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CHAPITRE IV

De Louis XV à l'apparition du timbre-poste.

Sous Louis XV, en 1723, le service à Paris était assez bien organisé. IL y avait huit bureaux, desservis chacun par dix

facteurs. | <a

Les courriers arrivaient dans l’ordre suivant : trois fois par semaine ceux de Lyon, de Bretagne, deux fois ceux de Bordeaux, | de Hollande, une fois celui de Toulouse. Celui d'Espagne n'élait que bimensuel; enfin, les courriers du Levant et d'Amérique ne parvenaient qu'irrégulièrement, Le bureau général des postes élait rue des Déchargeurs (cette rue existe encore el se trouve aux environs des Halles centrales). | ITA

La poste installée rue des Déchargeurs depuis une date incertaine fut transférée vers 1700 rue des Poulies, en face la colonnade du Louvre (aujourd'hui rue du Louvre).

En 1757, la ferme des postes acheta l'immeuble situé entre les 230 ; rues Coq-Héron, Vieux-Augustins, Coquillière et Plâtrière (aujourd'hui Jean-Jacques-Rousseau). Cet immeuble avait appartenu 8 successivement aux comtes de Flandre, puis au duc d'Épernon,

à Herward, à Fleuriau d'Armenonville, et enfin, en 1757, il appartenait au comte de Morville, secrélaire d'État des affaires étran-

Un bureau de poste sous Louis XV.

gères. Successivement, sous la Révolution, le Consulat, l'Empire et la Restauration, plusieurs maisons furent acquises pour agrandir l'hôtel des Postes, devenu insuffisant par suite de l’ex-

tension du service.

En 1758, M. de Chamousset, reprenant l’idée de M. Vélayer,

organisa la pelite poste aux lettres et créa neuf bureaux”.

La {axe était de 2 sols pour toutes lettres, cartes ou billets

n'excédant pas le poids d’une once, et 3 sols pour les paquets de

3 à 4onces.

Sous Louis XVI, Turgot sépare la ferme des postes de l'entre-

prise des messageries el établit de nouveaux tarifs.

Bientôt arrivait la Révolulion, qui, tout en préparant une ère

nouvelle pour la majorité des Français, déchaïna pendant plu-

sieurs mois les haines et les passions les plus violentes. Pendant

cette époque, peu de modifications aux services des courriers.

L'Assemblée nationale vola, le 47 août 1791, un nouveau tarif

plus rationnel que les précédents :

Lettres circulant dans un même arrondissement — à l'intérieur d’un département...

— hors d'un département jusqu'à 20 lieues.

Ce tarif fut légèrement élevé, le 27 nivôse an IT, par la Cons

de 20 à 30 30 40 10 50

au-dessus de 180

1. Place de l'École, près du Pont-Neuf, cloître, culture Sainte-Catherine; rue | Saint-Martin, près la rue aux Ours; rue Neuve-des-Petits-Champs; porte Saint

Honoré: rue du Bac, près la rue de Verneuil; rue du Petit-Lion; à l'entrée de la‘rue

des Postes; rue Galante, près la place-Maubert.

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rue des Poulies, en 1700.

L'hôtel des Postes

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vention, qui portait à 5 sols la lettre circulant dans un même département ; l'augmentalion était proportionnelle pour le reste

des distances.

Le 5 nivôse an V (25 décembre 1796), nouveau tarif se rap-

prochant beaucoup de celui du 17 août 1791.

Sous le Consulat, le 27 frimaire an VII, le {arif des lettres

simples n’excédant pas 7 grammes de bureau à bureau fut ainsi

fixé :

Jusqu'à 100 kilomètres 20 centimes

de 100 à 200 30 — 200 300 40 — 300 400 SDn . 400 500 60 — 500 600 70 — > More en 600 … 800 A 7 RAD 800 1000 QE Au-dessus de 1090 Afr.» — De 7 à 10 grammes, il y avail 10 centimes de surlaxe. ss Fe Sous Napoléon, un tarif du 24 avril 1806 élevait la laxe ainsi Be qu'ilsuit : .

Jusqu'à 50 kilomètres 20 centimes de 50 à 100 30 — [20 100 200 ie — ‘ 4 200 300 He $ L 300 400 60 — 400 500 70 : — E 500 600 BOIRE 1% - 600 800 JE Hi ne 80) 1000 Are ve LISE PC 1000 1200 Mo x Au-dessus de 1200 SE

Sous la première Restauration (31 mars 1814-20 mars 1815), rien de bien saillant à signaler, non plus que sous les Centjours.

Sur la fin du règne de Louis XVII, un seul fait à signaler : les facteurs font leur distribution à cheval afin d'accélérer la remise des correspondances.

Pendant le règne de Charles X, une innovalion mérite d’être signalée : c’est l'adoption du fimbre à date (loi du 15 mars 1827 mise à exécution le 1° janvier 1828), frappant les lettres au bureau d'arrivée, afin de permettre au public de contrôler lui-même l'exactitude des transmissions.

La ville de Paris élait divisée alors en neuf sections, desservies chacune par un bureau dont dépendait un certain nombre de facteurs chargés de la distribution. Ces bureaux étaient ouverts au public de 8 heures du matin à 8 heures du soir, sauf le dimanche, où les bureaux fermaient à 5 heures.

L'emplacement des bureaux était :

1° rue Lenoir-Saint-Honoré ;

2° — des Tournelles ;

3° — du Grand-Chantier ;

4 — Bergère; :

5° — Desèze ; 6° — de Verneuil;

7° — de Condé;

8° — des Fossés-Saint-Victor ;

9° — Notre-Dame-des-Victoires.

Il ÿ avait sept levées et sept distributions journalières.

Comme on le voit, pendant toute une période on piélina sur place, et les améliorations apportées de la Révolution à l'innovation du üimbre mobile ne furent pas grandes.

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Dès 1832, un journaliste bien connu, Émile de Girardin, avait formulé le vœu que la taxe des lettres devint uniforme en France. C'était un vœu qui ne fut pas entendu. Il fallut que. la réforme prit en Angleterre pour qu'en France on y fit attention. De cette époque commence une ère nouvelle de progrès, qui ne s'arrêtera plus, comme nous le conslaterons bientôt. «

En 1837, sir Rowland Hill, frappé des taxes élevées et arbitraires qui pesaient sur le service des postes en Angleterre, exposa, dans une brochure Post Office Reform, un projet basé sur une taxe uniforme à 10 centimes (one penny). Celle brochure, qui pénétra assez vivement dans le public, y fut accueillie avec enthousiasme, et la presse prit chaudement parli pour la réforme. De nombreuses pélitions, parties de toutes les villes du royaume, vinrent démontrer au parlement que la réforme était mûre. |

Il fallut vaincre l’obstiné secrétaire général du Post Office, le colonel Maberly, qui trouvait que tout élait bien et que la réforme ne ferait pas écrire une lettre de plus. Qu'on songe qu'une lettre venant du fond de l'Irlande jusqu'à Londres coûtait 1 schilling 2 pences (1 fr. 45). La réforme meltant une taxe uniforme à 10 centimes, il était de toute évidence que le nombre des correspondances augmenterait dans des proportions considérables. Aussi quelques esprits éclairés, dans le parlement, se réunirent, el allèrent trouver le premier ministre, lord Melbourne, pour lui exposer les avantages de la taxe uniforme. Malgré le colonel Maberly, une commission fut nommée qui fit un rapport favorable, et enfin, le 10 janvier 1840, la taxe uniforme de 10 centimes élail adoplée pour tout le royaume, pour toute lettre ne dépassant pas 15 grammes.

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