‹ Le tirage des épreuves en photographieChapitre 12 sur 63 · AU MINIMUM LES COMPOSES DISSOLVANT LE CHLORURE · texte numérisé non relu

AU MINIMUM LES COMPOSES DISSOLVANT LE CHLORURE

Litharge (oxyde de plomb).

I Oxyde de zinc.

Alumine.

Carbonate de chaux ou craie

— de baryte.

— de strontiane.

— de magnésie.

'Talc (silicate de magnésie).

Kaolin (silicate d’alumine).

Phosphate de chaux précipité.

' Potasse.

Soude.

I Lithine.

' Chaux.

' Baryte.

Strontiane V Magnésie.

' IIypochlorites(chlorurede chaux).

Carbonate de lithine.

Carbonates \

I Bicarbonates (

I Silicates |

Borates I Phosphates Pyrophosphates Arséniates Chromâtes Tungstates Molybdates /

Cyanate de potasse {dédoublé par VeoM en carbonate de potasse et ammoniaque).

1° Sene grave.

Acétates \ alcalins

Proprionates r ou

Butyrates t alcalino-

1 Succinates ) terreux.

I alcalins

' ou

, aie ali no-

terreux.

> alcalins.

I de potasse ou

soude.

|de

j2o Séide aromatique.

I Benzoates

Phtalates \ Anisates, etc.

/ Hyposulfites \ Sulfocyanures j Sulfites ( Cyanures

Ce tableau pourrait être encore plus complet. Franchement, à quoi bon. Il y a là des sels ou oxydes beaucoup plus qu’il nous en faut, tous pouvant fournir de bons

résultats, du moment qu’on les emploie en proportion convenable. A ce sujet, M. P. Mercier établit certaines règles qu’il est bon de rappeler.

79. — Règle I. — Lorsque dans la préparation des bains de virage à Voi\ on emploie des composés plus ou moins alcalins^ sels ou oxydes^ la proportion de chaque composé nécessaire pour décolorer rapidement le bain est d'autant plus faible que ce composé est plus alcalin.

Pour les substances insolubles ou peu solubles, cette règle doit être formulée comme suit :

Lorsqu’on traite une solution de chlorure d'or par une substance faiblement alcaline et peu soluble,, la décoloration est d'autant plus rapide q\ie la substance employée est plus alcaline.

Règle II. — Quel que soit le sel ou l’oxyde alcalin que L'on utilise., le bain se décolore et devient propre à l'usage avec une rapidité d’autant plus grande que l’on emploie une plus grande quantité de sel.

Règle III. — 7 'ous les bains de virage neutres ou netteineyit alcalins., quels qu'ils soient., employés près du moment où leur décoloration est complète., virent très rapidement et peuvent donner jusqu' aux tons violets noirs.

Règle IV. — Tous les bains de virage neutres., ou nettement akalins., perdent peu à peu leur activité, et ils la perdent avec une rapidité d'autant plus grande que leur alcalinité est plus prononcée.

Règle V. — Les bains de virage acidulés [rougissant très lentement le papier bleu de tournesol) ne se décolorent pas complètement lorsqu'ils sont obtenus avec des sels minéraux purs; ceux préparés avec des sels organiques se décolorent complètement lorsqu'ils se rapprochent de la neutralité ou qui ils sont obtenus avec des sels très réducteurs.

Règle VI. — Les virages acidulés conservent indéfiniment la propriété de virer les épreuves et leur activité est d'autant plus grande que leur acidité est plus faible.

Règle VII. — Les tons obtenus avec les différents papiers et les différents bains de virage dépendent surtout de la quantité d'or déposé: plus la dorure de L’épreuve se fait rapidement., plus elle est complète et plus les tons obtenus tendent à se rapprocher du noir bleuâtre^

CONSIDÉRATIONS SUR LE VIRAGE A L’OR

80. — Nous venons de constater que les bains de virage peuvent s’altérer par la présence d’un excès d’alcalinité. Sous le coup de cette altération, l*es bains ne perdent en rien leur limpidité première. Il en va tout autrement de l’altération due à la présence de matières organiques. Celle-ci se révèle par le dépôt d’un précipité noir ou verdâtre. Cette altération s’effectue môme dans l’obscurité. Sous l’action de la lumière, elle est activée.

On la remarque peu dans les bains très étendus et constitués avec des sels minéraux ebimiquement purs, de l’eau parfaitement exempte de substances réductrices ou organiques dissoutes ou en suspension, et si l’on n’a pas fait emploi des sels alcalins en grand excès.

On la remarque beaucoup, même avec de l’eau parfaitement pure, dès que l’on emploie un sel organique quelconque et que la solution est conservée à la lumière. Dans ce cas, la décoloration de la liqueur virante est extrêmement rapide, mais on la voit se troubler, quelle qiuï soit sa réaction au tournesol, puis déposer, avec une rapidité d’autant plus grande que le sel organique contenu dans la liqueur est plus abondant.

Ce dépôt noir ou verdâtre est constitué, en majeure partie, par de l’oxyde sous-aureux. Il y entre de l’or métallique en faible proportion.

Dans les bains de virage ayant servi, la même réduction se produit presque toujours. C’est que fatalement nous avons eu introduction de matières organiques dans le bain (albumine, gélatine, citrates, tartrates, etc.) constituant le support de l’épreuve ou ayant servi à la préparation du papier.

M. P. Mercier affirme que cette précipitation d’oxyd('. d’or et d’or métallique, tout importante qu’elle paraisse à la vue, n’a pas cependant, en réalité, la gravité qu’aurait l’af faiblissement de l’activité du virage par le fait d’un excès d’alcalinité. C’est ainsi, dit-il, qu’un bain préparé avec 30 grammes d’anisate de soude et 1 gramme de chlorure d’or dans 1 litre d’eau distillée donnera un abondant précipité vert-noir au fond du flacon, mais sera encore très actif après plusieurs mois, tandis qu’un bain préparé avec du borate de soude pur restera parfaitement limpide, mais

aura perdu toute son action après une ou deux semaines au plus.

81. — Le chlorure de chaux a été recommandé pour retarder considérablement, sinon complètement éviter, la précipitation des bains de virage. Malheureusement si la précipitation est retardée, la durée d’activité du bain de virage n’en est pas moins prolongée.

J’ai signalé, dans le courant de ce chapitre, l’action du verre des flacons. C’est, en effet, dans une certaine mesure aussi, une cause d’altération.

Laissez pendant une huitaine de jours une solution de chlorure d’or à 1 p. 1000 dans un flacon de verre. Au bout (le ce laps de temps, préparez dans un flacon semblable une solution identique. Vous verrez que la première solution est notablement plus pâle que la seconde. Autrement, ajoutez du verre filé à une solution bouillante de chlorure d’or au millième. Elle se décolorera sensiblement et le verre prendra une teinte jaune orangé. Donc les substances alcalines contenues dans le verre, qui est un silicate de chaux et de potasse, ou de soude, influent sur le chlorure d’or. Or, nous savons, en outre, que le verre est légèrement soluble dans l’eau. Par conséquent le verre du flacon peut à la longue agir sur un bain de virage en diminuant son activité.

Si nous avons si bien considéré les différents sels ou oxydes pouvant entrer dans la constitution d’un bain de virage, nous avons à voir la nature du chlorure d’or à employer ou plus exactement quel est le chlorure d’orque nous devons choisir parmi les différentes espèces que le commerce nous offre.

82. — Nous possédons, en première ligne \q chlorure d’or brun. C’est le véritable chlorure d’or autrement dit chlorure aurique. Sa formule est Au GP et son poids moléculaire 303. Pour l’obtenir, on fait dissoudre de l’or dans de l’eau régale et l’on évapore un peu au-dessus de 100° C. Plus la température a été élevée, plus le produit est riche en or et faible en acide. C’est vraisemblablement à la formation du chlorure intermédiaire qu’il doit sa coloration brune. Il se présente sous la forme de petites masses. Le chlorure d’or brun est toujours un peu acide. Mis, pour

CONSIDERATIONS SUR LE VIRAGE A L'OR

la dissolution, en contact de l’eau, le chlorure intermédiaire qui est en lui se dédouble en trichlorure et protochlorure. Au bout de quelques instants, ce dernier entre en dissolution à la faveur de l’acide en excès. Ce commencement de décomposition subie par le chlorure d’or brun a une influence heureuse : elle diminue l’acidité du sel sans amener aucune perte de métal précieux.

Un gramme de chlorure d’or brun pur contient environ d’or métallique.

Très hygrométrique, le chlorure d’or brun perd de l’intensité de sa couleur à la longue, la tonalité tendant vers une teinte jaune plus claire. On le falsifie quelquefois en le colorant avec du caramel.

C’est ce chlorure que, d’une façon générale, on doit préférer à tout autre parce qu’il est le plus riche en or, donc le plus économique.

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