Vient \q ch d'or jaune cristallisé
le chlorhydrate de chlorure aurique ou acide chloraurique dont la formule est Au CP, HCl -f 3 H^O. On l’obtient en traitant l’or en excès dans de l’eau régale contenant un excès d’acide chlorhydrique. On chaufle jusqu’à ce que l’or ne se dissolve plus, ou décante, on concentre et les cristaux se déposent par refroidissement. Ce chlorure d’or, qui présente une très faible tendance à cristalliser, cristallise très facilement en présence de l’acide chlorhydrique. Il se présente alors à nous en cristaux prismatiques ou octaédriques tronqués. Si l’on vous offre dans le commerce ce chlorure en cristaux mal définis, ou en plaques amorphes, iJ faut le rejeter d’une façon absolue, car cette apparence décèle qu’il est mélangé avec du .chlorure de sodium et de potassium, qu’on y ajoute pour le rendre moins hygrométrique.
Un gramme de chlorure d’or jaune pur contient environ de 0ê^,48 d’or métallique.
84. — Ensuite nous trouvons le chlorure double d'or et de 'potassium ou chloraurate de potassium., dont la formule atomique est AuCPK -f- 4 H^O et le poids moléculaire 413.
Ce sel perd facilement son eau de cristallisation. Il est donc moins déliquescent que les précédents. Sous l’action de la chaleur il rougit, fond, perd totalement son eau de
cristallisation et se transforme en chloraurite brun-noir.
Un gramme de chlorure d’or et de potassium contient environ 0^'’,48 métallique.
85. — Enfin se montre le frère du précédent : le chlorure double d'or et de sodium ou chloraurate de sodium. Sa formule atomique est AuCUNa -f 2 H^O et son poids moléculaire 397. 11 perd un peu moins son eau de cristallisation que le précédent.
Un gramme de chlorure double d’or et sodium contient environ 0^'’,49 d’or métallique. C’est un peu plus que le précédent. Néanmoins, dans les formules on emploie l’un et l’autre aux mêmes doses sans que l’effet soit notablement modifié, mieux vaudrait cependant employer les quantités correspondantes telles que les fournit le tableau que l’on trouvera plus loin.
Ces deux chlorures doivent se présenter en cristaux bien définis sans aucun mélange de fragments irréguliers.
86. — Ce sont en réalité ces quatre chlorures que nous vend le commerce. Autrefois on se servait d’un sel d’or isolé par Fordos et Gélis en 1843, constituant la base de la liqueur employée par Fizeau pour la dorure des images daguerriennes et ensuite pour le virage des photocopies sur papier. C’est le seul sel d’or au minimum, connu à l’état de liberté et pouvant être utilisé directement en photographie. Ce sel Fordos et Gélis est de V hyposulfite double d'or et de sodium. Dont la formule atomique est AuNa^(S'^O^)’^ -[- 2 H-0 et le poids moléculaire 522,2.
Ce sel s’obtient en faisant simplement une solution contenant environ quatre parties d’hyposulfite de sodium et une partie de chlorure d’or. On précipite par l’alcool dans lequel ce sel est insoluble. Il se présente en fines aiguilles incolores, inaltérables à l’air et à la lumière.
Bien qu’on employât ce sel, en le mettant toujours en présence d’un excès d’ammoniaque ou d’hyposulfite de sodium, on remarqua qu’il mettait néanmoins celle-ci en contact d’une quantité insuffisante d’hyposulfite, ce qui offrait des dangers pour la bonne conservation de l’image. Or comme on avait reconnu, d’autre part, que le virage, précédant le fixage, offrait plus de garan-
CONSIDÉRATIONS SUR LE VIRAGE A L’OR
lies d’inaltérabilité pour l’épreuve que le virage et le fixage combinés, on abandonna l’iiyposultite d’or.
Avec les papiers émulsionnés, le virage et le fixage simultanés sont revenus à la mode. Ces papiers virant souvent plus difficilement dans des bains alcalins décolorés. Or dans beaucoup de bains viro-fixateurs, il se produit réellement de l’hyposulfite d’or et de sodium. Est-ce une raison suffisante pour les employer ? Je ne suis, pour ma part, pas très convaincu de cette suffisance, attendu que si les papiers émulsionnés virent avec une certaine difficulté dans les bains alcalins, ils virent très facilement dans les bains acidulés et l’on peut toujours éliminer la totalité de l’acidité du virage avant de passer l’épreuve dans l’hyposulfite. Laissons donc l’hyposulfite d’or et de sodium, dans les archives historiques où l’on a cru devoir le faire entrer.
87. —11 arrive souvent qu’en villégiature ou qu’au cours d’un long voyage on ne soit pas à môme de se procurer facilement du chlorure d’or. Aussi est-il hon de connaître un moyen pratique de le préparer. Cette préparation n’offre aucune difficulté, une pièce de monnaie encours pouvant servir.
Prenez, par exemple, une pièce d’or de dix francs. Vous la mettez dans une capsule de porcelaine contenant environ 15 grammes d’une eau régale composée de: 20 grammes d’acide chlorhydrique et de 5 à 6 grammes d’acide azotique. Afin d’éviter toute projection de liquide, il sera prudent de recouvrir la capsule d’un entonnoir renversée! de la placer dans une cheminée à fort tirage, ou en plein air. On agitera de temps à autre, avec une baguette de verre, jusqu’à disparition complète delà pièce d’or. A la rigueur, vous pouvez légèrement chauffer, sur une lampe à alcool, ou ajouter une petite quantité d’eau.
Après dissolution complète de la pièce d’or, on fait évaporer sur la flamme d’une lampe à alcool jusqu’à ce qu’il ne reste plus environ que 6 grammes de solution. On obtient ainsi des cristaux purs, mais très acides, de chlorhydrate de chlorure d’or hydraté. Quant au cuivre contenu dans la pièce d’or, il surnage le liquide.
J’estime cependant qu’il se fait préférable de continuer l’évaporaliou jusq,u’à ce c^ue le liquide prenne une forte
coloration brun-rouge, en ayant soin toutefois de ne pas trop chauffer. 11 se formerait, en effet, un protochlorure jaunâtre avec précipitation d’or métallique. La solution, ainsi réduite, est coulée sur un verre bien propre.
Ce produit contient un dixième de son poids en cuivre. Pour la formation d’un bain de virage, nettement alcalin seulement, cette petite quantité de cuivre n’a pas d’importance. Il me semble préférable cependant de l’éliminer comme je l’indiquerai tout à l’heure.
Une pièce de dix francs, pesant 3^'’,20, renferme 2^%88 d’or métallique qui auront ainsi donné lieu à 4®", 48 de chlorure d'or brun. Si on les dissout dans 448 grammes d’eau distillée on aura une solution contenant 1 p. 100 de chlorure d’or.
Pour débarrasser le chlorure d’or du cuivre qu’il contient, on fait dissoudre le résidu précédent dans 100 à 200 centimètres cubes d’eau distillée et on lui ajoute une solution composée, à froid, de :
Eau distillée 100 cm
Sulfate de fer pur 10 gr
Acétate de soude 20 gr.
Acide acétique 20 gr.
L’or se précipite et le cuivre reste en dissolution avec les sels ajoutés.
Recueillez le dépôt sur un filtre, lavez à l’eau distillée, séchez et brûlez le filtre au-dessus d’une capsule de porcelaine contenant le précipité d’or pur. Redissolvez ensuite le tout à l’eau régale, comme il est indiqué ci-dessus.
Voulez-vous un chlorure double d’or et de potassium?
Faites dissoudre, comme l’indique Fordos, 10 grammes d’or monnayé dans un mélange de 10 grammes d’acide azotique et 40 grammes d’acide chlorhydrique. La solution est évaporée comme précédemment et on ajoute au résidu, qui est un chlorhydrate de chlorure d’or, de l’eau distillée et 5^%10 de bicarbonate de potassium.
Si l’on employait de l’or pur, au lieu d’or monnayé, il faudrait augmenter de 50 centigrammes la quantité de bicarbonate de potassium. Évaporez jusqu’à siccité, desséchez à une chaleur douce, dissolvez dans l’eau distillée,
CONSIDÈRATfONS SUR LE VIRAGE A L’OR.
filtrez sur verre pilé ou sur amiante et faites cristalliser par évaporation.
Les 5^%10 de bicarbonate de potassium peuvent être remplacés par 3^%80 de chlorure de potassium ou 7^'’,30 de carbonate de sodium ou 3 grammes de chlorure de sodium. L’on a ainsi, suivant la nature de la base employée, un chlorure double d’or et de potassium ou un chlorure double d’or et de sodium.
Pour bien faire comprendre la marche à suivre, en employant de l’or allié à du cuivre à un titre connu, j’ai indiqué l’or monnayé. L’article 132 du Gode pénal semble défendre, dans son esprit, la destruction des monnaies en cours. N’allez donc pas, le cas échéant, chercher à me faire passer pour complice, puisque je termine en vous rappelant au Gode. 11 vous est si facile, d’ailleurs, de substituer à l’or monnayé quelque vieux morceau de chaîne ou de bague brisée !
A ce mode de préparation du chlorure d’or, j’ajouterai un tableau donnant les quantités correspondantes des différents chlorures d’or employés en photographie couiparés au métal même. Il permettra, le cas échéant, de remplacer dans une formule un chlorure par un autre.
Désignation des corps,.