyan

Gomment un fils et petit-fils de plâtriers d’une famille de travailleurs se métamorphosa en inspecteur général d’un des services financiers de l’Etat, ensuite en procureur de Sa Majesté dans un tribunal maritime, comment il eut l’honneur d’un titre seigneurial qu’il devait partager avec un Pontevès, tout cela, très étrange au premier abord, s’explique non seulement par des qualités personnelles d’initiative, mais surtout par l’aide précieuse des ressources paternelles.

André Veyan sortait très vraisemblablement des couches populaires. Nous le voyons en effet se charger, le 21 avril 1663, de la procuration d’un de ses homonymes et très probablement son parent, Jacques, regrattier à Aix, fils d'un Claude, en son vivant simple travailleur à Draguignan (1). Maçon au moment où la fièvre des constructions battait encore son plein (commencement du XVIIe siècle), il avait, dû réaliser certains bénéfices, comme le prouvent l’importance de sa cote cadastrale (2) et les opérations commerciales auxquelles il paraît s’être livré. Il rêva mieux pour ses enfants et les poussa vers la basoche. En 1641, il place Pierre, l’ainé probablement, chez un procureur d’Aix pour apprendre la “ pratique ”, l’habilite en 1645 et émancipe Jacques, praticien, son puîné, en 1664. En 1651 Pierre était déjà commis du Pays ou du trésorier aux vigueriats de Draguignan, Lorgues et Aups. Trois ans après, il porte le titre de coseigneur de la Garde-Freinet, que ne dédaignera pas plus lard un Pontevès.

(1) O. Teissier, Armorial de la sénéchaussée de Draguignan, 25.

(2) Actes des 22 novembre et 23 septembre 1615, nre Pascal, f°s 902 v° et 1314; 10 janvier 1664 et 24 mars 1654, n" Olive, f°s 523 v° et 771.

Eu 1664, il a dû acheter un office de conseiller du Roi, visiteur général des gabelles et greniers à sel de Provence, qu’il résigne ensuite pour devenir procureur du Roi en l’Amirauté de Sl-Tropez (1693 ?j.

Son héritier lui succéda dans cette charge (1699?), et sa fille épousera ou a déjà épousé un avocat, Antoine Ferrier, professeur en l’université d’Aix.

Ces fils de maçons n’avaient pas gravi moins prestement les degrés de la hiérarchie sociale que leurs pères ceux de l’échelle professionnelle.

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