ACTE PREMIER
Je ne la verrai plus
Demain, cette toile achevée
Disparaîtra. . .
De même s'évanouira
La vision rêvée !...
accablé
Je ne la verrai plus !. . .
VÉRONÈSE
Pauvre ami ! Calme-toi !
LE TINTORET VÉRONÈSE, à part
Je pleure malgré moi !
O pauvre ami, ton cœur s'épanche Dans mon cœur confident du tien:
Une amitié solide et franche Dans les pleurs est un doux soutien. La vie a d'immenses détresses Que connaissent seuls les amants ; Sans croire aux folles allégresses Espère de meilleurs moments.
On est bien fort lorsqu'on aime !
Et si triste que soit le sort, On peut en triompher quand même...
Lorsque l'on aime, on est bien fort !
Ils restent quelques instants la main dans la main ; puis on enlenl des pas à la porte de gauche.
On vient ! vite à l'ouvrage !... Avance cette échelle Et que nul ne soupçonne...
VÉRONÈSE, approchant l'échelle
Oh ! ne crains rien !
LE TINTORET, apercevant Faustina
C'est elle !
Ils montent vivement sur l'escabeau et sont cachés par la toile