OU
1 gr. d’or exige d’hyposulfîte de sodium
donc :
d’or ou 1 gr. de chlorure d’or à 50 p. 100 demande l&^26 d’hyposulfite de sodium
En conséquence, si nous avions un chlorure d’or renfermant exactement la moitié de son poids d’or, donc au titre de 50 p. 100, et qu’on en fasse dissoudre 1 gramme dans 100 centimètres cubes d’eau, cette solution devrait être entièrement décolorée par 1®",26 d’hyposulfite de sodium dissous dans 50 centimètres cubes d^eau. De plus, la simple lecture de la quantité de solution d’hyposulfite employée donnerait, sans aucun calcul, le titre du chlorure d’or. Dans le cas présent, les 50 centimètres cubes de la solution d’hyposulfite employés nous indiqueraient donc le titre de 50 p. 100.
Au lieu de 50 centimètres cubes de ladite solution, supposons qu’il n’en ait fallu que 40 centimètres cubes pour décolorer le gramme de chlorure d’or, son titre ne serait que de 40 p. 100 et ainsi de suite.
D’ailleurs, cette méthode permettrait, au lieu d’opérer sur 1 gramme de chlorure d’or, dissous dans 100 centimètres cubes d’eau de n’opérer que sur la centième partie, soit 1 centimètre cube. Il suffirait, dans ce cas, de prendre une solution d’hyposulfite de sodium, cent fois plus faible pour obtenir encore, par simple lecture, le titre du chlorure d’or. Toutefois, si l’on trouve cette solution titrante trop faihle, on pourrait la faire quatre fois plus forte et alors le titre serait donné par le nombre de centimètres cubes utilisés multiplié par 4.
Ainsi, strictement appliquée, la méthode néanmoins ne saurait convenir. Les choses, en effet, ne se passent pas de la même manière si l’on verse la solution d’hyposulfite de sodium dans la solution de chlorure d’or ou inversement. Au lieu d’une décoloration du chlorure d’or on a la formation d’une coloration accessoire noirâtre, due vraisemblablement à une sulfuration de Tor et qui masque complètement la réaction principale. Ceci prouve, du reste, que le chlorure d’or n’est décoloré par l’hyposulfite qu’à la condition que celui-ci soit toujours en excès.
Pour tourner la difficulté, il faut transformer le chlorure d’or en iodure. La réaction se fait alors avec une régularité et une netteté parfaites. Cette transformation s’effectue instantanément en ajoutant à la solution de chlorure d’or un peu d’iodure de potassium.
90. — Ceci dit, quel sera, pour l’amateur ou le professionnel, le meilleur mode opératoire. M. Reeb s’est chargé de le résumer comme suit.
Faire, avec le chlorure d’or à essayer, une solution à 1 p. 100. Pour cela, peser un gramme exactement et le dissoudre dans de l’eau distillée en quantité suffisante pourv parfaire un volume de 100 centimètres cubes. D’autre part, faire dans les mêmes conditions une solution titrée d’hyposulfite de sodium à 1 p. 1 000. Cette pesée doit être JPaite bien exactement et nécessite la balance de précision ou au moins le trébuchet. A défaut, voici comment on arrivera,
CONSIDÉRATIONS SUR LE VIRAGE A L'OR
avec une balance ordinaire, à une approximation suffisante : on commencera par faire une solution d’hyposulfite à 10 p. 1 000, en pesant 10 grammes d’hyposulfite aussi exactement que possible sur une bonne balance ordinaire et parfaisant le litre en ajoutant de beau distillée.
11 suffira, alors, de prélever exactement 1 00 centimètres cubes de cette solution pour avoir 1 gramme d’hyposulfite et de compléter le litre avec de l’eau distillée. A défaut d’un ballon jaugeant exactement 1000 centimètres cubes, on pourra se contenter de faire peser en tout 1 000 grammes qui équivaudront sensiblement à 1 000 centimètres cubes.
On étiquetera cette solution: hyposulfite au millième pour titrage du chlorure d’or et l’on se rappellera qu’elle n’est pas d’une conservation indéfinie, surtout en flacons entamés.
, Enfin on aura un petit flacon renfermant quelques centimètres cubes d’une solution saturée d’iodure de potassium, une burette graduée en centimètres cubes, ou mieux une pipette, ou à défaut un compte-gouttes dont un nombre connu d’avance de gouttes donnera exactement un centimètre cube, compléteront ces préparatifs.
On mesurera alors exactement un centimètre cube de la solution de chlorure d’or au centième et l’on y fera tomber une à deux gouttes de la solution d’iodure de potassium. On agitera pour mélanger le tout et obtenir une solution brune parfaitement limpide. A l’aide d’une pipette graduée, ou de tout appareil gradué quelconque, on y laissera tomber la solution d’hyposulfite, petit à petit, en agitant sans cesse jusqu’à parfaite décoloration. Le nombre de centimètres cubes employés, multiplié par 4, donnera le titre du chlorure d’or au centième.
S’il a fallu 12 centimètres cubes d’ hyposulfite, le chlorure aura pour titre 12 X 4 = 48 pour 100 d’or ; 10 centimètres cubes auraient représenté un chlorure au titre de 10 X 4 = 40 pour 100 d’or, etc.
On peut arriver à une approximation encore plus grande en opérant sur 4 centimètres cubes de la solution d’or. 11 faudra alors 4 fois plus d’iiyposulfite et la simple lecture du volume employé, sans la multiplier par 4 cette fois, donnera le titre. Par exemple si pour 4 centimètres cubes de
la solution de chlorure d’or, j’ai utilisé 49 centimètres cubes de la solution d’hyposulfite, le titre du chlorure d’or est de 49 p. JOO.
On peut faire à cette méthode l’objection suivante: l’hyposulfite décolore le périodure d’or, c’est vrai, mais il décolore aussi l’iode. Si le chlorure essayé renferme du chlore, ce chlore décomposera l’iodure de potassium en mettant l’iode en liberté. On dosera donc du chlorure qu’on prendra pour de l’or, donc de graves erreurs. Cette objection a sa valeur, aussi, quoique à la suite de nombreux essais l’auteur soit arrivé à des résultats vraiment très exacts, il a proposé la modification suivante :
Mesurer 10 centimètres cubes de la solution de chlorure d’or au centième, à essayer, dans un tube à expériences, puis ajouter un petit cristal de chlorure de sodium pur et faire bouillir jusqu’à dessiccation. Gela se fait très vite. Laisser refroidir, redissoudre dans 1 à 2 centimètres cubes d’eau distillée et faire dessécher une seconde fois, reprendre par de l’eau distillée et titrer comme précédemmen
Par l’ébullition et l’évaporation soutenue, nous chassons le chlore ; grâce à l’excès de chlorure de sodium, nous assurons la stabilité du produit et évitons sa transformation possible en protochlorure.
Je ne crois pas qu’avec ces précautions il y ait d’erreur appréciable possible. Je le répète ce procédé est très rapide et demande moins de temps à exécuter qu’à décrire. Il m’a fourni des résultats très satisfaisants, réguliers et nullement trompeurs. Il paraît en outre réellement pratique.
91. ■ — Il n’est pas sans intérêt de connaître ainsi le titre d’un chlorure d’or. Nous avons vu que le chlorure d’or brun pu] devait contenir 65 p. 100 d’or métallique. Que le chlorure double d’or et de sodium en contient 49 p. 100 et le chlorure double d’or et de potassium 47 p. 100 et le chlorure d’or jaune 48 p. 100. Or, au prix moyen de 3^*',50 le gramme d’or fin, les chlorures doubles et le chlorure jaune acide contiennent donc pour P^GS de métal, alors que le chlorure d’or brun pur en contiendrait pour 2^%28. Ajoutez à la valeur la plus réduite P‘’,68, le prix des produits, le llacon, le bouchage, la main-d’œuvre, les risques de perles, Lintérêt du capital or engagé, l’or s’achetant au
CONSIDÉRATIONS SUR LE VIRAGE A L'OR
comptant et sans escompte et enfin les frais généraux, vous serez obligés cTen conclure qu’il est difficile à un commerçant honnête de vous vendre les chlorures d’or destinés à la photographie à un prix qui ne soit pas notablement supérièur à 2 francs le gramme. A prix moindre les chlorures d’or sont forcément falsifiés, ou si même ils ne contiennent de l’or qu’en proportion du prix payé, le photo- ' : graphe ne peut qu’ignorer la valeur chimique du chlorure A d’or qu’il achète. Il se voit donc exposé, de ce chef, à obtenir des bains ne virant pas convenablement.
92. — D’autre part, il est nombre de marchands de produits pour la photographie qui vendent des chlorures d’or sans bien savoir au juste la nature du chlorure qu’ils i vendent. Certes, nous savons que les chlorures d’or brun et ; jaune, 'piirs^ sont très hygrométriques. Mais nous savons , aussi qu’on les peut falsifier pour leur faire présenter cet ‘état. Il est donc bon d’avoir en main un moyen simple et I pratique de reconnaître les principaux chlorures d’or du commerce. Celui basé sur la coloration des flammes rem- I plit ce but.
I Voici comment M. P. Mercier l’expose.
« On taille un crayon ordinaire en lame aplatie, et non en pointe, de telle façon que l’extrémité présente la forme d’une petite spatule, et l’on enlève le bois du crayon sur une longueur de un centimètre. On place alors un très I petit fragment, plus petit qu’une tête d’épingle, du sel d’or à essayer à l’extrémité de la spatule ainsi formée, et on le porte sur le bord même de la région bleu pâle qui se trouve à la partie inférieure de la flamme d’une bougie, ou mieux d’un bec de gaz forme papillon.
« Le chlorure d’or brun et le chlorure d’or jaune, faciles I à distinguer l’un de l’autre par leurs teintes propres, don- I nent alors immédiatement une belle coloration verte à la i partie de la flamme qui les environne ; cette coloration est I fugitive et peu étendue.
I « Le chlorure double d’or et de sodium donne d'abord à I la flamme une forte coloration jaune, en même temps qu’il fuse légèrement; mais cen’est qu’ensuite, lorsque la coloration jaune communiquée à la flamme a presque disparu, que l’on voit apparaître la coloration verte due au chlorure d’or.
« Le chlorure double d’or et de potassium fuse beaucoup plus que celui d’or et de sodium et chaque étincelle qui s’en détache, en se répandant dans la flamme, est d’un blanc légèrement violacé ; de plus on aperçoit immédiatement^ autour de la pointe du crayon, la teinte verte donnée par le chlorure d’or.
« Ces deux réactions, extrêmement sensibles, s’observent non seulement avec les sels peu cristallisés, mais aussi avec le chlorure d’or ordinaire, lorsque celui-ci a été mélangé de chlorure de potassium ou de sodium.
« Pour reconnaître un excès de chlorure alcalin dans les chlorures doubles d’or de potassium ou de sodium, on emploiera avec avantage la méthode suivante, indiquée par Wharton Simpson en 1864, et basée sur la solubilité des sels d’or dans l’alcool pur ou dans l’éther, et sur l’insolubilité des chlorures alcalins libres dans ces mêmes liquides.
(( On introduit quelques grammes d’éther, par exemple, dans un petit flacon de verre transparent, on y ajoute quelques fragments du sel d’or à essayer, et on agite doucement le flacon en l’inclinant dans différents sens : dans ces conditions, le chlorure d’or pur ainsi que les chlorures d’or et de potassium ou de sodium se dissolvent rapidement, tandis que les chlorures alcalins libres restent au fond du flacon, en petits cristaux blancs dont il est facile d’évaluer la proportion.
(( Les colorations de la flamme permettent donc de reconnaître la 'présence de tel ou tel chlorure alcalin dans un sel dit pur, tandis que la solubilité dans l’éther ou l’alcool absolu permet d’en apprécier la quantité. »
93. — Dans ces considérations sur le virage à l’or, je rappellerai que la majorité des insuccès dans le virage peut être rejetée sur l’emploi d’une eau impure. Les opérateurs ne veulent pas le plus souvent comprendre l’emploi indispensable de l’eau distillée, ou croyant naïvement que l’eau bouillie ou l’eau distillée sont seule et même chose.
Dissolvant par excellence d’un grand nombre de substances, l’eau ne se trouve pour ainsi dire jamais prise à l’état natif. L’eau de pluie, si souvent recommandée, surtout aux premiers âges de la photographie, contient ellemême de nombreuses matières étrangères en dissolution.
CONSIDÉRATIONS SUR LE VIRAGE A L’OR
Or le chlorure d’or, constituant la base des bains de virage, est un produit éminemment instable, tout prêt à se modifier et à se réduire à l’état métallique sous l’influence de la plus petite cause déterminante. C’est à cette instabilité même qu’il doit sa qualité de réactif vireur. Or cette cause déterminante on la trouve dans la moindre parcelle de matière organique. En plus, l’eau renferme presque fatalement du carbonate et du sulfate de chaux. L’ébullition en chassant l’acide carbonique de l’eau, acide sans l’aide duquel l’eau ne peut dissoudre le carbonate calcaire, la débarrasse bien de son carbonate de chaux, mais ne fait pas disparaître le sulfate, ni aucun des autres sels qu’elle peut contenir et que seule la distillation supprime.
Donc l’eau distillée s’impose, mais l’eau distillée du commerce demeure souvent impure parce qu’elle a été distillée dans un appareil défectueux. C’est pour cela qu’il vautmieux, avant l’emploi, la faire bouillir pendantquelques instants, puis la laisser refroidir, reposer, puis la liltrer.
Je vous engage donc, pour les bains de virage, aussi bien que pour tous les bains photographiques, de n’employer que de Xeau distillée 'préalablement bouillie^ chaque fois que cela est possible bien entendu, car malheureusement l’eau distillée ne se trouve pas partout.
VIRAGE A L'OR ET FIXAGE SÉPARÉS
94. Multiplicité des formules. — 95. Virages neutres. — 96. Constitution d’un virage à la craie. — 97. Manière d'accélérer la maturation du bain.
— 98. Décantation. — 99. Conservation. — 100. Filtration. — 101. Modification pour les papiers aristotypiques. — 102. Virages alcalins. — 103. Bain au chlorure de calcium. — 104. Bain aux bicarbonates alcalins. — 105. Bain au borax. — 106. Bain au phosphate de sodium. — 107. Bain au chromate de potassium. — 108. Bain aux tungstates. — 109. Bains constitués avec les sels organiques. — llO- Bain à l’acétate de sodium. — 111. Bain au butyrate de sodium. — 112. Bain au succinate de sodium. — 113. Bain au benzoate de sodium. — 114. Bain à l’anisate de sodium. — 115. Bains constitués avec les hyposulfites et les sulfocyanates alcalins. — 116. Bain au sulfocyanate d’ammonium.
— 117. Bains à l’azotate d’uranium. — 118. Régénération des bains de virage alcalins.
94. — Je me donnerai bien de garde de vous transcrire tontes les formules de bains de virage que j’ai pu ramasser au cours de ma carrière photographique. La longueur de la liste en serait un peu bien fastidieuse et prendrait, pour le moins, la moitié du présent volume. Je me contenterai de vous présenter, dans chaque classe, les meilleurs ou ceux avec lesquels on obtient plus facilement tel ou tel ton, bien qu’en général on puisse obtenir tous les tons désirés avec un même virage, suivant que l’on arrête son action à tel ou tel degré.
95. Virages dits neutres. — C’est la craie qui fournit les meilleurs bains de cette catégorie. Elle fut employée pour la première fois en 1850 par Humbert de Molard. 11 neutralisait, avec elle, la solution obtenue en traitant l’or par l’eau régale et y plongeait ses épreuves préalablement fixées à l’ammoniaque. Ce ne fut cependant qu’en 1863, après les travaux de MM. Davanne et Girard, qu’on connut toute la valeur du bain neutre que cette substance permet d ootenir. La craie ou carbonate de chaux précipité se dissout à raison de 0,018 p. 100 d’eau à la température
VrUAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS.
de 15° C. Avec la craie on peut employer indifféremment l’un quelconque des chlorures d’or que j’ai indiqués. On arrive toujours à très peu près au même résultat, c’est-à' dire à une neutralité suffisamment parfaite du bain, avec un très léger excès d’alcalinité, du moment qu’on laisse, pendant un temps nécessaire, la solution en contact avec la craie.
96. — Pour faire un bon bain de virage à la craie, préparez à l’avance la solution suivante :
Eau distillée dOO ciir^.
Chlorure double d’or et de potassium 1 gr.
Lorsque vous voulez obtenir un bain de virage vous prenez :
Eau distillée 200 cni'^.
Solution de chlorure d’or 10 —
Craie lévigée en poudre 5 gr.
Agitez vivement le mélange et laissez reposer, sous la lumière du jour, pendant vingt-quatre heures au moins II faut, avant l’usage, que le liquide bien reposé soit complètement incolore. S’il en était autrement, il agirait trop vite et les épreuves baisseraient de ton avec une grande rapidité Dans un bain composé avec les proportions ci-dessus vous pouvez virer, environ, 18 épreuves 13x18.
97. — Si, par une nécessité quelconque, il faut que vous viriez vos épreuves avant la maturation du bain, laquelle ne commencera guère qu’au bout de douze heures, vous pouvez accélérer cette maturation en composant votre solution d’or avec 50 centimètres cubes d’eau au lieu de 200 centimètres cubes. Ce bain réduit est mis dans une coupelle de porcelaine et chauffé, à ébullition, jusqu’à complète décoloration. Vous filtrez alors sur ouate hydrophile et vous ajoutez 150 centimètres cubes d’eau distillée, ce qui laisse le mélange à une excellente température pour le virage du papier albuminé. Mais ce n’est là qu’un cas extrême. Mieux vaut que le bain mûrisse de lui-même. Quand les vingt-quatre heures, pour le moins, seront écoulées, décantez la partie claire et servez-vous de cette partie pour le virage.
£8. — Afin d’obtenir une bonne décantation, je vous conseille de faire votre mélange dans un flacon ou dans un bocal muni d’un robinet fixé à 0“,02 ou 0’",03 de sa base. Le dépôt se rassemblera dans cette partie et lorsque vous tournerez le robinet, il ne coulera, dans votre cuvette, que la partie claire du liquide.
99. — Quand on n’a pas l’occasion de faire un bain de virage pour une quantité d’épreuves déterminée, ou que l'on ne veut pas s’astreindre à ce procédé, on peut constituer tout d’abord un litre de virage et s’en servir à maintes reprises. Le bain à la craie se conserve longtemps. Neuf, il vire rapidement tous les papiers. Même avec les papiers acidifiés pour leur conservation il donne des tons bleus violets. Peu à peu sa rapidité décroît. Après un mois ou deux, il ne vire plus qu’au pourpre les papiers albuminés et n’a guère d’action sur les papiers aristotypiques.
100. — En principe, il me semble préférable de ne pas filtrer un bain neutre et de le laisser constamment sur sa craie. Toutefois, dans le cas des bains que l’on doit conserver des mois, pour usages intermittents, la filtration paraît aider à la conservation. Je recommanderai toutefois de ne pas eflectuer cette filtration avant la décoloration complète du bain.
101. — Avec les papiers albuminés, le virage à la craie donne toute la gamme des teintes photographiques.
Pour les papiers aristotypiques, je crois qu’il vaut mieux demander la neutralité du bain de virage au talc ou au kaolin. Ces deux substances sont légèrement alcalines. D’une alcalinité cependant plus faible que celle de la craie. Eli es neutralisent le bain de virage beaucoup plus lentement que la craie. U faut environ trois ou quatre jours pour que la décoloration soit complète. On prépare:
Eau distillée 1 000 à 2 000 cm^.
Chlorure double d'or et de potassium.. 1 gr.
Talc ou kaolin 30 gr.
Par le fait même de sa neutralisation lente, le virage au kaolin conserve beaucoup plus longtemps, que le virage à la craie, la propriété de virer les épreuves aristotypiques. 102. Virages alcai.ixs. — La chaux a été souvent
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS
conseillée pour les bains de virage. Mais elle tend à donner un dépôt jaune verdâtre qui renferme la majeure partie de Tor. 11 est préférable d’employer le chlorure de calcium qui doit la plus grande partie de son action à la chaux qu’il renferme. C’est Legray qui le proposa en 1859.
103. — Après différentes formules publiées coup sur coup, il s’arrêta définitivement à celle-ci :
Eau distillée 2 000 ciU'^.
Chlorure de calcium 1 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Chlorure de sodium 1 gr.
Avec ce bain on obtient facilement des tons noirs et une très grande pureté dans les blancs. Mallieureusement il attaque les très légères demi-teintes. Sa limpidité excessive est due aux propriétés chlorurantes de l’hypochlorite. Ces propriétés peuvent être mises à profit pour la conservation d’autres virages ou de virages ayant servi. Mais alors, dans ce cas, il ne faut employer le chlorure de calcium qu’à des proportions infimes. Par exemple, ne pas dépasser à 0f''",20 pour un litre de virage. On retarde ainsi l’oxydation du perchlorure d’or en même temps que son alcalinité l’élève à l’état d’un réducteur puissant des sels d’or au maximum. Donc les bains comportant du chlorure de calcium sont à la fois très alcalins et très actifs. De là cette facilité d’obtention des tons noirs, ou cet avantage de diminuer de beaucoup la proportion d’or.
104. — Mais c’est dans la classe des sels minéraux alcalins qu’on trouve les corps les plus convenables pour la préparation des bains de virage.
Nous rencontrons d’abord le bicarbonate de sodium et le bicarbonate de potassium. Il est des auteurs qui les associent au borax, phosphate de sodium ou autres sels. C’est de l’enfantillage. Pourquoi mélanger deux sels susceptibles de fournir des résultats identiques ? On arrive le plus souvent de la sorte à former des bains trop alcalins donc fournissant des résultats irréguliers.
M. Liébert a donné une formule américaine au bicarbonate de sodium. Elle paraît assez rationnellement constituée. On fait les deux solutions suivantes :
Solution A
Eau distillée - 622 cm^.
Chlorure d’or l&p,941
Solution B
Eau distillée 622 cm^.
Bicarbonate de sodium 7^^764
Pour l’usage on verse dans 300 centimètres cubes d’eau tiède, 30 centimètres cubes de la solution A, et ensuite 30 centimètres cubes de la solution B. On obtient ainsi un bain faiblement alcalin En l’employant très peu de temps après sa préparation, une demi-heure par exemple, on fait facilement virer l’image aux tons noirs bleus. Ces tons bleutés, généralement riches et éclatants sont très recommandables pour les portraits. L’image acquiert même un certain velouté très particulier.
Avec cette méthode il devient préférable de ne pas garder le bain utilisé et de n’employer que du bain neuf chaque fois que l’on a une série d’épreuves à virer.
On peut employer le bicarbonate de potassium au lieu du bicarbonate de sodium en se rappelant que 100 parties de bicarbonate de potassium agissent comme 84 parties de bicarbonate de sodium.
105. — En 1858, Maxwell Lyte proposait le borax ou borate dé sodium. Sa formule était la suivante :
Eau distillée 1 000 cm^.
Borax cristallisé 12 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Avec les chlorures d’or du commerce, on peut parfaitement ramener simplement à 8 ou même 6 grammes la proportion de borax. La décoloration est très rapide. Le bain peut être utilisé aussitôt après. A l’état de concentration indiqué, 1 gramme de chlorure d’or par litre, il donne des tons bleus violacés. Plus étendu, 1 gramme pour 3 ou 4 litres, il fournit des tons rouges pourpres très caractéristiques. C’est, en somme, un virage peu actif. On augmente son activité en élevant sa température de 25 à 50° C.
Si l’on employait du borax fondu au lieu de borax cristallisé, il faudrait diminuer la proportion de moitié, environ 100 parties de borax fondu représentant 191 parties de borax cristallisé.
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS
Le bain au borax conserve peu de temps son activité. On peut la raviver par l’addition d’un peu de glycérine. Ce corps jouissant de la propriété d’acidifier les solutions de borax.
106. — En même temps qu’il proposait le borax, Maxwell Lyte préconisait également le phosphate de sodium, prétendant que :
Ce bain ne peut produire aucune décomposition dans l’byposulfite de sodium ;
2° La coloration de l’image est entièrement produite par i’or déposé ;
3° Il n’existe dans le bain aucun acide organique susceptible de déterminer spontanément sa décomposition ;
4° Il est très économique. Un gramme de chlorure d’or permettant de virer 60 à 70 épreuves 24 x 30.
5° Il se conserve très longtemps, si l’on a soin de ne pas remettre dans le flacon de réserve la partie du bain qui a servi.
Ces qualités appartiennent bien, en efTet, au virage au phosphate de sodium, à condition qu’il soit préparé convenablement. Sa rapidité est telle qu’employé frais on arrive avec lui jusqu’aux tons les plus noirs. Si l’on veut qu’il ne vire qu’au violet ou au pourpre foncé, il suffit, soit d’augmenter sensiblement la quantité d’eau, soit de l’employer plusieurs jours seulement après sa préparation, soit de lui ajouter un peu de sel marin à raison de 5 à 10 grammes par litre pour ralentir son action.
L’activité que présente toujours, à un certain degré, un vieux bain de phosphate de sodium, est due à la quantité plus ou moins grande d'azotate d’argent toujours fournie par l’épreuve introduite dans le bain. Il se forme alors un phosphate d’argent qui acidifie le bain, le sous-aurite repasse alors à l’état de percblorure d’or et le virage s’effectue de nouveau.
Une bonne formule employée, le jour même ou le lendemain de sa préparation et donnant des tons pourpres très riches, est la suivante :
Phosphate de sodium 15 gr.
Chlorure d’or brun Osi'jS
En faisant des solutions séparées de chlorure d’or et de phosphate de sodium, on peut obtenir à volonté tous les effets de ce genre de virage.
Le phosphate de potassium ne présente aucun avantage sur celui de sodium.
107. — Malgré leurs propriétés très oxydantes, les chromâtes peuvent être employés. Grâce à leur réaction très alcaline, ils permettent aux sels d’or au maximum de passer au minimum. Les chromâtes offrent cependant ces deux particularités :
1“ de conserver extrêmement longtemps l’activité des bains de virage préparés avec eux;
2“ de virer aussi bien les papiers aristotypiques que les papiers albuminés.
Les bains de virage aux chromâtes ont un assez grave défaut: on ne peut les employer que plusieurs jours après leur préparation. Il faut que la réduction ait eu le temps de s’accomplir suffisamment, autrement toutes les demi-teintes de l’épreuve se trouveraient rongées avec un entrain que ne présentent même pas les virages ordinaires décolorés incomplètement. Combien ai-je vu, dans mes essais, des épreuves disparaître ainsi!
Un bain de virage au chromate de potassium peut se faire comme suit:
Eau distillée 1 000 cm^
Chromate de potassium 20 gr.
Chlorure d’or brun 1 gr.
Il faut attendre au moins deuxjours pour l’employer. Je préfère trois ou quatre jours. On arrive alors, dès le début, aux tons noirs-bleus, et l’on obtient encore facilement les tons violets plusieurs mois après la préparation.
108. — Les tungstates donnent des solutions très alcalines se rapprochant de celles obtenues avec les phosphates, mais restant en dessous alors qu’elles sont en dessus de celles fournies par le borax. Le sel le plus employé est l’acéto-tungstate de sodium. Le bain, constitué avec lui, se conserve mieux que celui constitué avec le tungstate pur. l.e défaut de ces sels minéraux alcalins est de présenter une. forte tendance à laisser précipiter de l’oxyde d’or.
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS
La formule à employer est :
Eau distillée 1 000 cm^.
Acétotungstate de sodium 20 gr.
Chlorure double d’or et de potassium 1 gr.
Ce bain se trouble généralement au bout de dix à quinze •ours.
109. — Ce défaut de limpidité se retrouve d’une façon à peu près constante dans les bains de virage constitués avec des sels organiques. Toutefois, s’ils sont moins limpides que ceux formés avec des sels minéraux, ils semblent garder un peu plus longtemps leur activité.
D’autre part, il semble démontré, par l’expérience, que les virages obtenus avec les sels organiques conservent une rapidité d’action d’autant plus grande qu’ils se rapprochent plus de la neutralité, tout en se montrant légèrement acides.
On ne doit pas perdre de vue qu'il sera toujours bon d’essayer, au papier de tournesol, les sels organiques que l'on veut employer. Les produits de commerce variant beaucoup dans leur constitution. De là une difficulté grande de donner des formules précises. On admet cependant que la dose d’un sel organique peut varier entre 25 et 50 grammes par gramme de chlorure d’or, soit que l’on veuille obtenir des bains acidulés ou des bains alcalins, soit qu’on se serve de chlorure d’or brun ou jaune, ou bien de chlorure double d’or et de potassium ou de chlorure double d’or et de sodium.
Pour obtenir, avec les sels organiques, des bains à peu près neutres ou légèrement alcalins donc excellents, le meilleur moyen qui s’offre à nous consiste à prendre une quantité du sel organique suffisante pour déterminer l’alcalinité du virage et d’ajouter à celui-ci un peu de craie lévigée. Agitez fortement le mélange. Laissez-le déposer pendant une demi-heure environ et filtrez sur ouate hydrophile. La décoloration est assez rapide. L’action semble plus régulière qu’avec le virage fait simplement à la craie. L'obtention de riches tons veloutés est assez facile.
A côté de ces qualités, un défaut se montre. Les solutions laissent aisément précipiter de l’oxyde d’or. Leur conser-
vation offre une durée beaucoup plus courte que celle des virages à la craie seule.
110. — Le plus employé des sels organiques est l’acétate de sodium. Il fut conseillé dès 1860 par l’abbé Laborde. Sa formule est :
Acétate de sodium 30 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Il est préférable d’employer l’acétate de sodium fondu plutôt que l’acétate de sodium cristallisé. Le degré d’alcalinité de celui-ci étant très variable. L’acétate de sodium fondu se montre toujours très nettement alcalin.
Avec la dose ci-dessus indiquée, l’acétate de sodium fondu donne des bains très légèrement alcalins si l’on emploie du chlorure double d’or et de potassium, et un peu acidulés si l’on fait usage de chlorure d’or brun.
L’acétate de potassium est trop hygrométrique pour servir avec avantage. Les acétates de calcium, de baryum, de strontium et de zinc ont été également employés. Ils n’offrent rien de bien remarquable.
111. — Le butyrate de sodium donne un excellent virage d’alcalinité moyenne. On l’obtient à peu près neutre en employant les quantités suivantes :
Eau distillée 2 000 cm^.
Butyrate de sodium pur. 35 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Il fournit de très beaux tons violets, même après plusieurs jours de préparation. L’action se ralentit ensuite progressivement.
Pour avoir une conservation plus longue, on peut réduire à 20 grammes la quantité de butyrate de sodium. Le bain deviendrait alors acidulé. Si l’on désirait obtenir des tons noirs, il faudrait au contraire le rendre très franchement alcalin. Il suffit pour cela de monter à 45 grammes la proportion de butyrate, et employer très peu après la préparation.
112. — Le succinate de sodium fournit des virages se conservant pendant des semaines. En les gardant à l’abri de la lumière, ils ne fournissent qu’un dépôt insignifiant
Dans les passes de la Handeck
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS
d’oxyde d’or noir. On peut prendre comme formule :
Eau distillée 2 000 cm^.
Succinate de sodium 30 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
113. — Les benzoates ont été beaucoup plus employés. Par malheur, le commerce nous les livre avec des différences très sensibles dans leur composition. De là les appréciations diverses qu’on rencontre à leur sujet. Le moins irrégulier de tous est le benzoate de sodium. Sa formule est semblable à celle de l’acétate de sodium.
Eau distillée 1 000 à 2000 cm^.
Benzoate de sodium 30 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Généralement acidulé, ce bain se rapproche cependant
de la neutralité. Pour l’avoir alcalin il faut porter à 40 ou 50 grammes la dose de benzoate, et ajouter un peu de craie. 11 vire, neuf, jusqu’aux tons violets ; vieilli, jusqu’aux tons pourpres. Son action dure plusieurs mois. Il se trouble et dépose plus que le bain à l’acétate.
Avec le papier au colloclio-chlorure principalement, on obtient de très beaux tons noirs en ajoutant à ce bain un peu de potasse caustique. La formule serait alors :
Eau distillée 1 000 cm^.
Benzoate de sodium 10 gr.
Hydrate de potassium 0&r,2
Chlorure d’or brun 1 gr.
114. — A part les chromâtes, l’anisate de sodium, d’après M. P. Mercier, est de tous les sels employés dans les virages, celui qui fournit le bain conservant le plus longtemps son activité. Faiblement alcalin et très soluble dans l’eau, l’anisatede sodium fournit des solutions parfaitement limpides. L’acide anisique, dont il dérive, reste insoluble dans l’eau à la température ordinaire. C’est à cette particularité que l’anisate de soude doit sa propriété de jouer le même rôle avec les virages acides que le carbonate de calcium avec les virages alcalins, c’est-à-dire obtention d’un bain à peu près neutre, très faiblement acide. L’acide anisique déposant dans le virage. Une forte proportion d’anisate conduirait à un bain alcalin.
M. P. Mercier donne les formules suivantes comme étant les meilleures :
et
Eau distillée- 1 000 à 2 000 cm^.
Acétate de sodium 15 à 20 gr
Chlorure d’or brun 1 gr
Eau distillée 1 000 à 2 000 cm^.
Anisate de sodium *. 10 à 20 gr.
Chlorure double d’or et de potassium.. 1 gr.
Gés bains, notablement acides au moment de leur préparation, se troublent bientôt, se décolorent très vite et donnent un dépôt toujours abondant d’acide anisique. En quelques jours le dépôt est complet. La liqueur ne reste que très peu acide. Elle se rapproche de la neutralité. Récente, elle vire au violet-noir. Après plusieurs mois, elle vire encore au pourpre et au violet, même les images sur papiers aristotypiques, surtout si l’on n’a employé qu’un gramme de chlorure d’or par litre d’eau.
Ce serait donc le meilleur virage acidulé que Ton puisse obtenir. Mais comme avec tous les bains de virage plus ou moins acides, il faut que les épreuves soient soigneusement lavées avant le fixage dans une solution étendue de bicar bonate de sodium ou mieux de sulfite de sodium à moins que Ton ajoute ce dernier sel au fixateur lui-même.
115. — Les byposullites et les sulfocyanates alcalins ont la propriété de décolorer les chlorures d’or, tout en pouvant dissoudre le chlorure d’argent. Aussi a-t-on cherché à les employer dans les virages. Ils sont mieux de mise, à mon sens, dans les virages-fixages combinés, que dans les virages et fixages séparés, bien qu’ils puissent fournir des tons noirs bleuâtres différents de ceux donnés! par les bains alcalins ordinaires.
De cos sels, j’estime surtout qu’il faut retenir la pro-priété qu’ils ont d’être utilisés avantageusement pour virer des épreuves déjà fixées, alors que celles-ci ne virent que fort difficilement ou même pas du tout dans les autres bains de virage. Employés ainsi avec certains papiers, comme le papier salé par exemple, ils revêtent l’image de. tonalités excessivement riches. Pour régulariser leur action' on leur ajoute un chlorure alcalin.
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE SÉPARÉS
116. — Un bain de virage courant est le suivant : Vous faites dissoudre :
Eau distillée 10 cm^.
Sulfocyanate d’ammonium ou de potassinm. ..... 1 gr.
et vous versez en remuant continuellement dans une solution composée de :
Eau distillée 1 000 cm^.
Chlorure de sodium ou d’ammonium 20 à 30 gr.
Chlorure d’or 1 gr.
Mais, à mon sens, la meilleure formule pour ce genre de travail est celle conseillée par Hughes en 18G7 et modifiée, comme suit, par M. P. Mercier, en substituant de la potasse caustique au tungstate de sodium.
Eau distillée 1 000 cm^.
Chlorure de sodium 5 à 10 gr
Sulfocyanate d’ammonium 20 gr.
Hydrate de potassium Osr.l à 0s'’,2
Chlorure d’or 08'’, 15
! Elle est remarquable par la très faible quantité d'or qu’elle emploie. Le bain se décolore immédiatement et peut servir aussitôt. Son action se montre beaucoup plus uniforme après quelques jours. On le conserve très longj temps en ayant soin de l’acidifier avec quelques gouttes I d’acide acétique.
Bien qu’avec l’emploi de ce bain les épreuves aient été I préalablement fixées, il est bon de les fixer à nouveau et de les laver comme d’habitude.
117. — Je parlerai pour mémoire seulement de l’emploi de l’azotate d’uranium. Il ne semble agir dans les virages que par l’acidité qu’il présente. Les bains préparés avec ce sel deviennent rapidement hors d’usage.
118. — Un mot pour terminer, sur la régénération des bains de virage alcalins. Ces bains perdent rapidement
I leur action. Cette rapidité est en raison directe de leur I alcalinité. Faut-il renoncera les utiliser alors qu’ils n’ont I que peu servi ?
I En 1862, M. Himes donnait un moyen aussi simple qu’efficace pour les régénérer. 11 consistait à ajouter au bain de I virage inactif quelques gouttes d’acide chlorhydrique ius-
èè LE TIRAGE DES ÉPREUVËS ËN PHOTOGRAPHIE.
qu’à ce que ce bain prit une coloration jaune. Il se retrouve ainsi dans les mêmes conditions qu’une simple solution de chlorure d’or. On peut donc dès lors le garder indéfiniment. Au moment de l’emploi on lui ajoute du carbonate de sodium. L’on constitue, par cette addition, un virage absolument neuf.
MM. Davanne et Girard estiment qu’on arrive au même résultat en remplaçant l’acide chlorhydrique par un fragment d’iode.
Le moyen le plus simple, et je l’ai indiqué depuis bien longtemps d’ailleurs, est d’ajouter au vieux bain un peu ! de la solution de chlorure d’or brun qu’on a en réserve. Le mieux étant d’employer toujours le gramme de chlorure d’or préalablement dissous dans 100 centimètres cubes d’eau distillée, ce qui permet très aisément de faire des petites portions de l’une des formules indiquées ici, sachant ? que 1 centimètre cube de la solution contient O^^Ol de chlorure d’or. j
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
119. Pourquoi l’on vire. — 120. Quand doH-on arrêter l’action du virage. ~ 121. La lumière à employer pour le virage. — 122. Le lavage avant virage des papiers albuminés et salés. — 123. Neutralisation de l’acidité du papier. — 124. Lavage avant virage des papiers émulsionnés. — 125. Immersion des épreuves dans le bain de vi-rage. — 126. Les différentes phases du virage. — 127. De la température du bain, — 128. Lavage après virage. — 129. Qualités que doit présenter un fixage parfait. — 130. Comment agissent les fixateurs. — 131. Emploi de l’iiyposulfite de sodium. — 132. Les différents hyposulfites d’argent. — 133. De la concentration du bain de fixage. — 134. Action de la lumière sur les bains d’hyposulfite de sodium. ~ 135. Action du fixateur sur le composé argenüco-organique. — 136. Pratique du fixage. — 137. Du lavage final. — 138. Expériences sur l’élimination totale de l’hyposulfite de sodium. — 139. Lavage et pressage simultané des épreuves. — 140. Mode opératoire du lavage final. — 141. Le thioxydant.
119. — Aux premiers temps de la photographie, on commençait toujours par fixer une .épreuve suffisamment insolée. Or, au fixage, l’épreuve prend une teinte plus ou moins jaune, mais généralement fort désagréable à l’œil. Ce changement de teinte est dû à la disparition du chlorure non altéré interposé entre les molécules de l’argent réduit par l’action de la lumière. On songea donc à \d, faire virer^ c’est-à-dire à la faire changer de teinte. De là les bains de virage que nous venons de passer en revue, et qui remplacent partiellement l’argent par l’or. Ils ont cet avantage en plus : un virage bien exécuté communique une grande solidité à l’image. Toutefois, si bien exécuté que soit le virage, on ne peut complètement remplacer par de for métallique l’argent métallique contenu dans l’image. Le quart de l’argent au moins reste.
120. — D’autre part, avec le vain espoir de faire mieux, on ne saurait prolonger outre mesure faction du virage. Une image tirée sur un papier sensible quelconque, lorsqu’on pousse son virage trop loin, s’affadit et revêt des tons
froids et plats, au lieu des teintes chaudes, pourprées, violettes ou bleu-noir que procurent les sels d’or, ou des teintes variées du pourpre au noir que fournissent les sels de platine. Pour que le virage soit beau il faut toujours arrêter son action avant l’obtention du ton final désiré. En d’autres termes ne virez à fond que pour les demi-teintes des grandes lumières.
121. — En outre, il ne faut pas perdre de vue que toutes les opérations relatives au virage, jusques et y compris l’opération du fixage doivent toujours être faites à une lumière diffuse très atténuée^ sous peine d’altérer peu ou prou les blancs de l’image.
122. — Une bonne pratique, par excellence, est de laver les épreuves avant le virage pour les débarrasser du chlorure d’argent non impressionné. Le moyen le plus commode d’exécuter cette manipulation, pour les papiers albuminés et salés, consiste à verser de l’eau tiède dans une cuvette jusqu’à ce qu’elle soit remplie au quart. Les épreuves y sont alors plongées, aussi vite que possible et y sont remuées vivement pendant cinq minutes environ. On peut même brosser l’image, sous la couche liquide, avec une touffe de coton ou un gros pinceau de petit gris. L’eau prend une teinte ardoisée, légèrement laiteuse. Remplacez là alors par de l’eau claire et recommencez cette opération jusqu’à ce qu’il ne se forme plus aucun précipité. Ce qui indiquera la complète disparition de tout le chlorure d’argent non réduit par la lumière. Les épreuves auront alors une belle teinte rouge. Elle vous permettra de bien suivre l’action du virage dans lequel vous pouvez les mettre immédiatement.
123. — Toutefois, lorsqu’on doit faire emploi d’un nain (le virage fraîchement préparé et actif, il est bon de passer les épreuves lavées, avant de les virer, dans une solution composée de :
Eau 1 000 cm^.
Bicarbonate de sodium \ gr.
Chlorure de sodium (sel de cuisinei 10 gr.
Les épreuves sont remuées dans ce bain pendant cinq à dix minutes au plus. Le bicarbonate neutralise l’acidité
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
pouvant rester encore dans le papier malgré le lavage. Le sel de cuisine transforme en chlorure le sel d’argent fixé à la matière organique du papier. Il va donc de soi que si l’on emploie un bain de virage très nettement alcalin, on peut parfaitement supprimer de la solution le bicarbonate de sorlium.
Après ce bain, les épreuves doivent être, de nouveau, lavées à plusieurs eaux pour les débarrasser de l’excès de sel ou d’alcali.
124. — Pour les papiers émulsionnés, le lavage doit être fait à l’eau froide, aussi froide que possible même, à cause de la solubilité de la gélatine à l’eau tiède. Ils ne sauraient être brossés aussi vigoureusement que les papiers salés ou albuminés. On peut cependant frotter légèrement la surface gélatinée sous l’eau, avec une peau de chamois. En été, pour éviter les ampoules ou les soulèvements de la couche,, il est quelquefois utile d’ajouter à cette eau de lavage une pincée d’alun et de relaver abondamment après à Peau claire. Il sera bon de faire usage du bain de bicarbonate et de sel indiqué ci-dessus, ou d’un bain d’eau légèrement ammoniacale. Les papiers émulsionnés, genre citrate étant très chargés en acide, leur neutralisation s’impose quand on fait usage de virage et fixage séparés.
Dans le cas où l’épreuve doit être traitée par bain ae virage et fixage combinés, cette dernière manipulation n’est aucunement nécessaire, ces virages étant le plus souvent acides eux-mêmes. On ne doit cependant pas la négliger, si l’on veut faire usage d’un bain neutre de virage et fixage combinés.
Ces opérations de lavage préalable doivent être menées aussi rondement que possible. Plus long est le lavage, plus lent est le virage.
125. — Les épreuves, ainsi dûment lavées, sont mises une à une dans le bain de virage que l’on a choisi. L’opération doit être faite assez promptement pour que l’image soit immédiatement couverte par le virage ; assez soigneusement pour éviter la formation à la surface de l’image de bulles d’air qui empêcheraient l’action du virage et formeraient des taches rouges sur l’image finale Si l’on remarauait ces bulles, il faudrait aussitôt les faire partir en
les touchant avec un pinceau pendant que Fépreuve reste immergée.
Au cours de toute la durée du virage, les épreuves doivent être remuées constamment pour des raisons analogues à celles qui nous ont servi à déterminer le balancement du bain de développement, lors de l’obtention des phototypes (1).
11 va de soi que, si vous immergez une grande quantité d’épreuves à la fois, il faut à tout prix éviter l’adhérence entre elles. Autrement il y aurait inégalité dans l’action du virage, inégalité qui produirait des taches irréparables. Pour ma part je ne vire jamais que deux épreuves simultanément. C’est plus long, mais plus sûr. Ces épreuves restent toujours placées dos à dos, dans le virage. Si vous vous contentiez de laisser ainsi deux épreuves dans cette position pendant toute la durée du virage, vous ne tarderiez pas à remarquer que l’épreuve, face en dessous, vire beaucoup plus vite que l’épreuve face en dessus. Donc, pour que vos deux épreuves obtiennent, en même temps, le ton désiré, vous devrez constamment les substituer l’une à l’autre. A moins qu’elles ne soient inégalement imprimées, alors vous pouvez tenir compte de la remarque ci-dessus pour les amener à égalité de ton.
126. — Au virage, les épreuves perdront peu à peu le ton rougeâtre de terre de Sienne brûlée qu’elles présentaient à la sortie du lavage. Ce ton s’assombrira, de plus en plus, pour passer à cette tonalité qui rappelle celle du chocolat.
En laissant l’action du bain se produire, la teinte chocolat fait place à une teinte pourprée qui, en se bleuissant, tourne vers le brun.
Laissez-vous encore l’épreuve dans le virage? Le ton bleu continuera à venir intensifier le brun jusqu’à le faire passer au noir profond dans la grande ombre en jetant sur la demi-teinte un reflet bleuâtre.
Cette succession de colorations diverses, par laquelle passe l’image, vous montre, à prime vue, que si le virage est arrêté à l’une ou à l’autre des périodes de cette succes-
(1) Voir mon ouvrage ; Le Développement en Photographié-,
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
sion, vous obtiendrez une épreuve de tel ou tel ton. La grande affaire est de savoir à quel moment de la coloration il faut arrêter Faction du virage, pour avoir un ton voulu.
Pour cela il faut se guider sur l’état des hautes lumières et des demi-teintes en les regardant par transparence à la lumière diurne très faible. Lorsque celles-ci toucheront au ton que vous désirez général pour votre épreuve, retirez-la du bain sans vous préoccuper de l’état des ombres et plongez-la dans une cuvette d’eau. Fortement imprégnée de virage, l’épreuve continuera à virer dans l’eau encore assez pour que les ombres montent d’elles-mêmes à la teinte désirée. D’autant mieux que le ton final est toujours plus foncé que le ton à la sortie du virage.
127. — La température du bain joue un rôle dans Faction du virage. Un bain chaud vire trop vite et affaiblit l’image ; un bain froid vire trop lentement et jaunit le papier. A bonne température, les résultats sont excellents et les épreuves brillantes. Cette condition, dite à bonne température^ a lieu lorsqu’en plongeant vos doigts dans le bain de virage vous n’éprouvez ni une sensation de chaleur, ni une sensation de froid.
Avec les virages au platine, l’image passe du pourpre au noir absolu. Elle prend cependant un ton gris-fer désagréable si le virage est poussé trop loin. Quand on veut obtenir des tons noir pur il devient de toute nécessité d’arrêter le virage au bleu-ardoise. J’insiste d’ailleurs sur le soin qu’exige ce genre de virage, soin beaucoup plus grand encore que celui réclamé par les sels d’or. Au lieu d’une lumière diurne très affaiblie, pour effectuer le premier lavage, on fera bien de n’employer qu’une lumière très peu actinique et de virer aussi dans cette lumière pour éviter le jaunissement du chloroplatinate d’argent formé.
128. — Aussitôt après le virage, les épreuves sont plongées dans une cuvette pouvant ne contenir que de l’eau pure. Le plus souvent on préfère ajouter à cette eau 3 à 4 grammes p. 100 de sel de cuisine. Le but est d’empêcher le virage de se continuer dans l’eau. Ce but n’est pas toujours atteint avec cette addition. L’effet dépend beaucoup des papiers employés. Avec les papiers salés ou albuminés, l’arrêt s’effectue généralement d’une façon immédiate.
Avec les papiers émulsionnés, l’inverse a souvent lieu. Telle image sur ces papiers, virée au rouge-pourpre, se fonce et passe au violet dans l’eau salée. On devra donc tenir compte de ces observations pour l’adjonction du sel au bain de second lavage.
Ce second lavage peut être très court. Dans la pratique, les épreuves sont mises au second lavage dès qu’elles sont virées et y restent pendant tout le temps que l’on met à achever le virage des autres images de la série.
129. — Après ce second lavage, les images sont fixées dans une solution d’hyposulfite de sodium à 10 ou
MM. Davanne et Girard ont défini ainsi les qualités que doit présenter un fixage parfait des épreuves positives :
1° L’agent fixateur doit enlever à la feuille toute la substance impressionnable non attaquée, afin qu’une action subséquente de la lumière ne vienne pas modifier l’effet produit;
2° 11 ne doit laisser sur l’épreuve aucune substance capable de réagir, soit immédiatement, soit à la longue, sur les éléments qui la constituent et d’en altérer les diverses parties.
3° 11 doit n’exercer son action que sur les parties non colorées, ou du moins s’il attaque les parties colorées, il ne doit le faire que très faiblement, en réservant toute la douceur des demi-teintes.
130. — En étudiant ces trois conditions primordiales, les expérimentateurs ont tout d’abord démontré que l’image photographique, prise à la sortie du châssis, renferme de l’argent métallique, du chlorure d’argent non réduit par la lumière, de l’azotate d’argent en excès, et une combinaison argentico-organique. Cette dernière influe, non seulement d’une façon très sensible sur la production de l’épreuve, mais encore sur sa coloration et sur sa beauté.
En outre, il y a eu pendant l’insolation formation d’acide azotique libre par le fait de la réaction du chlore, mis en liberté, sur l’azotate d’argent en excès de la couche sensible.
Réalisé dans de bonnes conditions, le fixage dissout inté-
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
gralement le chlorure et l’azotate d’argent restés dans l’épreuve. Toutefois, la coloration de celle-ci est affectée différemment suivant le dissolvant employé. Néanmoins, quel que soit ce dissolvant, il y a toujours changement de coloration de l’image. Changement d’autant plus accentué que l’image n’est pas virée ou l’est plus ou moins complètement. La tonalité se montre jaune ou rouge-hrique. Elle est due à l’hydradation de la matière argentico-organique. Cette hydradation se produit sous l’inOuence de l’alcalinité du fixateur. Au demeurant, toute circonstance pouvant amener cette hydradation, telle qu’une simple exposition à la vapeur d’eau bouillante, amène également le changement de teinte de l’image.
Variable est l’action du fixage sur les sels d’argent non modifiés par la lumière et restant dans l’épreuve, après le premier lavage, combinés avec la matière organique du papier. Cette variabilité est en rapport du dissolvant employé.
Par exemple, le cyanure de potassium dissout facilement ces sels dans les papiers albuminés, alors que tous les autres agents qui les dissolvent d’une façon absolue et en peu de temps dans les papiers salés e même dans les papiers émulsionnés, ne les enlèvent que difficilement en totalité.
131. — Actuellement, le dissolvant que l’on emploie, d’une façon à peu près exclusive pour le fixage des photocopies positives obtenues sur papiers à image directement visible, est l’hyposulfitede sodium ou thiosulfate de sodium :
Na2S2Q^ -è 5IRO
On le prépare en traitant par un excès de soufre une solution bouillante de sulfite de sodium.
Fixée dans un bain d’hyposultite de sodium neuf ei pw\ puis convenablement lavée, une épreuve ne donne à l’analyse aucune trace de soufre, même lorsqu’on ajoute iimm'aiaUment au bain du chlorure d’argent. Au contraire, en employant un bain ayant servi, ou un bain neuf auquel on a ajouté du chlorure d’argent quelque temps avant de s’en servir, la teinte des images se colore davantage, mais les épreuves contiennent toujours du soufre. Si au lieu d’ajou-
9i LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.
ter du chlorure d’argent on ajoute un acide, il se produit un dégagement de soufre et d’hydrogène sulfuré. Virées dans un tel bain, les épreuves peuvent conserver des blancs purs, mais elles ne tardent pas à jaunir et à disparaître complètement sous l’influence de l’air et de l’humidité.
Or il a été dit, un peu plus haut, que le chlore dégagé pendant l’insolation réagissait sur l’azotate d’argent, en excès, pour mettre en liberté de Facide azotique. Si donc l’épreuve est plongée, sans lavage préalable, dans le bain d’hyposulfite de sodium, celui-ci se trouvera dans le cas de l’adjonction d’un acide quelconque. Donc, il y aura dans le bain décomposition par production de dépôt de soufre et dégagement d’acide sulfureux. Celui-ci s’oxydera au contact de l’eau. L’hydrogène de l’eau mis ainsi en liberté se portera en partie sur le soufre naissant pour donner de l’hydrogène sulfuré.
Imprégnées d’un dépôt de soufre, et ayant subi l’action de l’hydrogène sulfuré, les épreuves devront fatalement jaunir.
Conclusion : Dans le fixage des photocopies positives à image à noircissement direct, on doit éviter le bain fixateur, acidifié ou pouvant s’acidifier par l’immersion de l’image. De là, nécessité d’introduire dans le premier lavage de l’épreuve du bicarbonate, du carbonate ou du sulfite de sodinm pour neutraliser l’acide formé au cours de l’insolation.
132. — D’autre part, comme nous l’avons vu pour le fixage des phototypes négatifs (1), dans lequel le bain de fixage acide peut être employé sans inconvénient, à cause de la nature du support et de la constitution de l’image qui est, en ce cas, uniquement formée d’argent métallique dans un état de cohésion particulier, le sel d’argent dissous dans le bain d’byposulfite de sodium peut donner trois composés différents.
1“ L’hyposultite d’argent simple (Ag^S^O®) ainsi que rindique la formule :
2AgCl + Na^S^Os = Ag^S^O^ + 2NaCl
(1) Voir mon ouvrage : Le Dévelovpeinent en Photocp^aphie,
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
Ce sel instable, insoluble dans beau, lorsqu’il ne se trouve pas en présence d’un excès d’hyposulfite de sodium se décompose instantanément en acide sulfurique et sulfate d’argent noir :
Ag2S2Q3 + R20 = SOUI2 + Ag2S
C’est à cette réaction que l’on doit les taches produiLes sur les images sous le contact des doigts humidifiés par le bain d’hyposulfite.
2“ L’iiyposulfite double d’argent et de sodium a un équivalent d’hyposulfite pour deux équivalents d’argent (AgNaS'-O^). Sel double, insoluble, indécomposable par l’eau et la lumière seule. Gomme le précédent il donne de l’acide sulfurique et du sulfure d’argent quand on l'expose aux actions combinées de l’humidité et de la lumière.
3° L’hyposulfite double d’argent et de sodium a deux équivalents d’hyposulfite de sodium pour un équivalent d’hyposulfite d’argent [Ag^Na^3 (S^ 0'^)]. Sel extrêmement soluble dans l’eau, se formant quand les sels d’argent se trouvent en présence d’un excès d’hyposulfite de sodium. Donc si le bain de fixage n’est pas assez concentré, ou si Con néglige d’agiter les épreuves dans le bain pour que l’hyposulfite de sodium se trouve à chaque instant en excès au contact de l’image, il se formera l’un ou l’autre des deux premiers produits ou tous les deux à la fois. Alors à leur sortie du fixage, les épreuves auront une partie de leur argent sulfuré et emporteront une deuxième quantité de soufre qui contribuera plus tard à les sulfurer davantage.
133. — On est en droit dès lors de se demander quel est la concentration à donner au bain de fixage pour éviter la formation du dangereux sel double.
Cette formation, théoriquement, ne saurait avoir lieu qu’autant que la quantité de chlorure d’argent dissous se trouve au-dessus de la proportion indiquée par la réaction, c’est-à-dire au-dessus de O®'’, 38 de chlorure d’argent pour 1 gramme d’hyposulfite. Pratiquement, on ne pourrait atteindre, sans danger, à cette proportion. L’expérience a démontré que 100 grammes d’hyposulfite de sodium dissous dans 500 centimètres cubes d’eau peuvent suffire pour fixer successivement, mais d’une manière continue, la valeur do
quatre feuilles entières, ce qui correspond à 40 épreuves 13 X 18, meme en négligeant le lavage préalable à l’eau pure.
134. — L action de la lumière doit être tenue en considération. Les bains d’hyposulüte contenant des sels d’argent se décomposent à la lumière. Cette décomposition est assez rapide. Une fois commencée elle se continue dans l’obscurité. Les thionates d’argent, ainsi formés, se décomposent à leur tour pour sulfurer les épreuves.
135. — L’hyposulfite n’agit pas seulement sur le sel d’argent non impressionné. Son action s’exerce très sensiblement sur le composé argentico-organique entrant dans la composition de la photocopie positive. En d’autres termes, ilro?z^e toujours un peu les menus détails de Limage. Vulgairement, on dit que l’image baisse dans le fixage. C’est pourquoi, on recommande toujours, à l’insolation, de tirer au-dessus de la valeur finale qu’on désire voir prendre à l’image.
136. — Une bonne pratique de fixage des photocopies se déduit aisément des remarques qui précèdent.
Lavage des épreuves avant le fixage^ pour éliminer la majeure partie de l’azotate d’argent libre qu’elles renferment.
2“ Si l’on a fait usage d’un virage non alcalin^ ce lavage doit être effectué en partie dans une solution neutralisante, additionnée de sel marin, pour transformer en chlorure la totalité de l’azotate d’argent pouvant rester dans le papier. Rappelons que ce bain peut être :
Eau distillée 1 000 cm3.
Bicarbonate de sodium 10 gr.
Chlorure de sodium 50 gr.
Le sulfite de sodium peut remplacer le bicarbonate
Ce bain neutralisant est donc d’une nécessité absolue avec le virage au platine, ou avec celui des métaux de ce groupe, puisque les virages doivent être nettement acides.
On peut cependant négliger ce bain à la condition ex presse d’employer alors un bain de fixage alcalin^ qui sera:
Eau 1 000 cm3.
Hyposulfite de sodium 150 gr.
Sulfite de sodium anhydre 50 gr.
Chlorure de sodium 50 gr.
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
3° Le lavage ainsi que le fixage doivent être exécutés à une très faible lumière.
4‘" Si Ton fait usage d’un bain de fixage simple, l’employer à l’état neuf et suffisamment concentré (12 à 13 p. 100).
5° Eviter de toucher les épreuves avec les doigts imprégnés de solution d’hyposulfite.
6° Agiter constamment les épreuves dans le bain de fixage, surtout au début de l'immersion.
V Laisser les épreuves dans le fixage un temps suffisant pour assurer ladissolution complète des sels d’argent. Avec une solution d’hyposulfite à 12 ou 13 p. 100, la durée du fixage est généralement de quatre à cinq minutes pour les papiers salés, de cinq à six minutes pour les papiers aristotypiques, de huit à dix minutes pour les papiers albuminés. Au demeurant, on reconnaît que le chlorure d’argent est entièrement dissous lorsque les épreuves ne sont plus par transparence, c’est-à-dire lorsqu’on n’aperçoit plus de grains dans la pâte du papier.
Un fixage trop prolongé altère la fraîcheur des teintes.
La température a une très grande influence sur le fixage. A basse température, l’hyposulfite double d’argent et de sodium, non éliminable par les lavages, se forme en plus grande abondance. On fera donc bien de toujours tenir la température du bain vers 15 ou 20“ G.
8“ Les épreuves fixées doivent être soumises à un lavage soigné de façon à être débarrassées rapidement et entièrement de toute trace d’hyposulfrte de sodium.
137. — Mais quelles sont les meilleures conditions de lavage pour atteindre à ce but?
Voilà une question du plus haut intérêt. MM. Lumière frères et Seyewetz en ont repris la solution, après MM. Haddon, Grundy et Gaëdicke.
Généralement, on croit bien opérer en éliminant Lhyposülfite de sodium par l’eau courante. Or, ces messieurs ont constaté que des épreuves sur papier couché (papier au citrate d’argent ou au gélatino-bromure d’argent) conservent toujours des traces d’hyposulfite malgré l’énorme quantité d’eau consommée. Une goutte delà dernière eau de lavage fait, en effet, immédiatement noircir un petit cristal d’azotate d’argent.
138. — Expérimentant sur le papier au citrate d’argent Lumière, MM. Lumière frères et Seyewetz ontrecherché si l'on ne pouvait soumettre les épreuves à un traitement plus rationnel, ne consommant pas un volume d’eau si disproportionné à la quantité d’iiyposullite à éliminer.
Une épreuve 13 Xl8 a été soumise à une série de lavages successifs. Dans les premiers essais on a employé 500 centimètres cubes d’eau pour chaque traitement. Ensuite, il n’a été utilisé que 100 centimètres cubes d’eau, quantité strictement nécessaire pour que l’épreuve soit baignée dans le liquide.
Dans les deux cas, les lavages ont été prolongés pendant cinq, dix, vingt, trente minutes. La quantité d’hyposulfite éliminée a été évaluée par titrage avec une solution d’iode dans l’iodure de potassium.
Ces titrages ont montré :
1° Que la quantité totale d’byposulfite de sodium éliminée après chaque opération est la même si l’on emploie 100 ou 500 centimètres cubes d’eau.
2° Que la quantité d’byposullite que l’on trouve dans chaque eau de lavage, est sensiblement la même après cinq, dix, quinze ou trente minutes de contact.
En prenant le cas d’une épreuve ayant séjourné chaque fois dix minutes dans 100 centimè tres cubes d’eau et en prélevant 80 centimètres cubes de liquide pour faire le titrage avec la liqueur d’iode en présence d’amidon, on peut établir le tableau de la page 99 donnant les résultats obtenus rapportés à une solution normale d’iode au 1/200L
Il est bien entendu a\\\ avant le virage les épreuves ont été suffisamment lavées pour éliminer l’azotate d’argent et l’acide citrique en excès.
Ce tableau prouve que la quantité d’hyposulfrte de sodium restant dans l’épreuve essorée au buvard est environ trente fois plus faible avant le deuxième lavage qu’avant le premier.
Cette quantité diminue notablement du deuxième an troisième lavage.
Elle devient très faible après le cinquième lavage et peut être très bien considérée comme pratiquement négligeable après le septième.
COMMENT ON VIRE, ON FIXE ET ON LAVE
désignation
NOMBRE DE CENTIMÈTRES CUBES DE LIQUEUR d’iode pour 100'™3 d’eau de lavage.
QUANTITÉ d’hYPOSULFITE CORRESPONDANT A l’iODE EMI'LOYÉ, RENFERMÉE DANS lOO^^S d’eau DE LAVAGE.