‹ Le tiers état à DraguignanChapitre 85 sur 198 · Raynaud · texte numérisé non relu

Raynaud

Toujours la même question. Comment ce simple artisan, exerçant une profession médiocre, celle de cordier, parvint-il à élever une famille de six enfants (trois filles et trois garçons), età acheminer deux de ces derniers jusqu’au grade de docteur dans deux facultés différentes ? Pareil succès suppose non seulement des prodiges de travail, d’économie et de privations, mais encore les conditions d’un milieu favorable. Pierre-Jean Ier s’y épuisa, et ses enfants furent réduits à accepter sa succession sous bénéfice d’inventaire (1).

Sa postérité se montra digne d’un si généreux exemple. Les docteurs Jacques et Jean Ier notamment jouirent en leur temps, de la réputation de “ fameux médecins ” (2), et, quant à Jean II, un texte nous le représente exerçant son art à Draguignan, “ voire en tous les lieux circonvoysins et en la plupart [de ceux] de la Provence ” (3).

Nous ne parlons pas du dernier né, Pierre-Jean II, que nous ne rattachons à la même souche que sous réserve, faute de documents, et qui fut le père d’un capitaine, qualifié d’écuyer.

Quoi qu’il en soit, ce ne serait pas, même de nos jours, un fait très ordinaire de trouver en une obscure boutique de cordier

(1) Arch. dépUs, B. 273, f 41.

(2) La oie et miracles du glorieux St-Pons, évêque de Cimiez en Provence, p. 38.

(3) Acte du 15 octobre 1601, nr' Olive, f° 551.

le berceau de deux docteurs et d’une dynastie de trois générations de médecins de mérite.

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