Ce mode opératoire le voici
Soit dix épreuves 13 x 18. Les immerger 'pendant cinq minutes dans une cuvette contenant un litre d’eau (100 centimètres cubes par épreuve). Agiter pour que les épreuves ne se collent pas entre elles. Les cinq minutes écoulées ramener au fond et dans un angle de la cuvette, toutes les épreuves, images tournées vers le fond et les empiler en tas. Rejeter l’eau. Presser fortement les épreuves avec la main en faisant écouler le liquide exprimé. Humecter les épreuves et les soumettre alors à une deuxième pression entre deux feuilles de papier buvard, en les plaçant les unes à coté des autres. Renouveler six fois cette opération complète, soit un total de sept immersions.
La pression des épreuves entre les feuilles de buvard peut évidemment se faire à la main, mais il sera certaine-
ment meilleur si l’on fait usage d’un battoir ou simplement du rouleau de caoutchouc.
141. — Gomme corollaire à l’étude ci-dessus MM. Lumière frères et Seyewetz ont cherché un oxydant susceptible d’éliminer promptement et sûrement l’hyposulfite de sodium. Ils ont trouvé que le meilleur de tous était le persulfate d’ammonium, neutralisé dans certaines conditions particulières. C’est ce sel, ainsi particulièrement traité, qu’ils ont livré au commerce sous le nom de thioxydant Lumière,
On l’emploie à la solution de 1 p. 100, Peu altérable, il se conserve ainsi. On fait usage de 100 centimètres cubes de solution de thioxydant pour une plaque 9 X 12 ou deux photocopies du même format.
Voici la manière d’opérer :
Après fixage, lavage des épreuves à l’eau courante pendant deux minutes, immersion, pendant minutes, dans la solution de thioxydant. Lavage final à l’eau courante pendant minutes. Voilà donc l’élimination totale de l’hyposulfite réduite à dix minutes environ.
Pour les épreuves sur papier, il est d’une très bonne pratique, aprè-3 le lavage final, d’opérer la pression du tas entre des feuilles'de buvard comme il a été dit, et de relaver une seconde fois pendant deux minutes.
Vous diminuez ainsi la durée des manipulations du lavage, pour l’élimination de l’hyposulfite, en opérant avec une certitude absolue.
Je ne parlerai pas des autres oxydants indiqués avant celui-ci. Ils avaient, avec les papiers, l’ennui d’exiger pour leur élimination un lavage plus long que celui réclamé pour l’élimination même de l’hyposulfite.
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE COMBINÉS
142. L’engouement pour les bains de virage et fixage combinés. — 143. Ancienneté de cette méthode. — 144. L’ancêtre du virage-fixage. — 145. Révision du jugement de condamnation. — 146. Bain au sulfocyanate d’ammonium. — 147. Particularités dues à l’emploi de ce sel. — 148. La formule Lumière. — 149. Confection d’un bain de virage-fixage. — 150. Formule type pour papiers au collodio-clilorure. — 151. Du meilleur mode d’emploi des bains de virage-fixage. — 152. Conservation des bains. — 153. Bain au sel de cuisine. — 154. Bain avec une faible proportion de sel d’or. — 155. Bain au chlorure d’aluminium. — 156. Bain à l’acide borique. — 157. Bain sans sel d’or. — 158. Bain neutre. — 1 59 . Bain au borax et à la craie. — 160. Bain extra simple. — 161. Lavage avant virage. — 162. Virage en tons bleus. — 163. Virage en tons carmin vif. — 164. Obtention régulière des tons pourpres. — 165. Action de la lumière dans l’emploi d’un sel de mercure. — 166. Des réactions qui s’opèrent dans les solutions viro-fixatrices. — 167. Action de l’hyposulfite de sodium sur l’alun. — 168. Action de l’hyposulfite sur l’acètate de plomb. — 169. Action de l’alun sur l’acétate de plomb. —
170. Action de l’alun et de l’acétate de plomb sur le chlorure d’or. —
171. Formation du bain virant. — 172. De l’altération des épreuves. — 173. Infirmation du jugement de condamnation.
142. — Les amateurs photographes, ne visant qu’à la photographie documentaire ou à la photographie anecdotique, prisent fort les bains de virage et de fixage combinés qui virent et fixent simultanément les photocopies. Cela vraisemblablement à cause de la théorie du moindre effort. Cette catégorie d’amateurs est légion. Il nous faut compter avec ce nombre et la paresse de ce nombre. Au surplus peut-être bien qu’ils n’ont pas tort. Les dernières expériences de MM. Lumière frères semblent, en effet, réduire à néant les dangers jusqu’à ce jour signalés avec l’emploi de tels bains. On avait toujours cru que rien n’était plus contraire aux principes les mieux établis que ces virages-fixateurs acides.
143. — Dès les premiers temps de la photographie, les expériences de MM. Davanne et Girard les avaient condamnés, Il ne faudrait pas croire, en effet, qu’il existât une
t06 LE TIRAGE DLS ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE. "
méthode nouvelie dans l’emploi de ces bains. Ce n’est que la résurrection d’un procédé ancien, opérée par i’introduc- , tien dans le commerce des papiers émulsionnés dits aristol (J piques.
144. — Vers la fin de la première moitié du xix® siècle, M. H. -P. Robinson, s’en servait déjà avec le papier albuminé. La formule de son bain combiné était la suivante :
Eau 1 000 cm3.
Hyposulfîte de sodium 267 gr.
Chlorure d’or Os^SS
Azotate d’argent 0sr,55
145. — En plaçant les photocopies obtenues avec des papiers aristotypiques et traitées par des bains viro-fixateurs dans un mélange d’air et d’ozone, M. Yalenla, de l’Institut photographique de Vienne, a constaté que :
V Celles virées dans un bain ne contenant qu’un acide et fixées par l’hyposulfite de sodium passaient au jaune en deux heures ;
2° Celles virées dans un bain combiné de sel de plomb et d’byposulfite ne passaient au jaune qu’après un séjour de quatre heures ;
3“ Celles virées dans une solution d’or, puis fixées ensuite à l’hyposulfite de sodium, ne perdaient, après six heures de séjour, que faiblement leur coloration primitive.
Ainsi, révisant, pour ainsi dire, le jugement prononcé jadis par MM. Davanne et Girard, l’éminent chimiste de l’Institut photographique de Vienne en arrive à des conclusions semblables tendant à la condamnation du bain unique de virage et fixage combinés. Nous verrons, à la fin de xe chapitre s’il y a lieu de conserver, ce jugement comme délinitif.
146. — Toutefois, sacrifiant à l’engouement actuel, M. Valenta s’est demandé si l’on ne pourrait trouver un bain viro-fixateur susceptible de ne pas /ro;? compromettre la stabilité des épreuves. Après différents essais il a retenu la formule suivante :
Eau .’ 1 000 cm3.
Hyposulfîte de sodium 80 gr.
Sulfocyanate d’ammonium 10 gr.
Alun de potassium pulvérisé 8 gr.
Azotate de plomb gr.
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE COMBINÉS
Après coiïiplèLe dissolution de l’hyposuilite de sodium dans l’eau, on ajoute le sulfocyanale, puis l’alun et enfin l’azotate de plomb, préalablement dissous dans une petite quantité d’eau. Il est bon de rappeler à ce sujet que 100 centimètres cubes d’eau froide peuvent dissoudre 50 grammes d'azotate de plomb.
Le bain ainsi constitué est chauffé à 50°C et forme une solution concentrée de réserve.
Pour l’emploi on prend :
Eau ... 100 cm3.
Solution de réserve 100 —
Solution de chlorure d’or brun à 1 p. 100 7 à 8 cni^
Les épreuves tirées sur papier au gélatino-chlorure doivent être lavées avant leur immersion dans ce bain. Celles tirées sur pajiier au collodio- chlorure peuvent être immergées dans le bain sans lavage préalable.
147. — Je me permettrai de faire remarquer que l’emploi d’un sulfocyanale n’est pas toujours à recommander ])our les papiers au gélatino-chlorure. Il communique trop fréquemment à l’image un double ton, s’il a l’avantage de rendre les ombres un peu moins lourdes. J’entends par double ton que les demi-teintes deviennent bleutées alors que les teintes foncées gardent une coloration poni-prée.
Aussi pour ces papiers me semble-t-il préférable de composer un bain combiné ne contenant pas de sulfocyanale.
148. — La formule du papier au citrate d’argent Lumière reste encore un des meilleurs types que nous ayons en ce genre. Aussi est-ce celle-là que je vais vous indiquer;
Eau 1 000 cm3.
Hyposullite de sodiüiu 300 gr.
Alun de potassium pulvérisé 15 —
Acétate de plomb 2 —
Chlorure d’or brun 1 —
Il n’est pas bon de mélanger tous les produits ensemble ni de les laisser se dissoudre à la bonne franquette. Dans toutes les préparations chimiques, de composition complexe, il faut éviter que les différentes réactions se produisent simultanément, dans la crainte qu’elles ne donnent lieu à d’autres réactions non prévues et peut-être préjudiciables.
C’est parce qu’on ne tient vraisemblablement pas assez compte de cette observation, dans la confection d’un bain de virage-fixage, par exemple, que l’on me demande à chaque instant pourquoi le bain fait, d’après telle et telle formule, ne marche pas.
149. — Voici, pour un amateur soigneux, comment il doit opérer, afin d’obtenir un litre de bon virage-fixage
1° Dans 800 centimètres cubes d’eau distillée bouillante et ayant bouilli pendant une dizaine de minutes il devra faire dissoudre la quantité d’hyposulfite de sodium indiquée pour un litre ;
2° Dans 200 centimètres cubes d’eau distillée bouillante et ayant bouilli, comme dans le cas précédent, il fera dissoudre la quantité d’alun indiquée pour un litre. Si la formule qu’il emploie n’est pas celle que jfindique et contient un 'acide, comme d’ailleurs la première formule Lumière qui contenait de l’acide citrique, il ajoute l’acide à cette solution,
11 faut employer l’alun de potassium purifié (j^entends par là ne contenant aucune trace de fer). Autrement, il pourrait se former dans le bain un hyposulfite de fer, réduc^ teur énergique de l’image photographique. N’aurait-on à sa disposition que de l’alun ordinaire? 11 serait bon au préalable de le purifier. Pour cela, on le fait dissoudre à 40°G dans un minimum d^eau et on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque. Cet alcali q>récipi te le fer. On filtre à chaud et l’on fait cristalliser. Les cristaux d’alun recueillis ainsi sont parfaitement purs.
3° Les deux solutions précédentes étant bouillantes, on ajoute, petit à petit, la solution d’alun, à la solution d’hyposulfite en agitant constamment celle-ci ;
4“ Le sel de plomb, dissous dans une petite quantilé d’eau, est versé dans le mélange avec les mêmes précautions que l’on a prises pour ajouter l’alun à Thyposulfile ;
5^" Ce mélange, mis dans un bocal à large tubulure, reste à déposer pendant cinq à huit jours. Le bocal ne doit pas être bouché ;
• 6° Les huit jours expirés, la partie claire du liquide est
décantée soigneusement, filtrée et chauffée à 32''C au moins, en vue de chasser Tacide sulfureux qu’il peut encore con-
VIRAGE A L’OR ET FIXAGE COMBINÉS
tenir. On laisse refroidir et l’on filtre de nouveau si l’on constate le moindre trouble dans le liquide ;
7° La^quantité de chlorure d’or brun indiquée pour un litre de virag’e-fixage ayant été dissoute préalablement dans une quantité d’eau distillée suffisante, est versée dans la solution saline.
Je retiens votre attention sur cette manipulation. Surtout ne faites pas l’inverse. De plus, l’adjonction de la solution d’or doit se faire goutte à goutte dans la solution saline constamment remuée. Autrement il y aurait précipitation partielle du métal précieux. C’est pour éviter cette précipitation qu’il faut réduire au minimum les surfaces de contact des deux liquides au moment du mélange et aussi la durée du mélange.
Si après ces diverses manipulations, la solution finale ne remplissait pas un litre, vous combleriez la dilTérènce en y ajoutant de l’eau distillée froide ayant bouilli.
Je ferai remarquer, en terminant, qu’une telle solution doit être conservée dans un flacon de verre inactinique attendu que les sels de plomb qu’elle contient sont altérables à la lumière.
150. — Pour les papiers au collodio-cblorure, les sulfocyanates n’ont pas le même inconvénient que pour les papiers au gélatino-chlorure. Bien au contraire, ils semblent faciliter l’action du virage et augmenter la beauté de l’image. La formule type pour les papiers au collodio-clilorure est la suivante :
Eau distillée chaude ayant bouilli 800 cm^.
Ilyposullîte de sodium 200 gr.
Sulfocyanate d’ammonium 25 gr.
Acétate de sodium fondu 15 gr.
Solution saturée d’alun de potassium 50 cm^.
Chlorure d’argent sec 2 gr.
Azotate de plomb pulvérisé 2 à 5gr.
Il est bon de réduire au plus grand état de division possible le chlorure d’argent sec. Sans cela sa dissolution serait extrêmement longue.
Ou laisse déposer quelques jours, puis on décante et on filtre. Une fois le liquide filtré on lui ajoute, goutte à goutte et en le remuant, la solution suivante :
no LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.
Chlorure d’or brun 1 gi*.
Chlorure d’ammonium 2 gr.
En principe, l’introduction d’un sel d’argent dans un bain de virage-fixage n’est pas excellente. Toutefois, elle semble nécessaire pour les papiers au collodio-cblorure. C’est pour cela qu’il est recommande de ne pas laver les épreuves avant leur immersion dans le bain. Le sel d’argent rend le virage plus rapide. Si le bain en était dénué il faudrait au moins une heure pour que le virage s’effectuât complètement.